dimanche 28 octobre 2012

Très bref..Perverti... Converti

Je suis en train de parcourir un livre sur Madeleine Delbreil.

Je suis tombée sur une phrase qui associe perversion et conversion. Je pense que lorsqu'on se rend compte qu'il y a quelque chose de perverti en soi, et de la perversion il y en a toujours car c'est si tentant de faire sa propre loi, d'être le maître de la loi, alors oui, on peut désirer se convertir et se rendre compte que cela dépasse nos possibilités et que seule la force de l'Esprit est capable de la faire. Tourner le dos n'est pas si simple...

mercredi 24 octobre 2012

Energies

Au coeur de ce monde, le souffle de l'Esprit met à l'oeuvre aujourd'hui des "énergies nouvelles".

Ces paroles d'un chant, me posent question. Naturellement quand on me parle d'énergies nouvelles, je vois des éoliennes, des panneaux solaires, des usines marées motrices, c'est à dire qui utilisent des énergies dont nous ne tenions pas compte jusqu'à maintenant. Et il est bien possible que l'Esprit Saint nous rende inventif et créatif.

Mais que mettre derrière ce mot, qui est employé un peu à toutes les sauces et qu'entend on par énergie divine?

On parle beaucoup de l'énergie, qu'elle soit divine ou pas. Il faut la ressentir, se mettre en phase avec elle, la laisser circuler en nous. On parle beaucoup de l'énergie qui vient de la terre, qui permet aux plantes de pousser aux pierres de pouvoir parfois guérir, de l'énergie qui nous entoure autour de nous , au dessus de nous. Ces énergies que nous ne pouvons pas (ou ne savons plus)  capter, parce que nous en sommes pas habitués à cela dans notre culture, certains le peuvent. Un moine bouddhiste qui se nourrit de l'énergie donnée par l'air, pas les plantes, cela existe. Mais est cela l'énergie "divine"? Je pense que cela permet peut être de l'approcher un peu, mais qu'elle ne se réduit pas à cela. On ne devrait pas la confondre avec ces énergies qui existent, que nous connaissons mal, que nous ne maîtrisons pas.

On finit presque par croire que cette énergie (dont on fait souvent connaissance par la méditation) va nous permettre d'échapper à la mort. J'ai souvent l'impression qu'il se fait une sorte d'idéalisation comme si l'énergie si elle passe en nous sans que rien ne vienne l'entraver, pourrait empêcher la maladie, voire même la mort. Ce serait alors une sorte de de maîtrise de l'esprit sur la matière (le corps) et je ne suis pas sure que ce soit le bon but. Pour ma part j'opterai d'avantage pour une unification de qui nous sommes ou appelés à devenir. Qui dit énergie pense souvent force, or je ne suis pas sûre que ce soit cela qui serait donné par l'énergie divine. Car si on pense au "baptême dans l'Esprit", il en s'agit pas d'obtenir la "force" de l'Esprit, mais d'être animé par l'Esprit de Jésus, qui lui est Esprit d'amour, ce qui est tout à fait autre chose.

Lors d'une journée de stage, l'animatrice disait entre autre que le corps s'enracine dans le sol (reçoit les énergies de la terre, cette énergie qui donne la vie aux plantes par exemple) et dans le ciel. Il est  comme un pont entre ces deux lieux et que c'est cela la fonction de l'humain. Le point d'ancrage qu'elle montrait, du moins pour la tête est la partie du crâne qui est en général tenue par la maman d'un bébé tant que celui ci est trop petit pour tenir sa tête. Ce n'est pas un lieu "neutre" c'est un lieu qui a permis d'acquérir la confiance dans l'autre. Certes on peut imaginer l'homme comme cela, mais quelque part cela n'est pas suffisant.

Quand je prends le temps de respirer, je perçois dans l'air autre chose de plus subtile, que je peux "goûter"qui d'une certaine manière me remplit et me donne de son énergie.  Quand je prends le temps d'écouter, il peut arriver que j'entende autre chose que ce que je percevais au début de mon écoute. Il y a certains chants qui font vibrer certains lieux du corps, qui les éveille. Là aussi il y a du subtile, comme il peut y en avoir dans ce je mange, dans ce que je touche, si je change mon rapport à l'extérieur et si je laisse l'extérieur entrer en moi, me pénétrer, si je prends le temps et si je vis dans le présent de ce qui je suis en train de faire.

Si je pense que Dieu "remplit l'univers", je peux penser que je respire du Dieu, à chaque inspiration. Il est vrai que parfois quand je suis un télésiège et que je regarde simplement le scintillement de la neige, je pense bien à cette présence et  je me remplis de cette énergie qui est là, qui m'est donnée, mais Dieu est bien Au delà de cela.

Mais plus ça va et plus je me dis que l'énergie divine, même si un des attribut du divin (dans notre manière de penser) est de donner la vie, de donner de la vie, ce n'est pas ça.

Comme je le disais, nous ne savons pas grand chose des énergies terrestres et des énergies célestes. Or de mon point de vue, elles sont loin d'être "bonnes". Quand la terre se met à trembler, quand un volcan se met à éructer, quand un ras de marée se déclenche, peut-on dire que cette énergie est bonne? Bien sûr elle ne l'est pas, du moins à notre échelle.  Et que l'on ne vienne pas me dire que cela c'est la conséquence du péché de l'homme car ces phénomènes ont existé bien avant son apparition.

Les énergies celestes, si on prend le vent ou la pluie, là encore, il y a du bon et du désastreux, et si l'on pense comme Paul qu'il existe des formes de vie (des Puissances invisibles), il y a des bonnes comme il y en a des mauvaises. Le combat entre la lumière et les ténèbres est certes un combat mythique, mythologique, mais il est bien réel.

Nous sommes dans un monde dans lequel le bon et le mauvais se cotoyent et luttent en permanence, même si nous ne en rendons pas compte. Si les églises refusent l'occultisme, c'est parce que personne ne sait ce qui va êtr libéré: bon ou mauvais esprit, qui peut le savoir.

Ce que je crois profondément c'est que Dieu n'est pas énergie (parce que l'énergie même si nous ne savons pas le faire actuellement, c'est du quantifiable) , mais qu'Il est Amour, parce que c'est cela que Jésus est venu nous révéler.

Que l'Amour déplace des montagnes oui, que l'Amour ne se le laisse pas écraser par le mal - même si parfois il semble bien que oui-  certes il peut faire cela, et peut être peut on parler d'énergie. Mais cette énergie est toujours relationnelle, elle est là pour créer du lien pas pour créer de la force.

Si beaucoup de personnes qiui ont vécu une NDE parlent de l'Amour qu'elles ont rencontré, de cet amour qui les a souvent complètement changées bouleversées, métamorphosées. Cet amour qui les inonde (les purifie) , est bien décrit comme une relation. Il y a quelqu'un. Il ne s'agit pas d'acquérir quelque chose, mais d'être.

J'ai envie de dire que l'énergie divine, c'est le pouvoir que Dieu possède, de nous permettre d'aimer comme Lui a aimé, c'est à dire de nous dépasser totalement alors que nous sommes si limités, et d'accepter d'être petit à petit transformés.

Mais l'Amour on ne peut pas le mettre en équation, j'espère que personne ne connaîtra jamais sa fréquence, et qu'il demeurera même quand cette terre aura disparu. Et c'est peut être cela l'éternité.


mercredi 17 octobre 2012

"Pécheur... fourmi"

Ce qui entre autre ressort de la la religion (je ne dis pas la foi) catholique, c'est que par définition l'homme n'étant pas capable de faire que du bon il est pécheur: on trouve déjà cela dans un psaume Psaume 50-51: " dès le sein de ma mère,je suis pécheur"

 Donc dire ou reconnaître qu'on est pécheur n'apporte rien, c'est un fait. Dans la liturgie on nous bassine quand même avec ce mot là. Hier le chant du Kyrie était:  "prends pitié de tout homme pécheur" (à moins que ce ne soit: "prends pitié de nous hommes pécheurs" car je n'ai jamais été capable de comprendre ce qu'il fallait chanter) m'a un peu exaspérée.

Oui nous sommes pécheurs, et alors.  Ce serait plus simple de dire, prends pitié de tous les hommes.. Et même pourquoi ce terme de "pitié". Si cela pouvait simplement vouloir dire: "regarde nous avec amour, parce que la vie n'est pas facile", cela me plairait bien plus.

Si comme le disait un de mes amis, ce mot "pécheur" sert juste à nous rappeler que nous venons de l'humus et que nous n'avons pas à oublier que l'humanisation est loin d'être facile et évidente et que pour y arriver nous avons besoin d'aide, alors oui, mais est cela qui est derrière ce mot?

 Que cela serve théoriquement à nous montrer la bonté d'un dieu qui ne détruit pas pas, mais qui va jusqu'à donner sa vie pour nous, d'accord. Que cela serve à montrer la distance entre l'humain et Dieu encore d'accord, mais l'homme est quand même "sauvé" (n'est ce pas le centre de la foi) et je me dis que ce serait bien parfois de rentrer dans le registre du vivant, du debout, du guéri sans toujours se centrer sur le moche.

Autrefois il ne fallait pas dire à un enfant qu'il était beau (et ou intelligent) parce que cela pouvait le rendre orgueilleux (je pense au plus profond de moi que c'est surtout pour ne pas attirer sur lui le "mauvais oeil") alors peut être que l'église fait pareil. Au lieu de dire à l'homme qu'elle se réjouit qu'il soit pécheur pardonné, donc déjà dans la vie éternelle,  non elle l'enfonce dans son péché et bien souvent dans la culpabilité.

suie
Ceci dit, il ne faut pas oublier que même si on ne fait pas de "gros" péchés, on est solidaire qu'on le veuille ou non de ce qui se passe, de ce qui se vit dans le monde et de ce côté là, c'est quand même très noir, très plein de suie (j'aime l'image de la suie pour le péché ou pour le mal) car elle obstrue tout et ne permet pas à la peau de respirer, elle étouffe insidieusement et personne n'en est à l'abri et souvent on ne s'en rend pas compte. Quand on vit dans la pollution, on ne se rend pas compte que c'est pollué. Il faut aller ailleurs pour voir que ciel a une autre couleur, que l'air a un autre goût.
Et là, oui je crois profondément que l'aide de l'Esprit Saint est indispensable et nécessaire pour nous purifier, nous laver et nous permettre de voir sans nous aveugler. C'est si facile de ne pas voir.


Curieusement, plus le temps passe et plus je me sens (représente) comme toute petite devant Dieu. Un tout petit bout, une toute petite chose. Peut être est ce lié à la vieillesse, car il me semble que je me tasse et que comme je fais moins de choses, je deviens "petite". D'ailleurs quand je pense à mes parents, je dis toujours "ma petite maman ou mon petit papa" comme si avec la mort, ils avaient rétréci. Il faut dire que quand ma grand mère paternelle est morte, j'ai rêvé d'elle comme si elle était une petite fille dans une sorte de berceau. Ma "petite Babou".

Alors un matin, pendant le temps de prière du coeur, j'ai eu envie de remplacer"aies pitié de moi pécheur" par "aies pitié de moi fourmi". Une fourmi c'est à la fois de l'individuel, mais c'est aussi du collectif.

