LUNDI 9 FÉVRIER. Mc 6, 53-57
Après la tempête et la marche sur les eaux.
On ne peut qu'être admiratif devant cet élan de foi. Ce qui m'interroge peut-être c'est "ils reconnurent Jésus". Est-ce qu'ils pensaient qu'il aurait pu périr dans la tempête? Le "et aussitôt" est un peu curieux. Certes ce sont les disciples et normalement Jésus ne devrait pas être avec eux. Si les habitants se posent des questions, ils n'en disent rien, ce qui est différent de ce qui se passe dans l'évangile de Jean. Là, c'est comme si, le groupe des apôtres s'ouvre et que Jésus en sort et est reconnu. Presque une image de résurrection : les cieux qui s'ouvrent et le Fils de l'homme qui surgit. C'est une reconnaissance devant cette bonne nouvelle etc'est différent de ce qui s'est passé à Nazareth.
Et cela procure un élan de vie : chercher tous ceux qui sont dans le besoin et les conduire à cet homme (miraculé?) miraculeux. Et cet élan de vie, donne la vie, est transmis à tous ceux qui touchent.
C'est magnifique.
Cela fait un contraste énorme avec le début du chapitre 7, qui commence par la remarque désobligeante des pharisiens sur les mains pas lavées et le conflit entre tradition et Loi donnée à Moïse et qui devient vidée (mais c'est plus fort que ça), c'est perverti par l'usage des tradition? Vidée de son sens, dans un but précis, donner de l'argent au temple. Ce qui revient presque à faire du temple un lieu d'idolâtrie.
GUILLAUME suppose que Jésus aborde en décapole et s'extasie sur l'homme de Gérasa qui a par son témoignage fait connaître Jésus dans tout le pays. Normalement ils devaient aller du côté de Bethsaïde, on nous a dit que les vents étaient contraires, donc ils n'ont pas du bouger énormément. Par contre Génésareth est à l'oppose de Capharnaüm, lieu que Jean retient pour le discours sur le pain de vie. Je suis un peu perplexe quand même.
53 En ce temps-là, après la traversée, abordant à Génésareth, ils accostèrent.
54Ils sortirent de la barque, et aussitôt les gens reconnurent Jésus.
Tous ceux-là ne sont pas au courant de ce qui s'est passé avant, multiplication des pains et la tempête. Enfin peut-être que la tempête ils l'ont ressentie, mais là, c'est plutôt un cadeau pour eux. Une barque, du monde et ce Jésus, le guérisseur. Alors, c'est "le bouche à oreille" qui fonctionne. " Le Jésus, il est chez nous"
55 ils parcoururent toute la région, et se mirent à apporter les malades sur des brancards là où l’on apprenait que Jésus se trouvait.
Là; ces sont des braves gens qui parcourent toute la région, qui appellent; et c'est la région qui va être comme purifiée à ton contact.
56 Et dans tous les endroits où il se rendait, dans les villages, les villes ou les campagnes, on déposait les infirmes sur les places. Ils le suppliaient de leur laisser toucher ne serait-ce que la frange de son manteau. Et tous ceux qui la touchèrent étaient sauvés.
Importance du toucher. Ce n'est pas guéris, c'est plus que cela. Aie seulement la foi. La frange c'est ce qui touche le sol, ce n'est même pas très propre. Pour les infirmes, ça ne doit pas être facile. Du coup, j'imagine comme une chaine humaine, qui relient Jésus à la personne qui demande la guérison. Importance des frères;
MARDI 10 FÉVRIER. Mc 7, 1_13
Est-ce qu'on n'en est pas là à nouveau? Poids des traditions qui étouffe la parole de Dieu et la Parole du Fils, même le souffle de l'esprit.
1En ce temps-là, les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem, se réunissent auprès de Jésus,
2 et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées.
En gros, ça commence vraiment à intriguer, puisque même ses scribes venus de Jérusalem sont là, et qu'ils "regardent" dans un but de déconsidérer. Sur RCF, le commentateur, parle des règles données pour ceux qui participent au service du temple, d'où la pureté, mais que les pharisiens veulent appliquer à tout le monde. Tout ce qui est entrave à la vie, doit être purifié.
3 – Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, par attachement à la tradition des anciens ;
4 et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d’autres pratiques : lavage de coupes, de carafes et de plats.
Manifestement c'est de l'explicatif pour ceux qui découvrent Jésus.
5 Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas avec des mains impures. »
6 Jésus leur répondit : « Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites, ainsi qu’il est écrit : ‘Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi.
7 C’est en vain qu’ils me rendent un culte ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains.’
Attachement maladif ou regard tourné vers Dieu et vers le prochain;
8 Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes. »
9 Il leur disait encore : « Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour établir votre tradition.
10 En effet, Moïse a dit : ‘Honore ton père et ta mère.’ Et encore : ‘Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort.’
11 Mais vous, vous dites : Supposons qu’un homme déclare à son père ou à sa mère : “Les ressources qui m’auraient permis de t’aider sont ‘korbane’, c’est-à-dire don réservé à Dieu”, 12alors vous ne l’autorisez plus à faire quoi que ce soit pour son père ou sa mère ;
13 vous annulez ainsi la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez. Et vous faites beaucoup de choses du même genre. »
MERCREDI 11 FÉVRIER. (POUR BEAUCOUP N-D DE LOURDES). Mc 7, 14-23
On a eu le temps avec les scribes, que Jésus met un peu KO.
Là, on a un temps avec la foule, mais on peut penser que c'est une question qui se pose dans les nouvelles communautés, si des juifs veulent imposer (outre la circoncision), les règles alimentaires qui viennent quand même de la Tora. Donc Jésus est formel, et s'il dit écoutez moi, c'est que c'est important ce n'est pas ce qui rentre dans la bouche de l'homme qui le rend impur parce que ça n'y reste pas.
