LUNDI 22 JUIN. Mt7, 1-5
1En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne jugez pas, pour ne pas être jugés ;
2de la manière dont vous jugez, vous serez jugés ; de la mesure dont vous mesurez, on vous mesurera.
3 Quoi ! tu regardes la paille dans l’œil de ton frère ; et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ?
4 Ou encore : Comment vas-tu dire à ton frère : “Laisse-moi enlever la paille de ton œil”, alors qu’il y a une poutre dans ton œil à toi ?
5 Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. »
Un commentaire sur le -hypocrite, que l'on associe aux pharisiens. Mais qui évoque aussi le masque derrière lequel on se cache, et on finit par croire, qu'on est juste parce qu'on essaye de faire comme, on imite, mais on ne fait pas avec amour.
MARDII 23 JUIN. Mt,7, 12-14
Curieux texte avec lequel j'ai toujours eu du mal. Qu'est ce qui est sacré? Dieu? Ne pas partager trop vite, savoir à qui on s'adresse? Les chiens et les pourceaux, cela renvoie bien aux gentils. Est-ce Jésus ou le narrateur?
6 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré ; ne jetez pas vos perles aux pourceaux, de peur qu’ils ne les piétinent, puis se retournent pour vous déchirer.
Ensuite la maxime au positif.
On dit que là Jésus reprend autrement ce qu'il dira autrement; Dieu et le prochain;
12Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes. »
13Entrez par la porte étroite. Elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la perdition ; et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent.
14Mais elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie ; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent.
Demander à l'esprit saint, d'enlever la poutre qui m'empêche de trouver et de voir cette porte. Ne pas avoir peur non plus de tomber sur le chemin étroit.
MERCREDI 24 JUIN. LC 1, 57-66, 80 Nativité de St Jean le Baptiseur.
Beau commentaire de St Augustin dans les heures.
Il y a beaucoup d'étonnement dans ces versets.
57 Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils.
58 Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle.
Étonnant le silence d'Elisabeth.. Peur de ne pas porter la grossesse à terme?
Je dois dire que j'aimerai mieux montrer la grandeur de son amour que de sa miséricorde. Dans le plan de Dieu, si j'ose dire, la stérilité d'Elisabeth était nécessaire pour que Jean puisse être le précurseur. Hélas la stérilité était considérée comme une malédiction, et la femme devait avoir fit quelque chose de mal. Peut-être que Zacharie était stérile… Et Dieu a levé la stérilité pour lui. Mais nous n'en saurons rien;
Par contre de Marie, il n'est plus question.
59 Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père.
60 Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. »
61 On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! »
Dans la plupart des généalogies, les enfants ne portent pas le nom de leur père. Est-ce pour dire que cet enfant, doit prendre la place de Zacharie, puisque celui-ci a quand même été porteur d'une infirmité?
62 On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler.
63Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné.
64 À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu.
65 La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements.
Passage de l'étonnement à la crainte.
66 Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui.
Cantique de Zacharie.
80L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël.
Étrange destinée de cet enfant. Vivre au désert.
JEUDI 25 JUIN. Mt 7, 21-29
21 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux.
Vous dites et ne faites pas..
22 Ce jour-là, beaucoup me diront : “Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, en ton nom que nous avons expulsé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?”
23 Alors je leur déclarerai : “Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui commettez le mal !”
Ils semblent avoir fait au nom de Jésus, mais il manque quelque chose; Peut-être que l'on peut faire des choses pour soi, pour sa propre gloriole, et même pas pour le frère. Le fait de faire de belles choses, n'est pas une condition unique. Cela fait un peu penser à certains scandales dans l'église. Oui, ils ont réalisé de vrais miracles, mais ils n'ont pas aimé leur prochain, ils ont fait du mal à leur prochain. Ils se sont aimés eux-mêmes, pas l'autre.
Jésus a dit beaucoup de choses dans ces trois chapitres. Bien sûr les béatitudes. Peut-être que ce que l'on entendu hier, faites aux autres ce que tu voudrais qu'ils fassent pour toi, est un peu une clé. Important aussi de savoir que Jésus est dans une certaine continuité, pas abolir mais accomplir.