Chaque fourmi a sa fonction, il y a les ouvrières avec des tâches diversifiées, les guerrières, la reine etc. Chacune fait ce qu'elle a faire, ce pourquoi elle est programmée. Se pose t elle des questions sur si elle fait bien ce qu'elle a faire ou si elle le fait mal?

 Je n'en sais rien. Simplement, elle est une fourmi et elle fait ce qu'elle a faire.. Peut être qu'une fourmi parfois ne fait pas bien ce qu'elle doit faire.. Que lui arrive t il? Je n'en sais rien.

Et puis les fourmis elles explorent. Bien entendu je déteste quand elles arrivent dans ma cuisine pour voir si elles peuvent trouver quelque chose, mais elles cherchent.

Alors j'essaye de faire ce pourquoi je suis faite, même si je ne le sais pas toujours très bien. Mais j'essaye de le faire bien et si je me plante, et bien c'est comme ça. Je ne m'en veux pas trop, je suis une petite fourmi.

Une fourmi c'est tout petit, mais si on l'agresse ou si elle croit être agressée, elle attaque. C'est automatique. Elle est comme ça.  Elle a ses réactions de fourmi parce qu'elle est une fourmi. Moi aussi je pense avoir des réactions presque automatiques..Donc pas toujours bonnes.

D'accord je ne sais pas si les fourmis ont un cerveau avec une intelligence qui leur permet de savoir qu'elles ne sont pas toute puissantes, invincibles, crées, moi par contre je le sais, mais qui suis-je devant Dieu?

Je connais mes limites, mes faiblesses, et c'est comme ça.

Savent elles qu'il y a un Dieu? Ont elles des mots à elles? Je n'en sais rien. Je sais que nos mots à nous sont bien faibles. Par exemple on parle beaucoup de l'énergie divine, mais plus ça va et plus je sais que Dieu ne peut être réduit à l'énergie que nous pouvons parfois percevoir. Il est bien au de-la de ça.

Moi, je me sens comme une toute petite fourmi devant Dieu. je ne sais pas toujours ce qui est bien, ce qui est mal, parce que je suis une petite fourmi. Et j'espère que cette petite fourmi Dieu la regardera pour ce qu'elle est, une toute petite chose et qu'il ne l'écrasera pas... Une fourmi qui est sur un brin d'herbe qui ne se courbe pas sous son poids, c'est beau.

Et puis même s'il l'écrase peu importe, cela permettra de voir enfin ce qu'il y a de l'autre côté. Et puis savoir qu'on peut être une fourmi aimée, ma foi cela change bien des choses et c'est peut être cela qui manque dans nos liturgies, chanter la joie d'être aimé pour ce que nous sommes (que ce soit ou non en devenir).

J'aurai pu choisir une coccinelle, mais fourmi et pécheur c'est le même nombre de syllabes et je ne connais rien sur les moeurs "sociales" des coccinelles.

Je sais que ce billet part un peu dans tous les sens, mais maintenant qu'il est écrit, il est écrit.

mardi 9 octobre 2012

Une drôle d'idée.

Depuis hier j'ai une drôle d'idée en tête: on nous a toujours dit que le péché est conséquence de la désobéissance et surtout que la mort est la conséquence du péché (par le faute d'un homme la mort est entrée dans le monde). C'est une belle phrase, mais de quel monde nous parle t on?

Car depuis hier, je me demande si le péché n'est pas la conséquence de la mort (la mort étant vécue comme la fin de soi, comme la perte de tout, comme l'impossibilité à posséder, à avoir). L'être humain qui a en lui beaucoup d'animal veut se survivre ou posséder à n'importe quel prix, sans se rendre compte que cela le déshumanise.

Si on regarde l'histoire de la terre (pas celle racontée dans la Bible, encore que l'on y trouve une notion de chaos préexistant à la création proprement dite) on voit bien que ce que l'on nomme les ères géologiques sont des ères de grand chambardement, avec beaucoup de mort, de destructions, de reconstructions et cela à l'infini.

un plissement alpin n'a pas pu se faire dans la douceur

 Que la vie ait pu apparaître, c'est peut être cela le miracle, (action de la lumière sur la soupe primitive), car là il y a quelque chose qui au travers des millénaires va perdurer, se modifier (à quel prix parfois), et conduire au vivant.

Quand Paul écrit dans la première épitre aux corinthiens (1 cor 15, 24) que le dernier ennemi vaincu sera la mort, finalement je le crois volontiers car la mort est bien là depuis toujours.

Ce que Jésus montre c'est bien comment sortir de cette mort qui voudrait nous posséder en nous faisant miroiter l'avoir et que de ce fait nous fait passer à côté de l'être. Et" être" c'est aimer comme Lui a aimé.

lundi 1 octobre 2012

"Images".

Les charismatiques que je connais, donnent souvent au cours de certaines assemblées  (groupes de prière, messes) des images qu'ils ont "reçues". Cela fait partie de charismes qu'ils ont reçu (ou pas) lors de leur baptême dans l'Esprit.

Souvent je me demande si ces images sont reçues dans le ici et maintenant, ou si elles ont été reçues à un moment donné et sont répercutées pour ce groupe là. Parfois, comme certaines phrases elles me paraissent un peu tendancieuses: faire comprendre quelque chose aux personnes qui sont réunies par exemple pour une retraite ou une session. De plus qu'on le veuille ou non, quand des personnes sont réunies ensemble, il y a des phénomènes de groupe qui se mettent en place et aussi des communications d'inconscient à inconscient.

Je veux dire qu'il est très possible que certaines images soit une mise en mot de ce que le groupe en tant qu'entité groupale (voir les travaux anciens maintenant de Didier Anzieu et collaborateurs) vit à ce moment là.

J'ai aussi l'impression que certaines personnes reçoivent un certain type d'images. A un moment il y avait dans le groupe quelqu'un qui avait souvent des images de fleurs, des images gaies que pour ma part j'aimais bien et qui d'une certaine manière allait bien avec cette personne.

Ceci dit, il m'est arrivé (rarement) dans les groupes de prières d'avoir des  images (mais en fait j'ai d'abord un mot qui arrive et qui se transforme en image)  qui allaient dans le même sens que des images données ou qui les complétaient.

Professionnellement, je fonctionne beaucoup par images. La visualisation m'a beaucoup aidée pendant mon cancer, mais là c'est une autre histoire.

Quand j'écoute quelqu'un, les images viennent seules. Par exemple quand quelqu'un me parlait de son impression que tout un aspect de son travail allait être mis en pièce, j'ai eu l'image de corbeaux qui s'abattaient sur une partie d'elle et qui arrachaient des morceaux. Cette image me montrait à quel point la souffrance était considérable, mais aussi me poussait à élaborer avec elle quelque chose qui ressemble à un filet pour se protéger, (tu m'as délivré de la main de l'oiseleur) ou une sorte de bouclier (peu importe) pour à la fois se protéger des attaques, mais surtout pour protéger la partie saine. parler des cette partie qu'il fallait aussi protéger a été je crois quelque chose de positif pour la personne que je recevais. Il ne s'agit pas de proposer moi des moyens de protection mais de dire que la personne a le droit de se protéger et que c'est à elle de trouver les moyens de le faire.

Quand je touche le corps une personne, il arrive aussi qu'une image me soit comme donnée et cette image qui me permet de dire ce que je ressens, ce que je perçois, elle est pour moi une aide donnée par l'Esprit Saint, parce que je me considère juste comme un canal. Je sais que je peux donner parfois un peu de paix, mais cette paix, elle n'est pas mienne. Il s'agit juste de la transmettre et quand une image vient, la mise en mot permet de sortir de subjectif, car il est important que cette image prenne sens ou fasse sens pour l'autre.

Pendant tout un temps, je demandais des images pendant que je priais ou essayais de prier. Et puis récemment, je me suis dit que ces images qui sont en fait des charismes, n'ont de sens que si elles sont données non pas pour le plaisir de la personne (moi Dieu, je t'aime bien alors je te donne des images pour que tu te sentes aimée) mais pour le groupe qui est là, pour que le groupe soit "édifié" aux deux sens du terme: qu'il se bâtisse  comme un groupe animé par l'Esprit Saint (Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain)  et que éventuellement la parole fasse sens (qu'elle soit édifiante) pour certaines personnes ou pour une personne, qu'elle lui permette de changer, de progresser.

Il y a quand même une image dont j'ai envie de parler. Je suis sur un chemin de montagne qui est barré par une pierre très haute. Pour l'escalader il y a une échelle de corde. Bon, je n'aime pas du tout. Je regarde s'il n'y a pas moyen de faire autre chose, et je commence à monter deux ou trois échelons. Puis la peur me prend, et je veux redescendre. Et là je me rends compte alors que d'une certaine manière l'échelle s'est déplacée, que le premier échelon est bien au dessus du sol  et comme (cela c'est la réalité, mes muscles sont  loin d'être puissants) si je redescends, je ne pourrais plus mettre les pieds sur les échelons. Et là je comprends alors que certes moi je monte les échelons mais que quelqu'un tire l'échelle vers le haut pour que je puisse arriver au somment de cette espèce de pierre qui barre la route. Et là, je dois dire que je me rends compte que je ne suis pas seule, que quelqu'un travaille avec moi et je ressens une gratitude importante. Je me dis que cette image là, elle peut apporter quelque chose à une communauté ou à d'autres personnes: quand on commence à gravir des marches et cela peut être difficile, essayer de ne pas oublier que quelqu'un est là et tire l'échelle.

Peu de temps après m'être dit que les images je ne voulais pas courir après, un matin, (je pratique la prière du coeur)  je me vois au bord d'un grand lac, c'est la nuit. Je sais que ce lac c'est celui de Tibériade et j'entends comme une voix qui me dit: "je te guéris de la blessure du lac".

La blessure du lac, elle a eu lieu il y a presque 50 ans pendant un pèlerinage avec le Centre Richelieu. J'étais chef d'un groupe de filles, nous campions sur les bords du lac. Je m'y étais baignée et avait failli me fait cogner par une barque de pêcheurs. Ce bain avait été un plaisir. Et puis pendant la nuit, réveil en sursaut: une des filles de mon groupe avait été mordue par un serpent. Panique, faire prévenir Jean Marie Lustiger, s'occuper de la fille  qui se "vide" lui faire avaler du café, la faire évacuer. En fait tout cela reste assez confus, mais elle est dirigée sur un hôpital et heureusement ce n'est pas un samedi.

Le lendemain, je m'active pour ne pas penser trop. Je relis le discours sur le pain de vie (ne sommes nous pas près de l'endroit où Jésus aurait dit ces mots)? Et je fais une impasse totale sur ma colère, sur ma peur, sur tout ce que je ressens et en particulier sur ce que je vis comme quelque chose de totalement injuste: pourquoi mon groupe,  pourquoi est ce  tombé sur elle et pas sur moi, (je sais c'est stupide, mais c'est comme ça) et je crois qu'une fissure se fait... Comment croire en un Dieu qui laisse faire cela... Il y a quelque chose d'insidieux qui se sape au niveau de la confiance.

Ce que je veux dire c'est que parfois la perte de la foi c'est quelque chose de très progressif. Il y a des événements qui font que  que l'on se pose des questions, mais que cela semble en rester là. On  a l'impression que c'est du passé, que c'est cicatrisé, mais c'est juste un vernis qui est posé sur la fissure. Et quand il y a beaucoup d'atteintes, ça finit pas craquer.

