SEMAINE DU 24 AU 30 MARS. ÉVANGILES.
LUNDI 24 MARS. Lc 4, 24-30 et 2R5: Naaman le Syrien.
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(Naaman le syrien). Au moins pour lui, pas de lien direct entre lèpre et péché et pourtant pour les juifs, il leur a fait beaucoup de mai.
Que nous donne-t-on à contempler? Jésus qui est déjà en butte au désir de mort? Notre incapacité à voir en lui, au-delà des apparences? S'il a reçu l'onction et si comme le dit Luc, il est rempli de la puissance de l'Esprit, qui voyons-nous en Lui? Question aussi de la foi, Naaman n'avait pas trop foi dans ce qui a été juste une parole qui lui semblait stupide de la part d'Elisée, et moi, est ce que j'aurai obéi? Qu'est-ce que Jésus demande à ses compatriotes? Lui fait confiance?
Début de la vie publique de Jésus. Il sort des tentations, et il se met, un peu à la suite de Jean, dans ce qu'il prêche, (mais dans cet évangile, il n'est pas question de conversion). Il est revêtu de la puissance de L'Esprit, et contrairement à Jean, il enseigne dans des lieux fermés: synagogues, il fait certainement des guérisons, puisque dans le texte, Jésus parlera de Capharnaüm). Il arrive donc à Nazareth, et il commente les versets d'Isaïe. Tout se passe bien, tout le monde s'étonne des paroles de grâce qui sortent de sa bouche, mais si on revient au texte, Jésus, affirme que le temps de grâce est arrivé, mais aussi qu'il est revêtu par l'onction, donc qu'il est le messie. Et là, ça se gâte, puisque tout le monde sait très bien de qui il est le fils. Alors ce qui se dit sans se dire, c'est "pour qui il se prend celui-là".
Ce qui suit (verset omis) est bizarre, de quoi Jésus devait-il se guérir lui-même? En fait il s'agit de ce qu'il a fait à Capharnaüm, et là ce serait comme il le dit, une question: ce que tu as fait là-bas, pourquoi ne le fais-tu pas chez nous? Et en même temps, il y a aussi le doute.
Puis c'est cette drôle de sortie sur ces guérisons. Est-ce que Jésus veut faire comprendre qu'il est là, pour tout le monde, qu'il y a quelque chose d'universel dans sa mission? Si les habitants de Nazareth méprisent ceux de Capharnaüm, cela pourrait alors s'expliquer.
24Dans la synagogue de Nazareth, Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.
Le doute qui commence à émerger le "pour qui il se prend", doute qui n'existe pas à Capharnaüm, pousse Jésus à se comparer aux grands prophètes du temps de la royauté.
25 En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
26 pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère.
27 Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. »
Pour Elie, c'est assez normal, il est tout sauf en odeur de sainteté dans son pays, après avoir provoqué cette famine. C'est le Seigneur qui lui dit de partir. Il me semble si j'en crois Jean-Pierre Nave que la ville de Sarepta est la ville d'origine de Jézabel, donc peut-être un peu risqué aussi de s'installer là.
Pour Elisée, il semble bien que le roi de Juda a complètement oublié l'existence de ce prophète?
Jésus du coup se proclame Messie et Prophète, lui qui est le fils du charpentier. Là, trop c'est trop.
28 À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
29 Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas.
30 Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.
Réflexions d'un villageois
Non mais, pour qui il se prend le Jésus. Nous on a toujours fait comme s'il était le fils de Joseph, parce que ça, on n'en sait trop rien. Il avait appris le métier de charpentier et nous étions contents de l'avoir, il faisait de "la belle ouvrage", il réparait aussi pas mal de choses; il faut dire qu'il est très adroit de ses mains. Bref un bon garçon sans histoires, mais il avait la trentaine et il n'était pas marié, ce qui n'est pas normal.
Un jour comme tant d'autres, il est parti demander le baptême de Jean. Enfin c'est ce qu'on nous a dit. Nous, nous n'étions pas très contents d'avoir perdu notre charpentier. On nous a dit aussi, qu'il s'était installé à Capharnaüm, et qu'il avait guéri des possédés et des malades et qu'il disait qu'il fallait se convertir parce que le règne de Dieu était tout proche. C'était quand même étonnant. Qu'est ce qui s'était passé, jésus un nouveau prophète? Bizarre. Et puis un jour, il s'est pointé chez nous. On aurait bien voulu qu'il guérisse nos malades, mais il est juste allé chez sa mère.
