SEMAINE DU 10 AU 16 AOÛT. ÉVANGILES
LUNDI 10 AOÛT Jn 12, 24-26
Dans ce chapitre, on est au début 6 jours avant la Pâque, Jésus a redonné vie à Lazare; a eu l'onction à Béthanie. On peut supposer que 5 jours avant c'est l'entrée dans Jérusalem, et que c'est là que les grecs demandent à voir Jésus. André et Philippe viennent le dire à Jésus,
Jésus leur dit que c'est maintenant le moment où le fils de l'homme va être glorifié. Autrement dit pour moi, maintenant c'est le moment choisi qui s'accomplit. Et ce sont les versets de ce jour, qui peuvent s'appliquer aux disciples mais que Jésus accomplit en premier. Il montre l'exemple comme il montrera l'exemple pour le lavement des pieds.
24 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.
Sauf que le grain de blé, à conditions que la terre soit préparée et que la pluie soit au rendez-vous, ne peut pas faire autrement que de germer au bout d'un certain temps. Là Jésus est le grain de blé, ce qui pour moi ce matin évoque le discours sur le pain qui donne la vie. S'il n'y a pas de pain à recevoir, à partager, la vie n'est pas. La vie est possible parce que le pain est là, parce qu'avant le grain de blé a en quelque sorte donné sa vie pour que l'épis sorte de son enveloppe.
25 Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle.
L'aimer lui, où que cela puisse mener.
26 Si quelqu'un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, mon Père l’honorera. »
Être honoré par le Père..
En tous les cas, cela illustre bien le choix de vie de Laurent le diacre;
MARDI 11 AOÛT. MT 18, 1-5, 10
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Mt 17 22 Comme ils étaient réunis en Galilée, Jésus leur dit : « Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes .
Juste après la transfiguration, qui de fait est chez Matthieu encadrée par ces deux annonces, ça a dû être difficile pour les disciples en Galilée.
1 À ce moment-là, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Qui donc est le plus grand dans le royaume des Cieux ? »
2 Alors Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d’eux,
3et il déclara : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
4 Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux.
5 Et celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom, il m’accueille, moi.
C'est drôle, j'avais toujours entendu quelque chose qui renvoie aux disciples entre eux. Là c'est une autre question, qui est le plus grand (que faut-il faire ou être) pour être celui qui a le plus de chance d'être un grand chef dans ce royaume promis. Et là, il ne va s'agir de faire, mais d'être, d'être comme un enfant (mal vu à cette époque dit-on), puis d'être comme un petit.
Le dernier verset peut s'entendre comme celui qui ouvre son cœur pour ne pas rejeter un enfant, alors qu'il n'a pas forcément envie, que cet enfant ne lui donnera rien (enfin ça c'est à voir), c'est Jésus qui est doux et humble de cœur qu'il accueulle.
06 Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, il est préférable pour lui qu’on lui accroche au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’il soit englouti en pleine mer.
07 Malheureux le monde à cause des scandales ! Il est inévitable qu’arrivent les scandales ; cependant, malheureux celui par qui le scandale arrive !
08 Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le et jette-le loin de toi. Mieux vaut pour toi entrer dans la vie éternelle manchot ou estropié, que d’être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel.
09 Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans la vie éternelle, que d’être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu.
10 Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux.
En d'autres termes ne jugez pas, ne vous fiez pas aux apparences.
12 Quel est votre avis ?
Si un homme possède cent brebis et que l’une d’entre elles s’égare, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée ?
13 Et, s’il arrive à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées.
14 Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. »
Donc malheur a vous si vous êtes cause de scandale pour un seul de ces petits et à vous d'aller les chercher pour qu'ils ne soient pas perdus;
12 AOÛT. Mt 18, 15-20
On est bien dans les règles de vie ou de survie de la nouvelle communauté.
15 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère.