Oui, il y a eu pour moi une blessure ce soir là, une blessure qui pour être réparée avait besoin même 50 ans après d'entendre de la.   cela me permet de regarder cet évènement autrement, d'autant que la jeune fille dont je n'ai jamais eu de nouvelles, car elle n'habitait pas en France, mais un pays limitrophe francophone) s'en est sortie (mais je ne sais pas avec quelles séquelles).

Cette image que je n'ai pas cherché (parce que je ne demande plus ce signe) est comme un cadeau.

Ce qui est étonnant c'est que je travaille (si on peut employer ce mot) avec une jeune femme qui porte le même prénom que cette jeune fille qui a failli mourir et qui habite le même pays qu'elle  (pas la France) et qui comme elle a été mordue par une sorte de vipère blanche dès sa petite enfance (je parle de manière symbolique) et qui lutte pour se sortir du poison inoculée par ceux qui avaient charge d'elle.

Alors peut être que à mon insu, m'occuper de cette personne est une sorte de réparation  de cet accident dont de fait je n'étais pas responsable. Je sais fort bien que souvent en permettant à l'autre de se réparer, (je n'ose pas dire en le réparant, parce que cela n'est pas possible)  on répare aussi une partie de soi, qu'elle soit ou non une partie infantile.

Si la blessure est guérie, alors cela peut signifier une sortie de la "réparation" qui d'un point de vue psychanalytique est  toujours lié à la culpabilité et la possibilité de trouver un autre type d'accompagnement (j'allais dire de compagnonnage) avec cette personne.



samedi 29 septembre 2012

Cancer

Comme je l'ai écrit dans l'autre blog (journal de ma vie avec un petit nodule), je suis considérée comme guérie.

Pour moi, le cancer est une maladie multi factorielle, et le psychologique a pour moi une incidence considérable.

Quand on est psy, quand on a fait deux psychanalyses, une partie de soi, imagine que les traumatismes parce qu'on a l'habitude de mettre des mots dessus, de ne pas trop fonctionner dans le déni, ne se traduiront pas par une dégringolade telle que le  corps va se manifester. On se dit que anticiper un vécu dépressif possible (vive l'homéopathie) permettra en quelque sorte de protéger le corps.

Car si, comme moi, on a été formé par l'enseignement de Pierre Marty, on sait que en cas de trauma il y a toute une série de défenses possibles et c'est quand les défenses psychiques ne peuvent résister que le corps prend le relais. Du coup quand le corps est atteint pas le cancer, cela signe une sorte de défaite de la mentalisation et pose question. Pourquoi mon corps me fait cela? Qu'est ce qui a fait effraction au point de détruire les défenses mentales? Et quelque part, une certaine la toute puissance de la pensée en prend un coup, ce qui est peut être une très bonne chose.

Après tout Freud est bien mort d'un cancer de la gorge, ce qui pour un analyste n'est pas rien sur le plan symbolique.

Il faut donc reconnaître qu'un traumatisme est un traumatisme, c'est à dire qu'il a fait effraction, qu'il a été brutal et que par définition il n'a pas pu être métabolisé.

On dit qu'il faut 7 ans pour qu'une tumeur cancéreuse doit visible. Ensuite, elle peut grossir très vite puisque le mécanisme est enclenché.

J'avais toujours pensé que le gros incident de santé qu'avait vécu mon mari l'année qui a précédée le diagnostic de mon cancer avait eu un rôle non négligeable sur l'apparition de cette tumeur. Mais...

Mais, si on revient 7 ans en arrière, je dois reconnaître qu'il s'était passé beaucoup de choses à ce moment de ma vie.

J'ai pris ma retraite à cette époque là.  Comme nous avions aussi choisi de déménagerje pensais que le changement de vie (changement souhaité) ne ferait pas de vagues. N'empêche que le mois d'Août (j'ai pris ma retraite en octobre, histoire de grapiller un trimestre puisque je n'ai pas une retraite à taux plein) je l'ai consacré à écrire. L'écriture pour moi a toujours été thérapeutique. J'ai écrit pour ma petite fille et pour mes enfants, pour que plus tard ils puissent se représenter ce qu'avait été ma vie, et surtout mon enfance. Donc même si j'ai continué à travailler un peu (bénévolement si on peut dire puisque ma remplacante n'était pas arrivée), l'arrêt n'a peut être pas été aussi facile que cela à accepter. Je me souviens d'ailleurs avoir au fond de moi très mal réagi en cochant la case "retraitée" dans les feuilles de sécurité sociale. Cocher cette case c'était en quelque sorte perdre mon identité. Je sais très bien qu'on ne se définit pas uniquement par sa profession, mais là "retraitée" c'était une sorte de fourre tout que je n'ai pas aimé du tout.

C'est aussi le moment où j'ai décidé (parce que faire des choses ensemble me semble nécessaire) de reprendre une certaine pratique religieuse. Et je dois dire que cela a été très difficile. J'ai buté sur les gestes, sur les mots, rien ne me parlait. Je me sentais totalement en marge et pourtant incontestablement parce que je ne retrouvais rien de ce qui avait fait mon bonheur durant toute une partie de ma vie, et forte de ma formation psy, quelque chose se mettait en route au niveau d'une réélaboration. Mais tout enfantement est douloureux et je ne pensais pas que cela le serait autant.

Il y a eu d'autres évènements, mais je n'en parlerai pas ici.

Je continue à penser que les causes de l'apparition d'un cancer sont multifactorielles, que certes l'hérédité et l'âge ont un rôle, mais que le psychisme pèse pour beaucoup et peut parfois expliquer le lieu (symbolique) de l'atteinte.


jeudi 6 septembre 2012

Réflexions sur les chapitres 4 et 5 et peut-être suivants de luc.

Lecture continue (ou presque )de l'évangile de Luc en semaine.

Brèves petites notes..

1- L'homme possédé par un démon dans la synagogue de Capharnaüm. (Lc 4, 38-44).

 On nous a expliqué que les grecs croyaient à la présence de démons, pas de hommes, pas des dieux, avec des bons et des mauvais démons (autrefois on parlait me semble t il du démon de Maxwell en Physique), mais des êtres entre deux mondes qui n'auraient pas dû être là et que Jésus en quelque sorte remet à leur place avec autorité. J'ai trouvé cela intéressant.

Maintenant comment peut-on jeter un homme à terre et sortir de lui sans lui faire de mal? Cela me semble un peu incompatible sauf si l'homme possédé est un épileptique qui fait dans un premier temps une crise et qui dans un deuxième est guéri. Mais ceci est hypothétique.

Je me suis aussi posé des questions sur les différences entre cette confession de la divinité de Jésus (Tu es le Saint de Dieu) et celle de Pierre (tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant).

Dans le premier cas  on ne sait pas qui parle.. Quelle est cette parole prononcée par quelqu'un qui n'est pas maître de ce qu'il dit, alors que Pierre, parle en son nom( et en celui des autres disciples d'ailleurs). Il est dans ce qu'il affirme. La parole de Pierre l'engage lui, la parole de l'homme ne l'engage pas car elle n'est pas sienne. Et puis surtout on sent la peur dans le premier cas  (es tu venu pour nous perdre) alors que Pierre lui voit en Jésus le sauveur, celui qui a les paroles de la vie éternelle.

En rentrant chez moi hier, j'ai pu constater qu'un "méchant démon" était entré dans mon ordinateur... Ecran noir. Je hais ces démons là.


2- La pêche miraculeuse.



Naturellement je me demande toujours comment on peut se prosterner devant quelqu'un sur un bateau, sans le faire chavirer (je pense qu'il faut bien réfléchir avant d'agir). Mais bon cela c'est Pierre.

Je me suis demandé si le filet qui se rompt ce n'est pas une figure du filet Israël qui va être en quelque sorte mis au rancart pour que toutes les nations puissent être pêchées. Le "allez au large" est peut être bien au-delà des frontières du connu.

Le célébrant parlé de l'effroi qui saisit Pierre comme une bonne chose. Et effectivement on peut faire un rapprochement avec ce que vit Isaïe dans la vision inaugurale: "Ecarte de  toi moi Seigneur car je suis un homme aux lèvres impures". Peut être est il bon de se rappeler que en Christ il y a aussi cette majesté.

Peut -être à suivre.

samedi 18 août 2012

Le temps


Je viens de lire dans un blog que le "présent" est d'une certaine manière impossible à l'humain. Soit il fait des projets (j'aime bien écrire en deux mots: pro  jets) soit il repense à son passé, voir il le revit en permanence. Or beaucoup de thérapies insistent sur l'idée de vivre le présent, dans le présent. Du coup la question qui se pose est bien de savoir comme vivre le présent.

Curieusement la pensée de la mort a été très présente durant ces vacances. Parfois en marchant, je me disais que ma respiration peut s'arrête d'un coup et ma vie avec. Il est plus facile de se représenter une respiration qui ne repart pas qu'un coeur qui s'arrête parce que les battements du coeur, je suis incapable de les ralentir, même si certains en sont capables. Se dire que la respiration c'est finalement un petit miracle (même si c'est automatique) permet de dire merci pour chaque instant qui est ainsi donné.  

Mais il est vrai que chaque "présent" devient du passé. 

Alors il m'est venu l'idée, que d'une certaine manière quand on prend du temps, disons pour méditer ou pour prier, on peut comme être immobile dans le temps, et que celui ci vous enveloppe, vous entoure, et comme des vagues qui viennent mourir sur le rivage s'en vont. Il ne s'agit pas d'être le maitre du temps, mais de ne pas le laisser vous engloutir. Il coule sur vous, comme de l'eau. Mais pour rester immobile il est nécessaire de lâcher quelque chose, ne pas se cramponner à une sensation même si elle est positive. 

Il m'arrive souvent quand je pratique la prière du coeur de ressentir à l'inspiration une sorte de sensation de plaisir en percevant dans l'air un petit autre chose. Le frère Benoît dirait "le subtil" de l'air. Et il me semble que si je peux laisser cette sensation dériver, ne pas m'y attacher, alors là, il se crée en moi cette espèce d'immobilité par rapport au temps, le temps m'enserre, mais je ne suis pas enserrée. Je pense que cela peut être vrai pour beaucoup de sensations: chaleur, froid, faim etc. Ne pas trop s'y attacher, même si certaines sont satisfaisantes, car elles finissent pas masquer quelque chose. Elles risquent de de devenir un but, alors que le but ce n'est pas cela. Le but c'est une sorte de fusion (qui n'est pas confusion) aussi bien verticale  (avec Dieu) que horizontale (tous les autres)  qui permet l'unicité de soi. 

Voilà, assez de philo pour une journée de canicule.

Est ce que Dieu nous teste?

Je lis régulièrement la "pensée du jour" de Joyce Meyer qui est une prédicatrice évangélique. En général j'apprécie ce qu'elle dit, mais le billet du 16 Août  que je reproduis ici, m'a fait sauter au plafond.

Voici le texte:


"La vie est pleine de défis qui testent notre détermination et notre foi en Dieu. Que nous soyons confrontés à la menace imminente du mal ou aux soucis du quotidien, la qualité de notre caractère est testée de façon certaine et régulière. 
  
Ce serait une grande erreur que de négliger le fait que Dieu met notre cœur, nos émotions et notre esprit à l'épreuve. Comment une chose est-elle testée ? Elle est mise  sous pression pour que l’on puisse observer si elle va accomplir ce pour quoi elle a été conçue, dans différentes conditions. Va-t-elle tenir ? Va-t-elle accomplir les performances vantées par ses concepteurs ? Fait-elle le poids face à un vrai standard de qualité déjà éprouvé ? 
Dieu fait la même chose avec nous. 
  