Le jour du Sabbat, il est venu à la synagogue, et là, nous lui avons laissé la parole, la possibilité de commenter un de nos grands prophètes et d'enseigner comme le font les scribes, nous aider à comprendre ces vieux écrits.
Il a lu quelques phrases du prophète Isaïe, où il dit que le Seigneur a consacré quelqu'un par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres, pour libérer les captifs, pour rendre la vue aux aveugles, rendre leur liberté aux opprimés et proclamer une année de bienfaits de la part du Seigneur.
Bon tout ça c'est bien beau, mais personne ne l'a jamais fait, même pas le prophète. Et voilà que lui; il affirme que ce qui a été écrit il y a des siècles, cela le concerne lui, et donc qu'il va accomplir de grandes choses.
Sur le coup on a trouvé ça très beau, sauf qu'il faut bien qu'il le prouve et puis quand aurait-il reçu une onction, lui que nous connaissons depuis toujours.
Je crois que ça ne lui a pas plu que nous mettions en doute ce qu'il disait. Il n'a pas guéri les aveugles, libérer les opprimés, comment est- ce que ce serait possible avec ces romains qui sont cesse sur notre dos, quant à l'onction, laissez- moi rire. Il n'est pas David, il n'est pas d'origine royale. Nous n'avalons pas tout, comme ceux de Capharnaüm, et puis les guérisons, comme je l'ai dit, nous les attendons. Je reconnais que ce qui était étonnant c'était le changement qui s'était opéré en lui. Il était rempli d'assurance, il parlait bien, et on avait envie de l'écouter.
Mais au lieu de se lever pour guérir, il nous a dit qu'il savait très bien que nul n'est prophète dans son pays, et il nous a fait la leçon en nous parlant d'Elie qui est allé sauver une veuve à Sarepta et non pas une veuve qui mourrait aussi de faim à Jérusalem, et d'Élisée qui n'avait pas guéri un ou des lépreux de chez nous, mais un étranger, et de plus un général qui nous avait fait la guerre, et qui était bien puni par la lèpre.
Bref, il nous a mis en colère, et chez nous la colère ça monte vite.
Alors ce Jésus, il fallait l'empêcher de nuire et donc s'en débarrasser. Rien de mieux que de le pousser, de lui faire perdre l'équilibre et de le faire basculer dans le vide. Seulement ça n'a pas réussi. Je ne sais pas comment il a fait, mais il nous a échappé. Tant mieux parce que sa mère, elle ne nous l'aurait surement pas pardonné, mais bon débarras quand même. Et puis avec ce gouverneur de Judée il vaut mieux se faire oublier, se tenir à carreau.
Mais on suivra de loin ce qu'il fait, il ne faudrait pas que ça nous retombe sur le dos. Quant aux miracles et bien on s'en passera.
MARDI 25 MARS. Lc 1, 26-38.
-Qui regarder? L'ange ? Marie ? Celui est absent mais présent, le très Haut dont on parle quand même beaucoup ? L'enfant ? Joseph ?
-J'aime bien considérer le "comblée de grâces" comme un qualificatif de Marie, qui donne son identité ( Gédéon qui est appelé à être un "vaillant guerrier" dans le livre des juges). Marie ne sait pas qu'elle est comblée de grâces, elle l'apprend et c'est peut-être ce qui lui permet de dire ce oui, qui va certainement réjouir Gabriel et tous les anges de Dieu.
-Parfois trouver grâce devant le Seigneur, vous met dans une situation totalement imprévue et pas facile du tout à assumer et qui nécessite surtout une foi à toute épreuve;
-Pouvoir questionner n'est pas interdit, quand elle ne met pas en doute la volonté de D.
-Faire confiance au signe, même si on ne le voit pas.
- Finalement je suis un peu étonnée par la manière dont Marie parle d'elle, à la troisième personne. Comme si elle était un peu à distance d'elle-même. Elle ne dit pas" me voici" comme Samuel, non elle parle d'elle comme si elle s'offrait presque en sacrifice, en holocauste. Je crois qu'elle s'adresse au Très Haut, puis à Gabriel.