Il me semble que bien souvent on dit si ton frère a péché fais lui des reproches, en quelque sorte, comme on dit maintenant, "confronte le" et qu'on oublie le "contre toi". Il s'agit bien de quelque chose qui dérape dans la relation dite fraternelle communautaire. Et faire ce travail là, travail qui est difficile, me semble indispensable. C'est pouvoir dire aussi ce qu'on a ressenti, mais ne pas le dire n'importe comment. Peut-on dure qu'il s'agit de quelque chose qui a provoqué une blessure (comme on dit maintenant)?
Donc premier temps, l'intime. Puis si ça ne va pas, on élargit le cercle. Mais il s'agit quand même d'une affaire qui doit avoir une certaine importance, puisqu'au final ça va vers l'exclusion.
16 S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins.
17 S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain.
Il s'agit alors d'une décision ecclésiale et la faute commise n'est pas n'importe quelle faute. Je penserai plutôt à ce que Jésus dit de celui qui scandalise un seul de ces petits, cela peut être par la conduite, mais aussi pour du doute, par dire du mal. Par mettre en cause l'autorité de quelqu'un, mais est ce que cela est une faute contre le frère?
Est-ce que c'est déjà au niveau de l'hérésie, et qu'est -e que péché contre son frère?
Ce qui repose pour moi cette question au niveau de la phrase : tu m'as blessé" parce que celui est l'agresseur, bien souvent ne sait pas qu'une phrase anodine peut compte tenu du passé de l'autre, faire très mal. Compliqué.
18 Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.
Comme on dit tu ne l'emporteras pas au paradis. Heureusement que personne ne sait ce qui peut se passer au moment de la mort;
19 Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux.
On peut supposer que ce qui s'est passé avant renvoie à la discorde, au doute, à la colère et surtout à la scission. Là jésus oppose la scission qui va vers la solitude et l'union.
20 En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »
Comme tous ans, je bute sur le pareillement.Peut-être qu'il s'agit d'opposer deux frères qui se font du mal à deux frères qui sont en paix et qui peuvent prier pour obtenir quelque chose. Le père regarde l'était de ceux qui prient. Ça c'est peut-être important.
JEUDI 13 AOÛT. Mt 18, 21_35, 19,1
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2 1 En ce temps-là, Alors Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? »
22Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.
Si on prend le texte de la messe, on a l'impression que Pierre a un peu ruminé tout ce qui a été dit sur ce qu'on appelle de nos jours la correction fraternelle. Dans l'évangile, cela donne au contraire l'impression que c'est une réaction que l'on pourrait tous avoir.
Et comme manifestement c'est presque impossible à "admettre" alors Jésus explique à sa manière.
Il y a d'abord cet homme, qui reçoit quelque chose d'immense, qui a su toucher les tripes du Roi (il est assez extraordinaire ce Roi là, qui rend une justice qui n'est pas juste) au sens au quel nous aurions tendance à l'entendre).
Mais quelque part, (il me fait un peu penser au fils de la parabole de Luc qui vient pour ne pas crever de faim, et qui ne comprend peut-être pas la miséricorde, l'amour de son vieux père pour lui.
Quelque part, il a juste eu de la chance, il a su y faire . Il y a quelque chose qui permet de comprendre a minima, comment il a pu se mettre dans une telle situation. La partie bonne en lui, n'est pas atteinte. Il n'est pas transformé.
Alors quand il retrouve cet autre qui lui doit des sous, il lui saute dessus (comme un ennemi sur sa proie) pour se faire rembourser et la demande de l'autre il ne l'entend pas;
Heureusement qu'il y a des témoins et qu'une certaine jsutice est faite; Mais pourquoi ce qui s'est passé a glissé sur lui? Est-ce que parfois, je ne suis pas un peu comme cela… Ne pas voir, ne pas entendre, ne pas se dire Dieu est capable de cet amour qui peut déplacer une montagne et ce pour moi.
23 Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
24 Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).
25 Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette.
26 Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.”
27 Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.
28 Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !”
29 Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.”
30 Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
31 Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé.
32 Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié.
33 Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?”
34 Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.