Êtes-vous testé aujourd'hui ? La clef est de continuer à faire confiance à Dieu, même lorsque vous ne comprenez pas tout. Il n'y a rien de tel que de faire confiance à Dieu sans avoir de réponses à vos questions, et si vous persévérez, malgré vos doutes, il vous édifiera et vous rendra plus fort." 

Cette vision de Dieu est pour moi celle d'un dieu pervers, et ce d'autant plus que moi les tests ça me connait puisque c'est mon métier. Que l'on teste des objets pour voir comment ils se comportent et s'ils sont conformes au cahier des charges oui, mais l'être humain n'est pas un chose. Quand on tire trop sur lui, il est blessé  et il peut parfois en mourir. Et imaginer que Dieu prenne du plaisir à éprouver l'humain cela me dérange.

Une partie de mon métier a consisté à faire passer des tests psychologiques, essentiellement à des enfants. Pour moi il s'agit à un moment donné, dans une relation donnée, de voir ce qu'un enfant est capable de  donner  comme réponse à un certain nombre de problèmes (ce qui permet de calculer un niveau intellectuel en le comparant à celui des enfants de sa tranche d'âge). Mais il ne s'agit pas de le piéger, de vouloir lui faire faire des choses impossibles. Pour moi, l'important est de permettre à l'enfant de donner le meilleur de lui-même, même si ce n'est pas forcément ce qui se passe en classe où il n'est pas en relation duelle. L'important est de voir ce qu'il peut faire d'une information, combien de temps il peut la garder en lui et l'utiliser. Ce que je veux dire c'est que je respecte l'enfant qui est en face de moi,et que j'essaye de le mettre en confiance pour qu'il puisse peut être effectivement se dépasser par rapport à ce qu'il fait en général. Mais jamais tester se conjuge avec piéger. Un jour un enfant a dit à sa maman après la séance de tests: "maintenant je sais que je suis capable de raconter des histoires" et ce jour là j'ai eu la certitude de ne pas avoir perdu mon temps.

Une de mes amies m'avait déjà interpelée avec cette manière d'envisager les choses, en me disant que si elle vivait telle chose dans sa vie, c'est que Dieu voulait la tester. Et j'avais l'impression qu'elle se créait un Dieu sadique, pervers à souhait. Comme si Dieu passait son temps à voir si elle utilisait bien les cadeaux qu'elle avait reçu depuis qu'elle lui avait donné son coeur. Cela fait penser à un père qui donnerait non pas pour manifester son amour, mais uniquement pour voir si l'enfant est finalement à la hauteur de ses espérances. Que se passe-t- il si  l'enfant ne l'est pas, et si l'enfant le déçoit? Alors il lui reste à l'enfant (qui est un adulte) de se reconnaître pécheur, de demander pardon, de s'humilier. Et là on rentre dans un circuit sans fin d'un homme couché alors que la gloire de Dieu c'est l'homme debout.


Certes la prière enseignée par Jésus de termine par "ne nous soumets pas à la tentation" ou "ne nous expose pas à la tentation", mais de là en imaginer que Dieu nous teste, c'est à dire crée ou utilise ce que nous avons à vivre pour voir si nous sommes ou non capables de continuer à lui faire confiance  cela me dépasse.

 Pour moi, ce Dieu là, est un Dieu "pervers" et je n'en veux pas.

Il est possible que cette idée vienne du livre des Proverbes que je ne connais pas assez bien, ou d'une certaine interprétation du livre de Job. Mais l'idée de mettre Job dans une situation difficile, non pas pour voir comment il s'en sortira, mais juste pour voir s'il continuera à bénir le nom du très haut, vient du Satan...

Qui serait ce Dieu qui enverrait des épreuves juste pour voir si on est capable de s'en sortir? N'a t il pas promis par son Fils d'être tous les jours avec nous? 

Les épreuves elles sont là sans qu'on ait besoin de les chercher. L'important est de pouvoir compter sur la présence de l'Esprit Saint pour que ces épreuves nous permettent de devenir qui nous devons devenir. C'est parce que Jésus a accepté l'épreuve de la mort qu'Il est devenu le premier des vivants.

Maintenant peut être que ce texte est pour moi un test... Pourquoi est ce que je réagis comme  cela? Mais ce qui est certain c'est que ce dieu là (et je mets exprès une minuscule) je n'en veux pas ce qui ne m'empêche pas d'admirer l'auteur de ce texte qui a une foi à déplacer les montagnes. 

vendredi 3 août 2012

"Petites fleurs des montagne"

Je passe mes vacances aux Arcs, station de sport d'hiver qui est située à 1800m. C'est dire que dès que l'on monte un peu, les fleurs sont là. La neige est tombée tard cette année (jusqu'en Juin) alors la floraison est très différente de celle de l'an passé.

Ce sont des crépides. 
Je suis comme chaque année frappée par la multiplicité des couleurs, le jaune se décline en je ne sais combien de couleurs, pour aller du jaune pale  presque blanc au jaune orangé.

Ce jaune orangé, je l'aime tant que j'aimerai avoir des fleurs de cette couleur là quand je quitterai cette terre pour aller dans l'Ailleurs. Peut-être que cette couleur me rappelle un peu celle du soleil couchant sur le désert de Judée entre Jérricho et Jérusalem, couleur qui reste imprimée dans ma mémoire comme une des plus belles choses vues.




Je m'extasie devant ces fleurs qui jaillissent du creux du rocher, qui parfois sont en pleine caillasse et je dois dire que regarder cette richesse (même si tout cela sera recouvert par la neige) m'émeut profondément. Il y a ces minuscules petites étoiles blanches qui parsèment souvent des espaces presque désertiques.






Il y a ces gentianes que j'aime tant parce que ma mère aimait cette couleur. Il y a des fleurs que l'on peut associer à des personnes que l'on a beaucoup aimé. Une sorte de devoir de mémoire, mais de mémoire apaisée.

Cette année outre ces petites gentianes bleues souvent frileuses, qui ont du mal à s'ouvrir quand le soleil n'est pas généreux, il y a ces grosses gentianes de Koch que je n'avais pas vu en aussi grande quantité. Le bleu est très différent, il tire un peu sur le violet. La  encore des gentianes aux myosotis des alpes, on trouve toutes les nuances possibles, mais aussi  des fleurs qui rampent et couvrent le sol et d'autres qui pointent vers le ciel. Il y a quelques années j'avais été séduite par les gentianes jaunes et rouges, mais cette année, elles semblent en retard par rapport à "mon' calendrier.


 Au cours d'une promenade au dessus du lac de Tignes, mon mari en regardant des gentianes me dit" tiens voilà une edelweiss "et moi de rire et de lui faire un petit cours sur les gentianes et leur bleu incomparable. Mais en me levant peu après pour prendre en photo les fleurs qui nous entouraient, j'ai d'abord vu une edelweiss, puis beaucoup d'autres, juste sur un rocher  qui devait être le bon terrain pour ces fleurs si rares. Je n'en n'avais plus vu depuis des années. Inutile de vous dire ma joie quand j'ai pu prendre en photo ces petites étoiles duveteuses, avec leur petit coeur tout jaune.


Au fond de moi, quand je vois cette diversité, je ne peux m'empêcher de penser à l'intelligence qui a permis cette merveille. Que ce soit dans le silence d'un télésiège au dessus de la neige qui scintille au soleil ou devant ce  tapis de fleur, il m'est difficile de ne pas penser à "Dieu". Car d'une certaine manière la question du "qui" se pose, en tous les cas elle se pose pour moi. N'étant pas biologiste, je me demande comment tant d'espèces ont pu naître, s'adapter à ce type de milieu et se reproduire d'années en années sans que personne ne les ait plantées. Qui est ce "qui" quelle est cette intelligence, d'où vient cette abondance.

Mais si j'écris ce billet c'est pour parler d'une autre fleur, une fleur toute banale, toute bête, je veux parler du trèfle. Il ne s'agit même pas du trèfle alpin, mais du trèfle tout bête, celui qui des feuilles qui parfois peuvent porter bonheur.

Ce qui m'a surpris outre la diversité des couleurs, que ce soit du blanc au rose pale au rose vif, les différentes hauteur de tige car parfois on a l'impression que la fleur "se donne" en choisissant d'être soit au ras du sol (surtout pour le trèfle blanc et le trèfle doré) soit de pousser comme pour dire là je suis là, juste à ta hauteur, mais surtout par la forme de cette fleur.  Je sais bien qu'elle n'est pas la seule à avoir cette forme un peu en soleil, mais du fait qu'il n'y a pas de vraies pétales, c'est comme si cette fleur rayonnait dans toutes les directions, pour donner l'énergie qui est en elle.


Cette fleur ne se "tend" pas vers le soleil pour prendre l'énergie solaire. Non, avec sa tête ronde, elle donne largement ce qui est en elle, et cela part dans toutes les directions. J'ai eu l'impression que au dessus de ces champs de trèfles volaient de minuscules bulles pleines de bonnes choses, et qu'il suffisait de le visualiser pour les prendre en soi et se sentir régénéré.

Je sais que c'est un fantasme, mais c'est le mien et je perçois cela un peu comme un cadeau, car cette année voir ces fleurs me donne beaucoup de joie, c'est un peu comme si j'avais trouvé "ma" fleur.



mardi 17 juillet 2012

"La Messe comme un repas festif".

Ce dimanche, avec une hostie dans la bouche, je trouvais cette "nourriture" sans sel et sans goût bien désagréable, pas festive pour deux sous. Même si avec le célébrant capable d'utiliser l'épitre du jour pour en faire un "credo", j'ai vécu un beau moment, je trouve que globalement les assemblées du dimanche sont loin d'être festives.

Je me disais que normalement ce qui se célèbre avec l'assemblée présente c'est une alliance. Normalement une alliance (le prototype étant le mariage) cela se célèbre dans la joie. Peut-être que simplement dire Père à Dieu pourrait donner de la joie, mais on est tellement habitués aux mots...

Il me semble que le rituel de la messe est tout sauf joyeux. Heureusement qu'il y a des chants qui permettent de mettre un peu de joie, un peu de festif. Et du coup je me demandais si cela ne vient pas du fait que ce que nous célébrons c'est une sorte de repas de deuil (ces repas que l'on prend quand quelqu'un a été mis en terre, et qui permettent de se sentir vivant) et non pas un repas de fête.

D'une certaine manière, à trop insister sur le deuil, sur le péché, on finit par oublier la joie de la résurrection et surtout la présence du don de l'esprit qui est bien le fruit des épousailles (alliance) entre Dieu et l'homme.

Finalement la joie d'être invité au repas est aussitôt gommée par "je ne suis pas digne de te recevoir"... A t on le droit d'être dans la joie? Je me le demande parfois.

Peut être que nos frères protestants qui sont moins coincés dans le rituel peuvent ils nous apprendre à célébrer avec plus de joie, à faire de ce repas, un repas de frères qui se réjouissent d'être ensemble et de participer à quelque chose qui est bon pour eux.

dimanche 15 juillet 2012

J'ai aimé!