24 Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc.
25 La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc.
26 Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable.
27 La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. »
28 Lorsque Jésus eut terminé ce discours, les foules restèrent frappées de son enseignement, 29car il les enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes.
Qui est-il pour parler ainsi.
VENDREDI 26 JUIN. Mt 8, 1-4
1Lorsque Jésus descendit de la montagne, des foules nombreuses le suivirent.
2 Et voici qu’un lépreux s’approcha, se prosterna devant lui et dit : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. »
3 Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » Et aussitôt il fut purifié de sa lèpre.
4 Jésus lui dit : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne l’offrande que Moïse a prescrite : ce sera pour les gens un témoignage. »
SAMEDI 27 JUIN MT, 8,5-17. 2 guérisons pour le prix d'une.
Je ne peux m'empêcher de faire un // avec le texte de vendredi. Jésus touche un homme lépreux, exclu de la société. Et là, même si pour nous ce centurion là (on ne sait rien de lui contrairement à Luc, reste quand même un envahisseur, un profiteur. Un exclu de la société juive. Et de même que Jésus n'a pas hésité à toucher le lépreux pour le guérir, il n'hésite pas à entrer chez un païen et à se souiller, à devenir impur aux yeux des juifs. C'est peut-être cette attitude qui provoque aussi un changement chez le centurion. Il pouvait forcer Jésus à aller chez lui, il se souvient qu'entrer chez lui, cela va avoir une incidence pour Jésus et il veut lui épargner un rejet. En même temps il pose un acte de totale confiance. Sauf que Jésus ne prononce pas au sens strict comme avec le lépreux une parole de guérison, mais c'est "rentre chez toi, et qu'il soit fait selon ta foi"; Ce qui se passe alors montre la foi de cet étranger, et c'est cela l'important. Lui il a compris que la parole ne revient pas sans avoir accompli ce qui est prévu (Is 55), il a compris que la parole de cet homme est parole du Très Haut.
Or s'il y a quelque chose dont Jésus se plaint et souffre, c'est bien du manque de foi;
5 En ce temps-là, comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia :
6 « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. » 7
Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. »
8 Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri.
9 Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. »
10 À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi.
11 Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux,
12 mais les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »
13 Et Jésus dit au centurion : « Rentre chez toi, que tout se passe pour toi selon ta foi. » Et, à l’heure même, le serviteur fut guéri.
14 Comme Jésus entrait chez Pierre, dans sa maison, il vit sa belle-mère couchée avec de la fièvre.
15 Il lui toucha la main, et la fièvre la quitta. Elle se leva, et elle le servait.
16 Le soir venu, on présenta à Jésus beaucoup de possédés. D’une parole, il expulsa les esprits et, tous ceux qui étaient atteints d’un mal, il les guérit, 1
17pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : ‘Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies.’
DIMANCHE 28 JUIN. Mt 10, 37-42
Pour la première lecture, M-N_ Thabut relit tout le chapitre et montre que ce qui est raconté là, raconte quelque chose de l'alliance;
IMAGE DE LA LONGUE ALLIANCE ENTRE DIEU ET SON PEUPLE
Voici donc l’histoire d’Elisée et de la famille sunamite. Mais quelle leçon l’auteur biblique en tire-t-il à notre profit ? Je vous l’ai dit, il considère cette histoire comme symbolique de l’Alliance entre Dieu et son peuple, Israël ; le prophète étant l’image de Dieu. On peut relever au moins cinq traits : d’abord, la durée de cette histoire dit la fidélité de Dieuque même l’incrédulité ne rebute pas.
Ensuite, la sollicitude sans faille de l’homme de Dieu pour son hôtesse dit la sollicitude constante de Dieu pour son peuple. Et cette sollicitude va jusqu’à vouloir habiter au milieu de son peuple, comme Elisée accepte de s’installer dans la chambre sur la terrasse ; (rappelez-vous toute l’histoire de la construction du Temple de Salomon : Dieu habite au milieu de son peuple). Plus tard, ce souci d’Elisée de redonner à la femme ses biens évoquent la promesse de Dieu de redonner à Israël sa terre ; or, vous savez qu’on pense généralement que le livre des Rois date de la période de l’Exil à Babylone : un moment où il est essentiel de relire l’histoire et de s’appuyer sur les promesses de Dieu. Enfin, la promesse de la naissance et la résurrection de l’enfant sont le signe que Dieu est le Dieu de la vie.