35 C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »
19, Lorsque Jésus eut terminé ce discours, il s’éloigna de la Galilée et se rendit dans le territoire de la Judée, au-delà du Jourdain.
VENDREDI 14 AOÛT. MT 19, 3-12. On est en Judée…
3 En ce temps-là, des pharisiens s’approchèrent de Jésus pour le mettre à l’épreuve ; ils lui demandèrent : « Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif ?
Il est possible que tout se joue sur le n'importe quel motif car il me semble que dans le deutéronome, le motif est plus que vague. Mais là, il s'agit de trouver quelque chose pour le mettre en défaut et donc maintenant qu'il est en Judée, de le disqualifier.
4 Il répondit : « N’avez-vous pas lu ceci ? Dès le commencement, le Créateur les fit homme et femme,
5 et dit : ‘À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair.’
6 Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
La Pasteure N.Fabre fait remarquer qu'il y a bien une séparation nécessaire, d'avec les ascendants du côté de l'homme (ce ne semble pas être symétrique, comme si - et hélas c'est que qu'on peut lire par exemple avec Mika la femme de David qui est reprise par le père Saul et donné à un autre). Comme si la femme restait en partie propriété de sa famille.
Mais là Jésus s'appuie sur la Genèse et se moque un peu des pharisiens qui ne savent pas lire et interpréter. Une seule chair, désir de Dieu, et on ne peut pas faire autrement qu'obéir.
7 Les pharisiens lui répliquent : « Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit la remise d’un acte de divorce avant la répudiation ? »
8 Jésus leur répond : « C’est en raison de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de renvoyer vos femmes. Mais au commencement, il n’en était pas ainsi.
Il peut être nécessaire parfois de quitter des règles que personne ne peut tenir, enfin là il s'agit essentiellement des hommes.
9 Or je vous le dis : si quelqu’un renvoie sa femme – sauf en cas d’union illégitime – et qu’il en épouse une autre, il est adultère. »
Au total Jésus remplace la règle floue de Moïse par une règle compréhensible : pas de renvoi sauf en cas d'union illégitime.
10 Ses disciples lui disent : « Si telle est la situation de l’homme par rapport à sa femme, mieux vaut ne pas se marier. »
11 Il leur répondit : « Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné.
Réaction assez violente des disciples (pas d'accord avec toi… Vaut mieux ne pas se marier si on est obligé de rester avec son épouse toute sa vie.
12 Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ;
il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes ;
il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du royaume des Cieux.
Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne ! »
Pas si simple
SAMEDI 15 AOÛT. ASSOMPTION Lc 1, 39-56 (visitation).
Homélie qui passe en revue toutes les fêtes de Marie. Cela m'a semblé bien bien long.
39En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
40 Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
41 Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
Il s'en suit une transformation visible (enfin de ceux qui lisent). D'une femme qui s'est cachée toute sa vie à cause de sa stérilité, voilà qu'elle parle d'une voix forte et qu'elle devient prophète. L'enfant trésaille et transmet la puissance de vie qu'il vient de recevoir à sa mère.
42 et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
43 D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
44 Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
45 Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Peut-être que c'est une béatitude assez universelle. Heureux ceux et celles qui ont cru (ou qui croient à li 'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. Parfois cela peut-être quelqu'un qui vous dit une parole qui vient bien du Seigneur. Là, il est question d'accomplissement et le oui de Marie, ou le je suis la servante, provoque quelque chose d'immédiat en elle.
46 Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur,
47 exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Merci.
48 Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Paroles prophétiques; mais qui peut évoquer Judith qui en tranchant la tête d' holopherne est surement considérée comme bien heureuse.
49Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !
50 Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.
Louange.
51 Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
52Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
53 Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.
54 Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,
55 de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. » 56 Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.
DIMANCHE 16 AOÛT. MT 15, 15-21
https://giboulee.blogspot.com/2023/08/mt-15-21-28-la-femme-syro-phenicienne.html
Homélie consacrée aux guides. Savoir faire demi tout.. S'adapter aux changements. La cordée;
21 En ce temps-là, partant de Génésareth, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon.
22 Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »
23 Mais il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! »
En général quand Jésus se retire d'une région, c'est qu'il est préférable pour lui de se mettre à l'abri. Son heure n'est pas venue.