Trouvé sur le blog de Garrigues et Sentiers: http://www.garriguesetsentiers.org/article-devoir-de-vacances-3-mon-oecumenisme-a-moi-108152563.html 


"Par le « faites ceci en mémoire de moi » le pain et le vin sont destinés à devenir symboles d’une mémoire vivante. Ce ne sont pas ces éléments « pain/vin » qui sont vivants mais la mémoire de Jésus qu’ils signifient et projettent en nous.
Ce n’est pas cette nourriture matérielle qui va demeurer en nous mais c’est cette présence d’une mémoire vivante. Ces éléments pain/vin sont justement choisis pour pouvoir être dépassés. Ils deviennent ainsi mémoire et partage.
Nous retrouvons ce « dépassement » du pain nourriture matérielle en « pain de vie » nourriture spirituelle dans l’Évangile de Jean, le seul Évangile qui ne rapporte pas le déroulement de la Cène."

Enfin une interprétation qui permet d'éliminer toute trace de cannibalisme.

dimanche 8 juillet 2012

Et si une prière ça se crie?

Dans le livre des psaumes on lit bien souvent que l'auteur lance son cri, que la prière est un cri.

Aujourd'hui au prieuré, pendant le "notre père" quelqu'un (c'est comme cela que moi je l'ai entendu" ne disait pas la prière donnée par Jésus, mais la criait et cela m'a semblé être au fond la bonne manière de s'adresser à Dieu.

Moi qui n'ai pas de voix, je trouve cela curieux, mais une prière, peut être ne faut il pas la murmurer si on veut qu'elle soit entendue, mais la crier avec tout son corps.

jeudi 5 juillet 2012

"culpabilité quand tu nous tiens";

Il y a un groupe de retraitants et dans la gestion de leur retraite, ils en sont à se remettre à la miséricorde pour le pardon de leur péché. La manière dont le célébrant expliquait cela, m'a un peu (et quand je dis un peu, c'est un litotte)exaspérée, parce que je trouve que culpabiliser n'est pas une bonne chose. Ceci dit, il est évident que la culpabilité peut être un très bon moteur quand il pousse l'enfant dans un désir de réparation à progresser et à inventer  du symbolique pour "réparer la mère qu'il a cru avoir détruite), mais ce n'est de cette culpabilité là dont je veux parler ici, mais ce celle qui est liée à la faute commise, au péché (au manque d'amour).

Du coup, j'ai eu la représentation d'un montgolfière, une très belle montgolfière; elle est au sol, elle est retenue par des cordes et des piquets. Il y a quelqu'un qui allume les gaz pour qu'elle s'envole, mais elle ne peut pas. Et je me dis que si Jésus est venu pour quelque chose c'est bien pour nous délivrer de la culpabilité. Si au lieu de l'empêcher de partir (et il faut de la force pour cela), on la laisse s'envoler, alors l'énergie qui était prise pour retenir la montgolfière au sol peut servir à autre chose.



j'avais envie de leur dire à toutes ces saintes personnes l'histoire suivante: il y a une montgolfière qui voudrait monter dans le ciel, mais elle retenue par des liens. La montgolfière c'est le poids de ta culpabilité. Tu t'obliges à la maintenir au sol, et pur cela il te faut de la force; Cette force, elle pourrait te servir à autre chose. Laisse là s'envoler, tu es aimé, tu es pardonné, alors  Jésus te dit; la force que tu utilises pour maintenir cette montgolfière qui représente ta culpabilité, arrête. lâche là. Moi, je t'ai guéri de ta culpabilité, pour que  tu puisses te lever, marcher, faire autre chose. Lève toi et marche, envole toi si tu veux, mais cette culpabilité laisse là, j'ai donné ma vie pour te guérir.

Bien sûr cette jolie histoire,je me la suis gardée.

L'évangile du jour était la guérison du paralytique dans Matthieu (celui là ne passe pas par le toit).

Mais je me suis dit (dans le prolongement de cette image) que quand Jésus dit: "aies confiance, tes péchés sont pardonnés", vraisemblablement l'homme est aussi guéri de sa paralysie, mais il ne le sait pas, il ne le ressent pas dans son corps. Il a besoin d'une parole pour le mettre debout.

 Il n'a pas compris que le poids de la culpabilité peut vous paralyser, vous entraver.

Il faut donc que Jésus lui dise de se lever pour qu'il aille jusqu'au bout de sa libération. Comme quoi, une parole c'est important.

C'était ma réflexion du jour...

mardi 3 juillet 2012

"quand une image fait écho".

Lors d'une célébration, maintenant que mes yeux fonctionnent nettement mieux, j'étais assez fascinée par la flamme d'une des bougies qui est sur l'autel; la flamme était petite, je me demandais même si la bougie était vraiment allumée et au bout d'un petit bout de temps, la flamme est devenue bien droite, belle.

Jadis quand j'étais en internat, lors de la prière du soir, je regardais souvent les flammes des cierges (il y en avait 6) et parfois en fonction de la hauteur de la flamme, j'imaginais que la journée du lendemain serait (ou ne serait pas) bonne. Un peu comme si la flamme pouvait dire quelque chose, mais à ma décharge il faut dire que j'avais 12-13 ans et je me sentais bien seule et que la flamme était un peu comme un signe d'amour.

A la fin de la célébration une personne a dit: c'est l'image d'une bougie (alors là j'ai dressé l'oreille) qui a une belle flamme (c'est ce que j'avais vu). Et voilà que la flamme se met à vaciller, mais ce n'est pas le vent. C'est juste que la mèche est trop longue et qu'il faut couper un petit morceau. Cela m'a bien plu, car ce qu'on coupe pour que la flamme reparte c'est de fait un morceau qui a brûlé, un morceau qui ne sert plus.

Bref j'ai aimé.


vendredi 22 juin 2012

Les vagues se jetaient dans la barque Mc 4, 37.

Je relis en ce moment l'évangile de Marc. Au chapitre 4, il y a les malades qui se jettent sur Jésus pour le toucher, il y a les esprits mauvais qui se jettent à ses genoux et enfin il y a les vagues qui se jettent dans la barque pour la remplir (et donc pour la faire couler avec le "dormeur" qu'elle transporte).

Je pense que c'est ce verset là qui a fait remonter un souvenir, qui pour moi n'est pas un rêve mais une réalité. Peut être que Freud appellerait cela un souvenir écran, mais je n'ai pas envie de le traiter comme cela. L'expérience que j'ai vécue, c'est bien celle des vagues qui se jetaient sur moi, pour me faire mourir en me faisant perdre le souffle.

J'avais dans les 7 ans, c'était en hiver. J'habitais dans le midi et avec ma mère et nous avions l'habitude de faire des promenades. Nous étions arrivées au bord d'une plage, mais nous étions sur sur la route qui la dominait, pas sur la plage elle-même. La mer était forte. Je suppose que ma mère avait dû rencontrer quelqu'un car je me suis trouvée seule au bord de l'eau. Il y avait des digues en cailloux  qui s'enfonçaient dans l'eau sur une dizaine ou une quinzaine de mètres.

J'emploie le mot de digue faute de mieux. Il ne s'agit pas de protéger la terre de la mer, mais d'une sorte de construction qui part de la plage en s'appuyant certainement sur des rochers existants, un remblai pourrait on dire, et qui s'enfonce dans la mer, comme pour faire une série de criques les unes à côté des autres. Je n'ai trouvé que cette image pour faire comprendre ce dont je veux parler, mais c'est bien le mot de remblai qui s'impose pour moi car il s'agissait de quelque chose qui était là pour un temps, le temps de l'hiver certainement, et qui vraisemblablement allait être démantelé par la mer au fil du temps.

Je me suis avancée sur cet espèce de chemin de cailloux certainement pour mieux voir la mer, mieux voir les "moutons" car c'est ainsi que l'on appelait l'écume des vagues quand la mer était forte.



Et d'un seul coup, le bout de la digue s'est effondré sous moi.

Je me vois tombée sur les genoux, les cailloux sous moi, la tête au niveau de l'eau, et les vagues qui déferlent sur moi. Mes cheveux (j'avais des nattes à l'époque) se défont, et les vagues passent sur ma tête pour me faire basculer au fond de l'eau. Chaque fois que j'arrive à la relever pour respirer, une nouvelle vague arrive et me replonge sous l'eau. Le poids des cheveux mouillé est tel que je ne peux rien faire. Je sais que je fais des efforts mais que je suis incapable de crier, incapable de penser. Je veux dire par là que je j'imagine pas que je puisse mourir, simplement j'essaye de sortir la tête de l'eau, encore et encore. Et à chaque fois c'est de plus en plus difficile.

A ce moment là, il y a quelqu'un, je pense que c'est un "monsieur" comme on disait à l'époque, qui me prend sous le ventre, un peu comme on prendrait un petit chat, qui ne dit pas un mot et qui me ramène sur la plage. Il n'y a pas de mots, simplement je suis en sécurité. Mes vêtements sont secs, mes cheveux aussi. Ma mère qui arrive à ce moment là ne remarque rien et moi, je me garde bien de dire quoique ce soit, parce que je crois qu'elle m'aurait en premier demandé qui était ce monsieur et que bien entendu je n'en n'avais pas la moindre idée mais que je savais qu'il ne faut pas "faire confiance" à quelqu'un qu'on ne connaît pas (même si dans le cas présent il venait de me sauver la vie, mais comme mes vêtements étaient secs, elle ne m'aurait pas cru).

Et peu importe si c'est vrai ou pas, mais ce que j'ai vécu ce jour d'hiver, je l'ai vécu. Je ne sais pas qui était ce monsieur qui m'a littéralement arrachée aux flots qui se jetaient sur moi, mais il m'a sauvée. En fait peu importe qui il était, ce que je sais c'est que j'ai fait l'expérience d'une force qui m'arrachait à une autre force et qui de plus ne me demandait rien (pas besoin de dire merci) parce qu'il n'était plus là. Il a apparu au bon moment et disparu.

Pourquoi avoir refoulé cet événement? Pourquoi a t il ressurgi avec ce verbe "se jeter sur"mot qui est peut être propre à la bible de Jérusalem? Peut être parce que maintenant ce monsieur sans visage, dont je sentais la force et la détermination peut être nommé et remercié.

Mais comme le dit un chroniqueur de France info, vous n'êtes pas obligés ce me croire...

mercredi 20 juin 2012

"puiser en soi"

Le célébrant aujourd'hui en parlant de Elie qui a été enlevé sur (dans ) un char de feu, disait que  le feu cela représente Dieu, et que les hommes comme Elie avaient en eux cette force de Dieu, force dans laquelle "ils puisaient". Que c'était cette force qui faisait d'eux des prophètes.

Alors, comme parfois j'ai décollé...  Cela a fait accroche en moi, car puiser en soi, parfois cela conduit à la sécheresse: puiser dans ses capacités, dans ses forces, mais là, ce "puiser en soi" évoquait pour moi une une grande nappe d'eau, nappe qui est autre chose qu'une source. Certes la nappe est alimentée par une source et cette source elle est Dieu en eux (Dieu en nous) et elle devient cette magnifique étendue où l'on peut y puiser sans risques.  On ne peut épuiser la mer ou un lac.

Peut être que parfois on peut s'épuiser (ou se sentir épuisé de puiser) alors on croit que c'est sec, mais cela c'est nous. La nappe d'eau, elle est là, même si nous ne la sentons plus.