Quant à la femme, son attitude nous est donnée en modèle ; un modèle finalement bien simple à suivre : « accueillir le prophète en sa qualité de prophète », comme dira plus tard Jésus (Mt 10,41, notre évangile de ce dimanche) et faire une confiance si totale qu’on ose parler du fond de son cœur, y compris pour dire ses besoins et sa révolte. Heureuse la femme de Sunam qui a su reconnaître en Élisée un « saint homme de Dieu » ; mais au fait, nous savons désormais que Dieu habite le cœur de tout homme ; à nous de savoir l’y reconnaître et d’accueillir tout homme en conséquence.
A. NOUÏS;
Que je suis d'accord avec ça ! Prendre sa croix, le discipulat
Celui qui ne prend pas sa croix pour me suivre n’est pas digne de moi. L’expression « porter sa croix » a pris une valeur proverbiale pour évoquer une épreuve. Dans ce texte, n’importe quelle épreuve n’est pas une croix. Une croix est une épreuve subie à cause de notre fidélité à Jésus-Christ.
Vivre comme disciple du Christ peut conduire à certains renoncements, à certaines épreuves. Aujourd’hui nous ne sommes pas persécutés en France, mais la fidélité à l’Évangile peut avoir un coût.
Lorsque la foi chrétienne n’a aucun prix et qu’elle n’induit aucun renoncement, on peut se demander si on est encore disciple d’un crucifié ?
Accepter de perdre pour trouver
Celui qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. Vivre l’Évangile, c’est croire qu’il y a une vraie fécondité à prendre le risque de vivre les mains ouvertes.
Dans l’évangile, à deux reprises il est dit qu’une voix est descendue du ciel pour dire à propos de Jésus : Celui-ci est mon Fils bien-aimé. La première fois, c’est au moment du baptême de Jésus et le deuxième à la Transfiguration.
Au baptême, Jésus a accepté de devenir un homme au point d’être baptisé par le Baptiseur.
À la Transfiguration, Jésus vient d’annoncer sa passion pour la première fois.
C’est lorsque Jésus a été le plus petit qu’il a été publiquement déclaré Fils bien-aimé par le Père.
3e thème : L’évangile du verre d’eau
Quiconque donnera à boire ne serait-ce qu’une coupe d’eau fraîche à l’un de ces petits en sa qualité de disciple… ne perdra jamais sa récompense. L’évangile nous appelle à aimer et ce texte nous dit ce qu’est l’amour : partager un verre d’eau.
Lorsque Paul parle de l’amour dans la première épître aux Corinthiens, il ne parle pas de livrer son corps ni de distribuer tous ses biens, mais de pardonner, de croire et d’espérer. C’est dans la patience, dans les petites choses du quotidien qu’on aime.
J’aime l’expression de petite bonté qui réside dans l’accueil, l’attention à l’autre et le partage du verre d’eau.
Mt 10, 37-42
37 En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi .
Je crois que Nouïs, parle du verbe aimer; et ce n'est pas agapé, mais philein, qui peut renvoyer au narcissisme.
Le verbe aimer ici n’est pas agapaô qui est le verbe du commandement d’amour, mais phileô. Les deux autres apparitions de ce verbe dans l’évangile parlent d’un amour mal placé : ce sont les hypocrites qui aiment prier debout dans les synagogues (Mt 6.5) et les scribes et les pharisiens qui aiment avoir la première place dans les dîners et les premiers sièges dans les synagogues (Mt 23.6.). Le verbe utilisé ici suggère un attachement narcissique. Il peut arriver que des attachements familiaux soient pathologiques.
38 celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.
39 Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera.
40 Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé.
D
41Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ;'
D'où le texte de la geste d'Elisée, avec la Sunamite;
qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste.
Un homme ajusté à la volonté de Dieu? Le dernier des justes; le juste qui a sauvé des juifs pendant la guerre?
42 Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »
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