26 En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
27 à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie.
28 L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
29 À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
30 L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Et si ce n'est pas dans son habitation qu'il entre, mais dans son cœur (enfin ce que nous mettons derrière ce mot), en ce lieu qui est en nous et qui parfois est si difficile à cerner.
Il y a bien un dialogue, entre l'âme et l'ange. Dans un premier temps, l'âme est bouleversée, elle s'étonne, elle ne comprend pas. Mais dans un deuxième temps, elle est comme rassurée.
31Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus.
32 Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;
33 il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »
L'âme est comme abreuvée de révélations, mais c'est peut-être beaucoup. Engendrer, concevoir, donner naissance, nommer. Et un enfant qui est Fils du très Haut, un roi, un roi éternel. Il y a de quoi y perdre son latin.
34 Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? » 35L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu.
C'est peut-être ce qui se passe quand même pour Marie. Son âme perd pied, elle, elle veut bien tout cela, elle veut bien faire, accomplir ce dessin qui est le sien, mais elle sait aussi que quand Dieu parle, c'est tout de suite qu'il faut répondre. On ne le fait pas attendre, et là dans l'immédiat, elle est seule. Peut-être qu'elle n'a pas vraiment le temps de penser, mais c'est comment accomplir ta volonté?
Et à cette question- là, l'ange répond, de manière certainement énigmatique, mais que tout est entre les mains de Dieu. Il y a d'ailleurs redondance sur le titre de cet enfant. Il sera appelé Fils de Dieu (et là, c'est la sainteté qui est mise en avant) et non la royauté.
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36 Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile.
37 Car rien n’est impossible à Dieu. »
Comme l'âme est dans le silence, l'ange reprend la parole et parle de ce signe. Si une femme stérile peut donner naissance à un enfant, combien plus, toi qui es jeune, tu pourras le faire
38 Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.
L'âme alors, parle, elle donne toute sa confiance, elle accepte tout comme une esclave accepte la volonté de son maître (maîtresse).
Et c'est à nouveau le silence, mais un silence autre, si l'on admet que le oui de l'âme, permet l'ouverture et la réalisation du dessin du Très-Haut. Marie n'est plus seule.
MERCREDI 26 MARS. Mt 5, 17-19
Si on remet ces versets dans leur contexte, c'est tout de suite après les Béatitudes. Les disciples sont la lumière du monde et le sel de la terre, et après la péricope proposée, jésus montre comment la loi doit être entendue et mise en œuvre, et ce d'une manière beaucoup plus exigeante que ce qui est demandé par Moïse. Cela touche la relation à l'autre, la relation à la femme etc. Et cela c'est accomplir.
La pasteur Fabre, fait remarquer que si on sélectionne ce qui nous plait ou ne nous plait pas, par exemple dans le notre Père, on perd complétement le sens.
Mais il reste le "accomplir"; est -ce que cela se rapproche du " nous ferons et nous écouterons"?
On a aussi une définition autre de qui est grand et qui est petit. Mais apparemment cela n'empêche pas d'entre dans le royaume. Ce serait une bonne nouvelle. Mais je pense effectivement que si on commence à sélectionner. Mais il faut trouver dans quel domaine. Là Jésus est dans ce qui est écrit, je suppose la Tora écrite, pas la Tora orale.
17 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
18 Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise.
19 Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »
JEUDI 27 MARS. Lc 11, 14-23
Juste avant Jésus a enseigné ses disciples, comment prier. Cela se termine par (il y a eu la parabole de l'ami qui vient demander des pains pensant la nuit) 13 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »
Maintenant il y a un miracle, un homme qui retrouve la parole,(quelle parole), et l'admiration. Et quelque chose qui se passe, qui semble être de l'ordre de la jalousie, ce qui montre bien la présence du mauvais, qui semble de plus en plus mécontent. On dit souvent que quand la sainteté se manifeste, le diable se manifeste aussi, pour faire échouer.