Une des premières patientes que j'ai aidée par le biais d'un forum chrétien se plaignait de la sécheresse, de l'épuisement. Et je me souviens lui avoir parlé du puits de la samaritaine et de lui avoir suggéré si le puits lui semblait sec, d'aller creuser ailleurs, car la nappe d'eau est toujours là, puisqu'elle est don et que nous n'en sommes pas à l'origine.

Alors une autre image est venue, c'est celle du geyser, qui contre vent et marées jaillit sans se lasser, qui sort de ce lac qui est tranquille, de ce lac qu'on ne peut épuiser en le vidant, et qui par moment se rassemble en ce jet qui s'élève, retombe et alimente "fidèlement", d'une manière presque immuable, sans s'épuiser.


dimanche 17 juin 2012

"Guérison".

Je sais bien que les mots sont traîtres, qu'on peut leur faire dire beaucoup de choses, mais j'en viens à me demander si le mot "guérison " qui commence à me chauffer les oreilles, n'en fait pas partie.

C'est un mot très utilisé dans le renouveau charismatique. Parfois avec mon mauvais esprit, je me dis que c'est un beau filon de revenu, car des souffrances nous en avons tous, alors ne plus souffrir (mais est cela être guéri) qui ne le désire pas? Donc proposer des anamnèses ou des retraites, c'est quand même une bonne source .

Il me semble aussi que en grec le mot guérir et le mot sauver est le même. Est ce que la guérison donne le salut ou est ce que la salut donne la guérison? Vaste question à laquelle je ne répondrai pas, du moins pour le moment. De quoi devons nous être guéris? De nos blessures ou de nos aveuglements actuels? Si les blessures sont cicatrisées, faut il les rouvrir? Oui s'il y a du pus dessous, non si c'est sain. Enfin cela c'est ma manière de penser aujourd'hui. Par contre les aveuglements, cela c'est autre chose.

Oui, il y a des prières de guérison, oui il y a des prières de délivrance et cela a du bon car il y a des liens pathogènes qui doivent être déliés, et qui une fois déliés permettent à la personne délivrée de regarder le monde autrement, avec un regard neuf. C'est ce regard différent qui est pour moi important, là j'y reviendrai.

Oui il y a des personnes qui ont un charisme de guérison. Mais Jésus n'est pas venu que pour guérir. De fait j'en ai un peu assez d'entendre sans arrêt parler des blessures, et des conséquences de ces blessures (parce que j'ai été blessé, mon comportement est devenu déviant et je dois demander pardon aux personnes que j'ai pu moi blesser sans faire exprès, sans même le savoir). Il est certain que le fait d'avoir passé des années sur un divan de psy me rend un peu rétive à tout ce qui est (même si ce n'est pas explicite) de l'ordre de la culpabilisation. Si pour ma part je crois à la force du pardon donné , je ne pense pas que ce soit toujours possible, et il n'est pas question de culpabiliser quand c'est impensable compte tenu de l'atteinte.

Il me semble aussi que parfois il faut peut être accepter de vivre dans le présent, de ne pas laisser le passé contaminer le présent et le futur, et sortir de la victimisation. Et cela c'est peut être une guérison dont on parle moins.

Quand Jésus ouvre le coeur des disciples d'Emmaüs à l'intelligence des écritures, s'agit il d'une guérison ou d'autre chose? Quand (c'est ce que j'ai entendu dans l'évangile de ce jour qui rapporte la "fugue" de Jésus Luc 2, 41-51), les parents de Jésus ne comprennent pas ce que leur fils leur répond, ni même pourquoi il a agi ainsi, faut-il les considérer comme des malades qui ont besoin d'être guéris? J'opterai plutôt pour l'idée qu'ils ont besoin d'un élargissement de leur compréhension, de leur vision, d'un éveil. Ce mot sera peut être mal perçu de par sa connotation un peu bouddhique , mais ce dont ils (que ce soit les parents ou les disciples) ont besoin c'est d'être comme éveillés à une autre réalité qui est la réalité que vit leur fils et qu'ils ne peuvent saisir.

Pour en revenir aux disciples d'Emmaüs, on peut parler de cécité, de cécité due au fait que leur  comportement (pas assez saint) ne leur permettait pas de discerner et de comprendre que ce Jésus avait vécu faisait de Lui le Messie attendu. Mais n'est ce pas un peu simpliste comme explication? Ne s'agit il pas d'autre chose? Ne peut on pas dire que d'un coup, leur conscience est comme sortie des limites dans lesquelles elle était enfermée pour tenir compte d'autres dimensions qui lui échappait jusque là. Je crois que l'ouverture des yeux est quelque chose de fondamental pour l'humain. Elle peut être progressive comme subite.

J'aimerais dire (peut être est-ce ce que je pense aujourd'hui) qu'il y a des transformations (miracles?) qui se font à certains moments, qui ne sont pas des guérisons (retrouver un état antérieur sans séquelles), mais des changements qui permettent une véritable résurrection intérieure (être debout, être vivant, même si on est grabataire dans la réalité). Il s'agit de faire vivre en nous une présence, une lumière que nous ne percevions pas et qui d'un coup illumine tout autrement. Quand Jésus dit à l'aveugle né qu'Il est la lumière du monde, c'est peut être de cela dont il s'agit, un autre éclairage, un dépassement du visible pour suivre Jésus dans son monde à Lui; Lui qui dit être la porte. Certes à nos yeux, parce que l'aveugle né retrouve la vison, il est guéri, mais la vision il ne l'avait pas, il n'était pas né avec, il n'y a pas guérison, mais transformation. c'est peut être pour cela qu'il peut tenir tête aux pharisiens qui le traitent de possédé. En même temps que sa vision, sa conscience s'est élargie.

Bien sûr Jésus a guéri des malades: des lèpres ont disparu, le flux de sang s'est arrêté, la main atrophiée a retrouvé sa vigueur, la fièvre est tombée, la vie a même été redonnée pour un temps, mais était ce cela l'important? Est ce que ces guérisons (qui permettaient souvent de sortir de l'exclusion) ne permettait pas justement que cela éveille quelque chose dans la perception des personnes guéries mais aussi de ceux et celles qui voyaient ce qui se passait, ce que cet homme accomplissait?

Se rendre compte (je reprends ici un témoignage entendu il y a peu et qui a peut-être mis le feu aux poudres chez moi) que tous les arabes qui tiennent le commerce dans un pays africain, ne sont pas tous des ennemis et pouvoir se dire qu'on a eu un jugement un peu hâtif (parce que les circonstances habituelles voulaient que l'on raisonne comme cela) est un changement de regard. Est ce une guérison? Je n'en suis pas sûre. Faut il se reconnaître pécheur parce que jusque là on a vécu comme cela? Là encore je n'en suis pas sûre. Dire Jésus a visité le coeur de ces personnes, oui, on peut le dire, mais s'agit il d'une guérison? J'aimerais un autre mot et je dois dire que celui de conversion m'irait (faute de mieux) beaucoup mieux, car la conversion c'est un mouvement, c'est un changement.

Peut être aussi que ces changements là, ces "insights" comme on disait quand je faisais mes études de psycho, peuvent être donnés à chacun; ils permettent une restructuration de la personnalité, et non pas une normalité ou une normalisation, mais une naissance, un éveil.

Et ces insights, pour moi, poussent au remerciement parce que quelque chose a changé en soi. Ils ne sont pas guérison, ils sont manifestation du possible. Que ce changement nous dise la présence et la sollicitude de Dieu, oui. mais l'action de grâce est autre chose que se battre la coulpe.

Je crois profondément que cela c'est le travail de l'Esprit Saint, de nous éveiller à comprendre la longueur la largeur la hauteur et la profondeur de l'amour de Dieu, phrase que je viens enfin de comprendre et qui montre (en rajoutant la profondeur) que la présence de Dieu est partout, pas seulement à droite et à gauche, mais aussi en haut et en bas, à moi de savoir ce que je mets dans ce haut et ce bas.

Peut être que justement cet insight qui vient de m'être donné sur la profondeur, montre que Dieu est là où ne l'attend pas. Dans le haut (le ciel) cela ne pose pas de problèmes, mais qu'Il soit aussi là où on plonge parfois ta tête la première, dans cette souffrance, dans ce noir, alors oui, cela change la conception que je peux avoir de Lui, Il est là aussi bien dans la lumière que dans le noir, il est là dans ces lieux où je risque de basculer la tête la première (essayer de vous représenter comme cela m'est arrivé récemment en train de tomber volontairement la tête la première dans une sorte d'abime, vous verrez que ce n'est pas simple, parce qu'en général on se voit en train de s'envoler, pas de tomber).

Est une guérison? Pour moi non, c'est une prise de conscience, un autre regard sur le Divin, prise de conscience qui cependant me modifie, me permet d'élaguer des représentations erronées, et qui me pousse à la louange.

samedi 16 juin 2012

"Inversion: repentance conversion ou conversion repentance."

Beaucoup de chrétiens (surtout les frères évangéliques) disent qu'il faut dans un premier temps se reconnaître pêcheur et donc faire un acte de repentance, puis de reconnaître Jésus comme son sauveur et de le laisser entrer dans nos vie.

J'ai beaucoup de mal avec cette conception, parce que je la sens liée à la peur, peur de ce qui se passera dans l'Au delà. Si ce qui sous tend cette conception est : tu as fait du mal sur cette terre, donc si personne ne vient de sauver, tu seras condamné (à quoi, cela reste une énigme), à être dans le malheur pour toute l'éternité. La suite logique serait alors: reconnais ton péché (que tu es nul) et celui qui a donné sa vie pour toi, entrera en toi et te sauvera de ce futur en te réconciliant avec Dieu.

Moi, je me sens beaucoup plus à l'aise avec l'idée première de laisser entrer Jésus dans ma vie, de Le reconnaître comme non pas un paravent entre Dieu et moi (qui ferait que son sacrifice me sauverait de la Colère de son Papa), mais comme Celui qui ouvre en moi une autre dimension, qui permet un changement progressif de tout ce que je suis, (ce qui nécessite quand même un travail  tant de moi que de Lui).

Lui reconnaître cette place, Lui donner cette place, c'est cela pour moi la conversion. C'est certainement lâcher d'autres dieux (qui sont en moi), pour le choisir Lui. Le reste, (repentance) vient (peut être) après.

Il me semble d'ailleurs que le jour de la Pentecôte, quand Pierre demande aux juifs qui ont été étonnés d'entendre les louanges de Dieu dans leur langue maternelle, c'est bien de reconnaître que Jésus l'homme mis en croix, est le Fils de Dieu, qu'Il est éternellement vivant et que la conversion c'est cela. Croire que le Messie est venu, qu'il n'y a plus d'attente, mais qu'il faut désormais vivre "en aimant comme Il a aimé" c'est un changement radical, une conversion.

Qu'un autre changement parce que le regard sur soi-même change (rôle de l'Esprit Saint), pousse à changer de comportement et à regretter sans culpabilité un comportement antérieur, pousse à la repentance, oui.

Mais pour moi si la repentance est motivée par la crainte et non pas l'amour, c'est certes mieux que rien, mais ce n'est surement pas comme cela que je vois les choses. C'est la rencontre avec un Amour qui fait changer.

dimanche 10 juin 2012

Mes demêlés avec...le diable

C'est un peu fou, désolée (enfin pas tant que cela).

On peut trouver sur le site de Port saint Nicolas les démêles de Françoise Reynes  avec l'évangile. Pour une fois je vais parler de mes démêlés avec "le diable".