Pour ma part, je pense que cette femme a entendu parler de Jésus et qu'il y a déjà des tentatives de chasser ce démon qui s'est emparé de son enfant. Alors quand elle apprend que Jésus arrive, elle sait au plus profond d'elle-même que c'est celui-là et celui-là seul qu'elle veut pour sauver sa fille. Celui-là et pas un autre. Alors elle va se battre pour ça.
L'attitude de cette femme est très différente de celle décrite par la suite pour la demande de guérison de l'enfant épileptique, mais la demande est faite pas un homme, un homme déçu par les disciples qui n'ont rien pu faire.
Ici les disciples non seulement ne font rien, mais ils demandent à Jésus de la renvoyer, parce qu'elle fait trop de bruit, elle gueule trop. Le rédacteur parle seulement de la phrase prends pitié de moi, Seigneur Fils de David (très proche de celles des aveugles de Jéricho), et qui est pourtant très sobre. C'est Seigneur, viens à mon secours, il n'y a que toi qui puisse m'aider et guérir ma fille !
Donc du côté de Jésus, pas le moindre geste, comme si ça glissait sur lui, du côté des disciples, c'est elle nous ennuie (et je suis polie), fais-la taire, et du côté de la femme, c'est je m'accroche à lui, non je ne me tairai pas.
24 Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. »
25 Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! »
Jésus prend la parole, comme pour expliquer aux disciples qu'il a lui-même envoyé en mission uniquement aux brebis perdues de la maison d'Israël qu'il n'a pas été envoyé pour les païens (ce qui assez contraire au texte d'Isaîe de la première lecture).
Elle a entendu, mais elle fait comme si elle n'avait pas entendu. Et elle s'adresse directement à lui, en se prosternant (en le reconnaissant comme quelqu'un devant qui on se prosterne). Et là, elle ne crie pas, elle parle.
26 Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. »27 Elle reprit : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »
28 Jésus répondit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.
La phrase de Jésus est assez violente : toi ne viens pas voler le pain que je donne aux miens, ce pain n'est pas fait pour des chiens de païens comme toi. Il n'est pas pour toi.
Est-ce que la femme a entendu parler de la multiplication des pains et des douze corbeilles avec les restes? Prendre les restes ou les miettes, ça ne prive personne. Mais pourquoi J2sus fléchit-il à ce moment-là? Que perçoit-il chez cette femme? Peut-être qu'elle reconnaît en lui bien plus qu'un thaumaturge, et que sa confiance en lui n'est pas entamée par cette rudesse. Finalement je ne sais pas. Ce qui est certain c'est que le regard de Jésus change, il ne voit plus la femme païenne, mais la femme qui a foi en lui, envers et contre tout et qui ne lâche pas.
Et la guérison se fait, mais là aussi avec une phrase ambigue. Que tout se passe comme tu le veux (toi). Est-ce que cette femme, comme la femme qui perdait du sang, a fait qu'une force est sortie de Jésus?
Mais même si on dit que Jésus a changé à ce moment-là, qu'il a perçu qu'il devait aller plus loin (ce qui sera confirmé par la seconde multiplication des pains), il me semble que c'est au-delà de cette connaissance.
La femme est allée au devant de Jésus, elle a pris le risque de se faire jeter, et elle l'a été, mais elle demeure quelle que part debout. (Même si elle se prosterne). Elle sait que homme là, est plus que ce qu'elle en voit, qu'il est Dieu et qu'il est bien plus puissant que les dieux qu'elle a adorés jusque là. C'est en lui qu'elle met son espérance et sa foi, en lui seul. Alors miettes ou pas, quelque chose change dans le regard. Elle n'est plus une cananéenne, elle est une croyante. Sa fille est possédée par un esprit mauvais, elle, elle reçoit de l'Esprit Saint.
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