Ce sont ceux qui savent, les pharisiens, qui sont peut-être plus que jaloux de na notoriété de Jésus (ce miracle va encore l'augmenter), la perte de disciples qui vont jeter le doute. Au lieu de louer, ils abîment. Et quel doute: cet homme a fait un pacte avec le diable.
Jésus va leur répondre, qu'ils disent n'importe quoi. Et qu'ils devraient ouvrir les yeux et louer Dieu, parce que faire parler les muets (eux qui connaissent les écritures) c'est la prérogative de dieu. Pourquoi ce négativisme, ce complotisme pourrait-on dire?
Et il y a les autres qui une fois de plus réclament un signe venant du ciel. Une réponse ou une non réponse leur sera donnée dans le même chapitre, vous n'aurez d'autre signe que celui de Jonas.
Pour ma part, apprendre à me réjouir de ce que font de concret des personnes que je connais et qui font de belles choses matérielles pendant ce temps de carême.
14 En ce temps-là, Jésus expulsait un démon qui rendait un homme muet. Lorsque le démon fut sorti, le muet se mit à parler, et les foules furent dans l’admiration.
15 Mais certains d’entre eux dirent : « C’est par Béelzéboul, le chef des démons, qu’il expulse les démons. »
16 D’autres, pour le mettre à l’épreuve, cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel.
Ce serait toujours le "prouve que tu es vraiment un prophète, que tu es envoyé par Dieu", sinon nous ne croirons pas en toi.
17Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même devient désert, ses maisons s’écroulent les unes sur les autres.
18 Si Satan, lui aussi, est divisé contre lui-même, comment son royaume tiendra-t-il ?
Vous dites en effet que c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons.
19 Mais si c’est par Béelzéboul que moi, je les expulse, vos disciples, par qui les expulsent-ils ? Dès lors, ils seront eux-mêmes vos juges.
20 En revanche, si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous.
Il y a donc plusieurs choses dans ces versets; une affirmation: le démon n'est pas fou. Lui qui est le maitre de la division, il ne va pas introduire la division chez lui, sinon son royaume va s'écrouler.
Et les disciples des pharisiens qui font aussi des expulsions, font-ils alliance avec le démon?
Enfin: ouvrez les yeux, sortez de votre mauvaise foi, de votre jalousie, de votre rivalité, et remerciez dieu, qui vous montre qu'il est là.
21 Quand l’homme fort, et bien armé, garde son palais, tout ce qui lui appartient est en sécurité.
22 Mais si un plus fort survient et triomphe de lui, il lui enlève son armement auquel il se fiait, et il distribue tout ce dont il l’a dépouillé.
Après il y a cette petite parabole que j'ai toujours (chaque année) autant de mal à comprendre. La pasteure Fabre semble dire qu'il s'agit des pharisiens qui se sentent dépouillés de ce en quoi ils se fiaient : leur savoir, leur supériorité sur ceux qui sont amoindris dans leur chair, comme ce sourd, leur confiance en leur discernement, leur propre parole. Si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous. L’enjeu est clair : quitter nos fausses assurances, nos savoirs qui nous rendent supérieurs, sûrs de nous, et oser discerner réellement ce que Dieu fait. Alors, notre propre parole rejoindra celle du muet et sera capable d’entraîner ceux et celles qui nous entourent à la louangeet non au cynisme.
23 .Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse.
Comme souvent une sentence qui clôt cet épisode. Là c'est quand même du radical. Rassembler c'est l'inverse de diviser, c'est donc être dans le dessin de Dieu, être dans l'abondance qui se caractérise.
VENDREDI 28 MARS Mc 12, 28-34/ deux pour le prix d'un.
Au chap 12, on est à J. parabole des vignerons homicides et batterie de questions pour pouvoir l'accuser. Cela commence par les pharisiens rendez à césar, les sadducéens, vous vous trompez complètement et là-dessus le scribe qui semble très intéressé par Jésus, et qui pose une question. Lui, n'est pas là (me semble-t-il) pour lui tendre un piège.