Parce que le diable ou le Malin (je préfère cette appellation) je connais ou reconnais sa présence, mais dans ma vie quotidienne, je suis centrée sur l'Esprit Saint (tous les jours je lui demande d'être là), alors l'autre (je mets exprès un petit a) je ne m'en soucie guère, d'autant que professionnellement j'essaye bien souvent de lutter contre ses actions perverses de "faire croire" ce qui n'est pas. Mais parfois j'ai l'impression que certains événements que je pourrais attribuer à une volonté bonne (m'aider à progresser) je les ressens comme une manifestation d'une volonté de destruction, un désir de casser, d'abîmer, de détériorer, mais cela c'est mon ressenti.

Une de mes amies, me racontait que sa mère, qui était une très sainte femme, était morte avec une expression de terreur sur son visage et que pour elle, c'est à cause de sa sainteté qu'elle a vu au moment de son passage la tête furieuse du démon qui ne pouvait pas la prendre en enfer. Moi j'ai un peu de mal à comprendre les choses comme cela, surtout que cette personne est morte d'étouffement, ce qui peut expliquer ce rictus qui peut traduire la douleur physique. Mais il est vrai que l'on peut se demander pourquoi au moment de la mort certains visages sont apaisés, étonnés ou au contraire semblent terrifiés.

Et puis, je ne suis pas capable de me représenter le diable comme quelqu'un qui est à l'affut et qui se met en colère parce qu'il n'a pas gagné contre Dieu. Une âme qui lui échappe est ce que cela le met en colère? Veut il faire payer à cette personne qui est en train de faire le passage son échec à lui?

Pourtant je crois qu'il y a un combat entre les le Mal et Dieu (je ne dis pas le bien pour ne pas entrer dans un dichotomie), et que les hommes peuvent en être l'enjeu, comme dans une bataille: j'ai plus de pions que toi, donc je gagne.Et je crois que Jésus, par sa vie, sa mort et sa résurrection et le don de l'Esprit nous permet aujourd'hui d'être A Dieu.

Mais pour en revenir au visage des personnes décédées, certains témoignages de personnes ayant vécu des expériences de mort provisoires, parlent d'expériences très désagréables et dans le livre tibétain de la vie et de la mort, il semble bien que ce passage puisse être une espèce de lutte contre des démons terrifiants qui veulent s'emparer de vous. Ceci pourrait alors permettre de comprendre la terreur que l'on voit parfois sur les visages de certains morts.

Mais même si  je ne me suis pas capable de me représenter le diable comme "un lion cherchant qui dévorer", ne veut pas dire que je ne tienne pas compte de sa présence, car parfois il me semble bien qu'il est très présent, qu'il agit de manière plus ou moins insidieuse et qu'il rentre dès qu'il y a une faille, une fêlure, une petite fracture.

Il m'arrive parfois quand je vois ce qui se passe dans certaines familles, de me dire que oui il y a du mal qui est à l'oeuvre, du mal qui fait tout ce qui est possible pour conduire à l'échec des relations, pour briser les liens, pour casser. j'ai l'impression parfois que lorsque quelqu'un commence enfin à changer sa relation avec Dieu, alors le mal se déchaîne (ennuis à la chaîne) comme pour bien faire croire que Dieu n'est pas le tout puissant, qu'il abandonne et que cela ne sert à rien de croire en Lui.

Curieusement en ce qui me concerne, j'ai souvent eu l'impression que lorsque dans la maison il y avait des incidents un peu en série que sa patte (sa sale patte) était là. Parce que ces incidents là, me plongent souvent dans un grand désarroi, parce que je suis souvent démunie, et que je me demande pourquoi un truc qui marchait sans problème tombe d'un seul coup en panne. Et puis parfois l'incident ne tombe pas tout à fait n'importe quand. Et c'est peut être cette question de la coïncidence qui me pose question.


Quand ma belle -mère est décédée, il y a tout un tas d'ampoules qui ont laché les unes après les autres. Cela c'est en soi normal, mais c'est le nombre qui m'a posé question.  Mais une lampe qui lâche, c'est une lumière qui s'éteint, et il y a cet espèce d'éclair dans le filament qui dit que c'est cassé, cassé. Et qui dit éclair, dit souvent foudre, orage, destruction... pourquoi les morts n'utiliseraient pas ces courants pour dire quelque chose? Mais quoi? D'accord je ne m'entendais pas super bien avec elle, mais soit cela est comme une vengeance, soit comme un appel ou une manière de dire, je suis là, je continue à exister, je veille...  


Je m'explique en rapportant deux petits faits qui m'ont d'une certaine manière obligée de me dire que le malin existe et qu'il peut se servir des moyens "modernes" pour persécuter, attaquer.

Premier fait: un ordinateur qui tombe en panne juste le veille de la Pentecôte..

L'ordinateur marchait très bien, je m'en servais essentiellement pour écouter de la musique, écrire, mais pas pour internet car là où j'étais il n'y avait pas de connexion. Il est tombé en panne c'est à dire qu'il refusait de s'allumer juste la veille de la pentecôte. Ecran noir.  Inutile de dire que j'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour le redémarrer. Comme il était sur la table des repas, a t il pris de l'eau, de l'humidité? Et pour moi, cette incompréhension du pourquoi. Je sais bien que les pannes sont imprévisibles, mais la veille de la Pentecôte... Etonnant. A cette époque là, ne pas avoir d'ordinateur, (j'étais en vacances) c'était ne pas avoir de musique , ne pas écrire, être privée de quelque chose.

Pourquoi ai je pris cela comme une attaque, comme une manifestation d'un esprit mauvais? Je ne sais pas, mais ce que je sais c'est que cela m'a poussée à invoquer le nom de Jésus (chose que je ne fais que très peu) peut être parce que cette panne me semblait sans cause (ordinateur récent).

Et l'ordinateur a bien voulu redémarrer  l'ordinateur a bien voulu redémarrer le jour de la Pentecôte, oui pour moi c'est comme un clin d'oeil de l'Esprit. Un peu comme si cela me permettait d'apprendre la force du nom de Jésus et à cette époque de ma vie, cela m'était assez étrange.

Ne pas se laisser abattre et ensuite relativiser. Bien sûr en soi une panne ce n'est pas grave, cela peut permettre de faire autre chose, mais quelque part il y a souvent chez moi une vague culpabilité, est ce que c'est de ma faute si ça arrive? Et alors arrive un sentiment d'échec, un sentiment de doute et le doute, c'est une bonne porte d'entrée pour l'autre.

Il est vrai que j'ai tendance à prendre les pannes électriques sur un mode assez persécutif, car j'ai du mal à comprendre pourquoi un truc qui fonctionne tout à fait normalement refuse de se remettre en route, brutalement, sans préavis.

Le deuxième fait le voici. Cette année (et c'est peut être pour cela que j'écris ce billet), ma connexion est tombée en panne le jour de mon anniversaire, oui cela peut être le hasard, mais je ne peux m'empêcher de trouver cela curieux. D'une certaine manière la WIFI en tant que telle fonctionne (elle est détectée par mon ordinateur) , mais moi je ne peux pas me connecter comme si elle était verrouillée.

D'accord cela ne porte pas trop à conséquence puisque nous avons deux abonnements à l'ADSL, mais quand même. Ensuite le technicien que j'ai au téléphone, m'explique que c'est une "inversion" de connexion, comme si un autre technicien peu scrupuleux en installant la ligne d'un client, aurait déconnecté la mienne et ne l'aurait pas réactivée. Je dois dire que cette explication me semble étonnante parce que tout fonctionnait normalement jusqu'à 22h et que j'imagine mal un technicien travailler de nuit surtout un samedi. Par ailleurs il y a eu un gros orage dans la nuit, et j'avais d'abord pensé que cela avait perturbé tout le secteur, mais non. Mais les orages, avec leur composante électrique, ça peut faire bien des choses. Pourquoi le malin ne se servirait il pas de cela? Maintenant comme cadeau d'anniversaire on fait mieux.

Alors comme j'ai hélas l'esprit qui s'attache aux petites choses de la vie, je cherche une signification. Il y a un intrus qui a fait quelque chose qui fait que les identifiants de la box ne sont pas reconnus, donc elle ne peut pas canaliser le flux et le conduire à mon ordinateur. Ne pas être reconnu c'est quelque chose de terrible. Cela touche à l'identité. Et du coup ce que je vis là, (pas grave pour moi) me fait penser que le diable est présent, qu'il agit comme cela,  que quand les personnes ne savent plus qui elles sont, quand leur identité n'est pas reconnue, quand elles croient que dieu se détourne ou les accable, alors oui, il se frotte les mains.

Et cela me fait penser à une famille amie qui accumule les coups en ce moment, comme si justement le malin voulait les faire chuter, les atteindre. Et là je me dis que peut être l'autre signe de cette panne que c'est à nouveau invoquer le nom de Jésus pour qu'ils soient libérés.

Mais pour que moi je puisse entrer dans cette démarche là, j'ai besoin de ne pas oublier que l'autre il est là, que l'autre il agit sournoisement.

Alors que dire pour terminer? Que chaque événement peut avoir sa propre lecture en fonction de ce que l'on est, et que chaque événement peut ouvrir ou fermer la vision. Si je me centre uniquement sur moi et sur ce "technicien salaud" qui a provoqué l'inversion, et donc sur la colère, quelque part je me laisse bouffer. Si je me décentre de cela et si je pense à tous ces maux que vivent certains de mes amis, et si je peux ajouter une toute petite goutte de bénédiction dans cette malédiction, alors peut être que je peux faire du bon.

dimanche 3 juin 2012

Graves Questionnements

Une partie de moi, pense que cela est "hérétique" mais une partie de moi, a envie d'écrire cela aujourd'hui...

D'un point de vue théorique, puisque nous ne "savons" pas ce qu'est Dieu, nous imaginons ce qu'Il peut être. Cela c'est le travail des théologiens, mais aussi des philosophes). L'hypothèse de base est que s'il est tout puissant, s'il a tout crée, alors il peut tout et donc il devrait empêcher le mal. Je me souviens encore de la phrase du catéchisme de mes 10 ans: à la question, qu'est ce que Dieu, il fallait répondre:  "Dieu est un esprit, infiniment bon, infiniment parfait, créateur et souverain maitre de toute chose". En d'autres termes Dieu est parfait, donc tout ce qu'il crée est parfait .

Ceci est un postulat qui implique que la terre crée par lui était parfaite ainsi que l'humain. Ce qui découle de ce postulat, c'est que comme nous constatons que notre terre est loin d'être parfaite et que l'homme est bien souvent un "animal" gouverné par l'orgueil et la convoitise, alors avec notre intelligence et notre psychologie, et aussi la révélation de la bible, nous en déduisons que cela est la conséquence de la faute de l'homme (désobéissance).

Mais dire cela c'est entrer dans le raisonnement de l'enfant maltraîté ou battu qui essaye de comprendre le pourquoi de ce qui lui arrive, à savoir : si je vis cela c'est de "ma faute". Ce raisonnement permettant de donner du sens, car à ce moment là, il suffit  (tout étant relatif) d'obéir pour être "aimé" et donc vivre dans de bonnes conditions. Et ce n'est pas de la faute du parent qui sait ce qui est bon et bien, mais c'est l'enfant qui prend sur lui la responsabilité et la culpabilité de cet état. Si on lit le livre de Job ou les psaumes, on se rend bien compte que l'obéissance ne suffit pas à donner le bonheur "matériel" et que souvent le dessin de Dieu est incompréhensible (tout cela nous est arrivé sans que nous t'ayons désobéi ou oublié ps 44). .

Mais pourquoi avons nous tellement besoin d'un Dieu qui ne crée que du parfait? Est ce pour nous rassurer? Et le parfait qu'est ce que c'est? Et si on pouvait admettre qu'un Dieu Tout Puissant (et qui a une connaissance que nous n'avons pas et n'aurons jamais) puisse créer du moins bon, laisser de la place au non parfait,  (que nous avons tendance à appeler le mal), alors nous avons un Dieu qui a en lui la connaissance du bien et du mal, qui voit ce que nous ne voyons pas et qui sait aussi que bien souvent le mal est nécessaire pour que nous exercions notre créativité. Alors oui, il permet des choses qui nous semblent incompréhensibles, justement parce que notre intelligence ne nous permet pas de les comprendre et nous admettons qu'il n'est pas comme nous, même s'il y a de Lui en nous. Nous admettons aussi qu'il nous donne aussi les moyens de vivre avec cela.

J'ai toujours trouvé (ceci est une réflexion d'un autre ordre) étonnant que les polynésiens qui semblent vivre dans un monde idyllique, aient été de grands explorateurs, comme si vivre dans un monde "agréable" n'était pas suffisant et que l'homme pour se sentir exister doit comme Abraham partir de chez lui, ne pas s'attacher, se séparer.

Certaines religions ont divinisé la destructivité, (Shiva par exemple) mailla destructivité est nécessaire, elle dégage, elle enlève ce qui encombre, elle met à nu, elle met du nu et elle oblige aussi l'homme à ne pas s'attacher, à ne pas s'enfermer et  à ne pas considérer la mort comme une punition, mais peut être comme un passage.

Si nous entrons dans cette autre logique, un Dieu tout puissant qui de notre point de vue ne serait pas "parfait", alors peut être que la logique qui fait de Jésus  (Dieu sauve) "le serviteur obéissant jusqu'à la mort et à la mort de la croix," pourrait se centrer complètement sur l'Amour: amour donné, amour reçu (qui s'oppose à mal subi, mal commis), qui permet enfin à l'humain de rentrer dans ce mouvement qui le sort de lui même, qui lui donne aussi sa stature et son assise, et qui le mène là où son créateur a toujours voulu le mener, non dans la possession mais dans la dépossession, parce que alors tout s'ouvre.

Et le Salut que me donne (que nous donne) Jésus, c'est dès  que aujourd'hui,  ma capacité à aimer (c'est à dire jusqu'à pouvoir donner sa vie, donner de la vie), se développe en moi petit à petit grâce à l'Esprit  Saint( qui ouvre mes oreilles, mes yeux, mon  coeur, qui emplit mon être avec tous ses vides) pour que je puise boire des aujourd'hui le "vin nouveau" qui n'est pas une boisson qui enivre, mais quelque chose qui coule en nous et nous fait vivre autrement.

            Coeur nouveau, vin nouveau, terre nouvelle chant nouveau.


jeudi 31 mai 2012

Pentecôte 2012.

La fête de la Pentecôte,je l'aime et depuis des années il se passe souvent quelque chose. L'an passé à Tigery, cela a été cette image des bougies allumées venant de l'autel et entrant en moi et je pense aussi ce chant en langue qui n'est peut être pas "le chant en langue", mais qui est en moi et qui même s'il n'est qu'une succession de syllabes que je laisse monter sur un rythme presque parlé, il crée en moi de la joie et surtout il m'apprend à me laisser faire.

Cette année, la veille de la Pentecôte, alors que je n'étais pas ravie de devoir faire face aux petits désagréments de la vie quotidienne, j'ai ressenti une bouffée de joie complètement insolite et qui pour moi était cadeau, le premier cadeau;

Souvent, j'ai demandé  la Paix (et c'est ce que j'avais reçu lors mon premier pèlerinage de Chartres) mais la Joie, qui est pourtant un don, jamais je ne l'avais demandée.

Dimanche au Prieuré, le frère Benoît qui animait cette célébration nous a demandé parmi les dons de l'esprit (Galates 5,27) de choisir celui qui nous semblait le plus faible en nous. J'ai choisi la Foi, car pour moi, c'est un jour après l'autre que j'essaye de vivre avec la Présence, et que je ne sais pas de quoi demain sera fait. Or en lisant d'autres traductions de ces versets, j'ai trouvé confiance et fidélité. Or si ces mots là avaient été lus, je ne les aurais pas choisis.

A la messe d'aujourd'hui, le célébrant a dit pendant son homélie (centrée sur la joie de ces deux femmes enceintes qui se rencontrent) la joie et la foi ça va ensemble. Comme clin d'oeil, il me semble que ce n'est pas mal.


jeudi 24 mai 2012

Etre consolée: un peu de mon enfance.

Ce matin sur le site"prier.be"j'ai lu cette phrase tirée du prophète Isaïe: "Comme celui que sa mère console Moi aussi, je vous consolerai (Is 66, 13).
Ceci dit la phrase n'est pas complète. Le verset se termine par: "A Jérusalem  vous serez consolés".


Ce qui veut dire que la consolation vient après les épreuves d'une punition liée à l'infidélité (du moins c'est l'interprétation qui est faire). Si on prend au pied de la lettre, on pourrait presque dire: "mon peuple tu t'es détourné de moi, tu m'as offensé alors je t'ai puni en de déportant". Ton épreuve, est ta punition. Là ce serait le côté masculin de Dieu qui se manifesterait. Cette punition, cette épreuve ayant (peut -être) provoqué un changement dans la relation, alors le côté féminin (maternel) lève la punition et annonce de fait le retour à Jérusalem. C'est le dernier chapitre du livre d'isaïe qui annonce le retour et aussi la destruction des ennemis. 



Pour moi, on a besoin d'être consolé quand on vit quelque chose de dur, quand on a mal, quand on est confronté au manque. La punition qui s'arrête ce n'est pas cela la consolation.  


Mais quand j'ai lu cette phrase (tronquée) elle m'a fait choc car je  n'ai aucun souvenir d'avoir été consolée par ma mère, je dirais même que j'ai l'impression d'avoir essayé (ou même dû) moi la consoler (en particulier quand mon père avait été odieux avec elle) mais moi être consolée, je n'ai pas de souvenirs (ce qui ne veut pas dire que ce ne soit pas arrivé). Je crois que dans ma famille, on console les autres en étant "gentil avec eux", en leur faisant de bons trucs à manger (l'oralité a une grande place pour se consoler: ma maman quand j'étais en internat m'envoyait régulièrement des petits colis remplis de bonnes choses) , en ayant de bonnes notes à l'école (la fierté cela répare), mais on ne parle pas de ce qui a fait mal. Donc a priori pas de gestes et peu de paroles en lien avec ce qui s'est produit et qui est une souffrance ou une douleur.

Je dirai même lorsque quelque chose m'arrivait du style chute, blessure, maladie,la première réaction de ma mère était de se sentir agressée par ce qui m'arrivait et donc de m'en rendre responsable. Cela se passait comme si c'était de ma faute, et aujourd'hui je dirai que c'est peut être de cela donc j'aurais besoin d'être consolée. Le jour où je me suis rendue compte que sur un chemin de montagne je n'étais pas la seule à buter contre les pierres a été un jour béni. j'avais tellement entendu "regarde où tu mets les pieds" que j'étais persuadée que c'était de ma faute si je me cognais.   



j'ai l'impression d'avoir appris très vite à me consoler. Je me souviens (et là c'est avant les 4 ans) avoir installé dans le coin où j'étais censée aller quand j'avais fait une bêtise un certain nombre de poupées, ce qui était un bon moyen de me consoler. je dois dire que je suis très fière d'avoir inventé cela. 

Et puis, j'appartiens je crois à une génération où on nous habituait à marcher sur le douleur. Je me vois encore à 7 ans, tomber, m'esquinter le genou, saigner, prendre un mouchoir et le mettre sur le genou, sans en faire un plat, sans même pleurer et même me débrouiller pour que cela ne se remarque pas.  Et pleurer pour ce genre de chose, il ne fallait pas trop, cela ne se faisait pas. 


C'est peut être pour cela que j'ai tellement de mal à prendre spontanément les gens dans mes bras, même s'ils le demandent. En fait je ne sais pas si ma mère était heureuse d'avoir le gros bébé que j'étais dans les bras. Et pourtant moi, j'ai tellement aimé ce temps où je pouvais porter et tenir mes enfants contre moi, juste à la bonne distance (enfin je l'espère) en fonction de ce que je ressentais de leur corps. Consoler un enfant qui a mal, le voir se détendre, retrouver le sourire quelle joie. Maintenant, on peut consoler quelqu'un avec des mots, pas seulement avec des bras. Et là, normalement je pense savoir (au moins un peu) savoir faire.

Etre consolé c'est avoir soit en dehors de soi, soit en soi quelqu'un qui vous écoute, qui vous supporte, qui vous prend en considération, qui vous respecte et qui ne vous juge pas et qui vous aime.  


Il m'est revenu un autre événement de mon enfance, un événement où il eut été important que je puisse être consolée, seulement j'étais seule avec mon père, j'étais remplie de honte par ce que je venais de faire et ma mère était à des kilomètres. J'avais juste 8 ans, je passais mes vacances en Suisse dans un vrai château. Il y avait les invités (beaucoup d'artistes) et le personnel. J'étais la seule enfant et du coup j'étais fort contente d'avoir trouvé le fils de la cuisinière pour jouer avec lui. D'une certaine manière je me sentais plus proche de ce "petit monde" que de ce "beau monde" où mon père se mouvait avec joie. Moi je m'y sentais mal. 


Un soir nous avons joué à envoyer des pierres sur une cible, mais hélas la pierre a atteint le garçon en question qui a pleuré et a été blessé. Alors pour moi ça a été la panique. Je m'en suis voulue terriblement, et je me suis sauvée dans ma chambre, sans rien dire à personne. Je me suis couchée en larmes sans voir qui que ce soit (et personne d'ailleurs ne s'est ému de ne pas me voir). 


Le lendemain j'ai juste su que la cuisinière ne voulait plus que la "petite demoiselle" parle à son fils. Alors oui, je crois que j'aurais voulu être consolée, que quelqu'un me dise que certes j'avais fait mal à cet enfant, mais que je ne l'avais pas fait exprès (quoiqu'en dise Papa Freud et les actes manqués, parce qu'on peut toujours tout interpréter), que je n'étais pas méchante, que je n'étais pas nulle. Peut être qu'il aurait fallu que j'aille au moins m'excuser de ce geste malencontreux, bref mettre des mots. 


Etre consolée c'est être entendue. Etre consolée c'est pouvoir dire ou ne pas dire, c'est pouvoir expliquer ou ne pas pouvoir expliquer, c'est ne pas être jugée, même si l'acte en soi peut être répréhensible.C'est surtout ne pas être seul. 


Si j'aime autant le chat de de Kipling  (les histoires comme ça) "qui va seul par les sentiers mouillés" c'est peut être parce que même si aujourd'hui je ne suis plus seule quand il m'arrive quelque chose, je l'ai été dans l'enfance et que cela marque considérablement.