Le livre d'osée, est peut-être choisi parce qu'il est dit: nous ne t'offrirons plus de sacrifices d'animaux ou autre)." Au lieu de taureaux, nous t’offrons en sacrifice les paroles de nos lèvres".Ce qui me semble être pointé là, c'est le détournement des idoles. C'est aussi reconnaître, dans la situation où se sont mis les habitants d'Israël, que seul dieu, leur dieu peut les sauver, pas les autres dieux. Dieu est l'Unique. Mais est-ce que tous le comprennent? Est-ce que tous nous le comprenons. Je me disais que le Dieu de la Guerre, doit jubiler avec le nombre d'offrandes qu'il reçoit chaque jour.
Finalement ce que dit cette péricope, c'est que ce n'est pas ou, mais et. Et cela le scribe l'a bien compris. Accepter que ce soit cela l'important, que les sacrifices ne sont pas des équivalents, c'est aussi sortir du légalisme.
Parfois je pense (parce que cela m'aide) que Jésus fait que son corps devienne pain, donc nourriture accessible pour nous, parce que malgré tout, la chair animale n'est pas nécessaire, ce qui n'empêche pas que ce pain nourriture soit lui entier, et que le sang devient vin, boisson, vie.
28b En ce temps-là, un scribe s’avança pour demander à Jésus : « Quel est le premier de tous les commandements ? »
29 Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : ‘Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.
30 Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.’
31Et voici le second : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
32 Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui.
33L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »
C'est une très belle reformulation.
34Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.
SAMEDI 28 Mars Lc 18, 9-14
Pour dire les choses simplement, certes ils s'adressent tous les deux à Dieu, mais l'un demande quelque chose, il est vraiment en relation et il sait à qui il parle, l'autre, ne demande rien, il demande en fait un certificat de bonne conduite et il dit du mal des autres. Il ne demande rien. Ce que Dieu réclame, et souvent l'effet est magique, ou le parait, c'est juste de reconnaître qu'encore une fois on a fait comme s'il n'existait pas, et qu'on a fait (ou pas forcément) des choses pas belles, donc lui parler, lui dire qu'on a besoin de lui, qu'il est là, et qu'on s'en veut de l'avoir une fois de plus laissé en dehors de sa vie.
9 En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici :
10 « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts).
11 Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : ‘Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain.
12 Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.’
Qu'est ce que je suis un type bien quand même. Remercier parce que somme toutes, s'il peut faire cela, c'est bien parce que Dieu lui en donne les moyens. Il ne commet pas de péchés, il s'adresse à Dieu, et certes il semble remercier, mais il se juge comme parfait. Il n'a besoin de personne. Le rituel lui donne bonne conscience.
13 Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : ‘Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !
Lui, il sait qu'il a besoin de Dieu, qu'il ne le mérite pas, vu le métier qu'il fait, mais il ose demander et il peut penser que Dieu lui sera favorable;
14Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »
DIMANCHE 30 MARS. Lc 15, 1-3, 15-32.
Texte de Royanais: https://royannais.blogspot.com/2025/03/le-fils-rapace-et-racaille-du-prodigue.html
Une phrase Joyce Meyer: mais comprenez qu'absolument tout dans votre vie dépend, non de vos mérites, de vos capacités ou de vos œuvres, mais du désir de Dieu d'utiliser sa puissance infinie pour combler vos besoins. C'est ça, la grâce. Méditez cette pensée aujourd'hui et observez votre foi grandir.
1 En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter.
2 Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux !
Finalement dans cette parabole, il est bien question de manger, presque de ripailler. Quelqu'un a écrit que Jésus n'allait pas seulement chez ces hommes considérés comme pécheurs, Matthieu, Zachée, mais qu'il invitait aussi chez lui. Pourquoi pas. Maintenant, est ce que manger avec des pécheurs cela vous contamine? Et puis, il y a pécheur et pécheur. Mais qui peut juger.
On a bien un repas, où tout le monde, serviteur, papa et fils (pécheur) mangent ensemble et le même repas avec le refus, qui peut d'ailleurs se formuler de la même manière: tu manges avec cet homme qui est un pécheur, moi pas question que je partage ce repas si lui, il reste là. De fait, c'est presque un choix qui est implicitement proposé au père; c'est lui ou moi.
3 Alors Jésus leur dit cette parabole :
11 « Un homme avait deux fils.
12Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens.
Je me suis toujours demandé si c'était possible. On n'hérite de quelqu'un que lorsqu'il est mort. Peut-être s'agit-il de la part maternelle, puisque celle-ci est complètement absente. Mais je ne sais pas. Ce qui est certain, c'est que normalement il y a partage entre les fils et que l'aîné, a reçu sa part, donc la manière dont il se plaint à la fin est un peu curieuse.
Contrairement à la parabole des talents, pas de fructification. L'un ne fait pas fructifier, l'autre fait comme s'il n'avait rien reçu, et continue à travailler pour son père, ce qui laisse à supposer que ça a été partagé en trois. Enfin ça, c'est encore pure imagination de ma part.
Là, le père ne part pas en voyage, mais c'est le demandeur qui s'en va dans un pays lointain;
13 Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
14 Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin.
15Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
16 Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
17 Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
18 Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. 19 Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.”
Bien heureuse famine. Mais le retour n'est pas motivé par la culpabilité, mais par l'opportunité. C'est ne plus avoir faim, c'est avoir un toit. Et les ouvriers de son père, sont certainement mieux considérés que lui dans ce pays lointain où il s'occupe des porcs.
20 Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Cela me fait un peu penser à Tobie qui attend le retour de son fils. C'est peut-être ce qui est le plus beau pour moi, ce père/mère qui attend contre vents et marées un retour, peut-être improbable et qui ne posera pas de questions, le prendra dans ses bras (malgré sa crasse, qui sentira la maigreur) et qui le relève au sens fort, qui lui rend sa place de fils. Qui ne pose pas de questions.
Comment le fils vit-il cela? Est-ce qu'au fond de lui, il sent l'amour donné, il sent monter la reconnaissance, il pleure lui aussi de joie? Aucune idée.
21 Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.”
22 Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
23 allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons,
24 car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer.
Reprise des paraboles précédentes, surtout brebis qui a été retrouvée et chargée sur les épaules et le repas de joie avec les amis. J'ai retrouvé ma brebis perdue.
25 Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
26 Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait. 27Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.”
Il faut dire que la réponse pas fausse, mais quand même très lapidaire du serviteur, a de quoi le contrarier. On fait la fête, juste parce qu'il est en bonne santé, il n'est pas estropié, il n'est pas malade, il n'inspire donc pas la pitié… Pas normal du tout.
28 Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier.
Là encore, il s'agit de sortir. Est-ce que le père, depuis le départ de son petit, passait du temps dehors à guetter? Je peux l'imaginer à la fenêtre. Là c'est vraiment sortir pour aller à la rencontre. C'est ce qu'il a fait pour le cadet, dès qu'il a reconnu la silhouette ou loin; sortir, aller à la rencontre. Les pharisiens peuvent -ils imaginer que leur Dieu est un Dieu qui sort (le Dieu qui était sous la tente et qui accompagnait son peuple… )
Un Dieu qui supplie. C'est aussi plus que sidérant. La supplication est du côté de l'homme, pas de Dieu, et pourtant, ah si tu m'écoutais…
Cela pourrait presque se dire: allez, rentre, viens manger, arrête de faire des histoires. Laisse ta colère, je la comprends, mais bon.. Viens, ta place est mise. (les invités à la noce).
29 Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressétes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Et voilà, le côté pharisien qui sort, je n'ai jamais transgressé. J'attends que tu me remercies, mais tu ne fais pas. Jamais tu n'as pensé à me donner un chevreau (même pas un veau), non nada. (on peut quand même se demander pourquoi il n'utilise pas les biens qui lui appartiennent, serait-il radin?).
30Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !”
Et la finale c'est "franchement tu exagères, tu te fous de moi". Pour moi, rien, pour lui tout. Il est vraiment très très en colère.
31 Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
32 Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »
Là, c'est la grande douceur. Le Père ne le prend pas de haut, il entend. Il lui répond d'abord à lui, en espérant faire tomber sa colère, tu n'as pas besoin de demander, tu peux prendre, comment as-tu pu l'oublier? Et puis, s'il te plait, ne gâche pas ma joie, ton frère est revenu chez nous, tu verras qu'il a changé (ça on l'espère), il était perdu il était comme mort, et le voilà revenu dans la vie. Il avait coupé les liens avec nous, mais aujourd'hui les liens sont rétablis, la sève circule à nouveau. Il est vivant. Il est retrouvé.