Sauf que pour moi, il y a la fellation imposée qui fait que la souillure est là, et qu'elle est quasi permanente. Je sais que Jésus s'adresse aux hommes en général, pas aux femmes ou aux enfant qui subissent ce viol, mais ceux là, ne peuvent pas évacuer ce qu'on a mis de force en eux.
14 En ce temps-là, appelant de nouveau la foule, Jésus lui disait : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien.
15 Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur. »
16[…]
C'est presque amusant, sur le "de nouveau" c'est comme si lorsque le conflit est là avec les pharisiens, la foule, s'en va. Elle ne se sent pas concernée, ou peu;
17 Quand il eut quitté la foule pour rentrer à la maison, ses disciples l’interrogeaient sur cette parabole.
18 Alors il leur dit : « Êtes-vous donc sans intelligence, vous aussi ? Ne comprenez-vous pas que tout ce qui entre dans l’homme, en venant du dehors, ne peut pas le rendre impur,
19 parce que cela n’entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, pour être éliminé ? »
C’est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments.
Discours très clair ici. Il y a une différence entre des aliments qui peuvent faire du mal au corps (et du coup peut-être à l'esprit, spiritus) et rendre tout le corps impur.
20 Il leur dit encore : « Ce qui sort de l’homme, c’est cela qui le rend impur.
21 Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, vols, meurtres,
22 adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure.
23 Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. »
Là, on croit presque entendre Paul. L'homme.
Comment contrôler les pensées? Importance de l'esprit.
JEUDI 12 FÉVRIER. Mc 7, 24-30. La femme syro phénicienne. La païenne.
ce qui m'étonne un peu, c'est que de grandes foules sont déjà venues à Jésus pour se faire guérir, dont des gens de cette région. Et Jésus ne fait pas d'histoire, il ne demande pas si le possédé ou le malade est juif ou pas. Pourquoi est-ce que c'est différent là? Qu'est-ce que Marc veut nous faire comprendre? Que le Salut est d'abord proposé au peuple élu. Bon ça se comprend. Mais pourquoi cette exclusion? Est-ce que Jésus a peur de se faire une fois de plus mal voir? Est-ce qu'il a peur de ne pas être compris? Pourtant Isaïe parle bien des nations et des iles lointaines.
Peut-être qu'il veut (que Marc veut) nous faire comprendre que ce qui compte, ce n'est plus l'appartenance à une race, à une nation, mais la foi en un homme, appelé Jésus. Il y a en cette femme la même foi que l'on a entendu chez la femme hémorroïsse.
24 En ce temps-là, Jésus partit et se rendit dans le territoire de Tyr. Il était entré dans une maison, et il ne voulait pas qu’on le sache, mais il ne put rester inaperçu :
. Cela suppose qu'il y a des gens qui l'accueillent et le connaissent. S'il est avec ses disciples, il ne peut pas passer inaperçu. C'est peut-être juste le lieu, mais manifestement ça ne marche jamais. Donc le guérisseur est là. Et cette femme qui entend parler de lui, qui a une petite fille malade, va jouer le tout pour le tout. Elle va le trouver. Il faut que sa fille guérisse.
25 une femme entendit aussitôt parler de lui ; elle avait une petite fille possédée par un esprit impur ; elle vint se jeter à ses pieds.
26 Cette femme était païenne, syro-phénicienne de naissance, et elle lui demandait d’expulser le démon hors de sa fille.
C'est la même posture que celle de Jaïre, Mais la réponse est bien différente.
27 Il lui disait : « Laisse d’abord les enfants se rassasier, car il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. »
28 Mais elle lui répliqua : « Seigneur, les petits chiens, sous la table, mangent bien les miettes des petits enfants ! » Alors il lui dit :
Est-ce que les petits enfants veulent être rassasiés? C'est peut-être ce qui se passe entre Jésus et cette femme qui va permettre la seconde multiplication des pains, en territoire non juif. Sa foi à elle, ouvre un chemin aux autres.
Je sais que lors de l'exode, en 1940, quand nous sommes arrivés à Bordeaux, j'avais deux semaines max et je n'étais pas en bon état, Maman est allée supplier le maire de Bordeaux de lui donner des bons pour avoir du lait en poudre, et pour moi, elle aurait fait n'importe quoi pour en avoir, un peu comme cette femme. C'est une démarche universelle que de supplier pour son enfant.
29 « À cause de cette parole, va : le démon est sorti de ta fille. »
Elle dit quoi (c'est moins explicite que chez Matthieu pour une fois. Elle lui dit qu'elle sait qu'elle est impure comme les petits chiens, mais elle sait que sa puissance est telle, que même les miettes, seront suffisantes pour sauver sa petite fille. Elle ne veut pas voler quelqu'e chose qui ne lui appartient pas, (elle ne met pas la main sur Jésus, même si chez Matthieu, elle fait vraiment le siège), elle veut juste que sa fille aille bien et comme le centurion, elle se contente de la parole.
30 Elle rentra à la maison, et elle trouva l’enfant étendue sur le lit : le démon était sorti d’elle.
Comment ce retour s'est-il passé pour elle? Un peu comme dans l'évangile de Jean, la guérison du fils du dignitaire, qui se contente d'une parole et qui prend un long chemin pour retourner chez lui. Doute, ou foi?
Est-ce que moi je m'en serai contentée? Est-ce que j'aurais été dans la joie d'avoir pu parler, demander et avoir été écoutée? Je ne sais pas trop.
Mais je pense qu'elle ouvre un chemin dans le cœur de Jésus.
Matthieu 15, 22-28 | Marc 7, 24-30 |
21 Partant de là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon.
| 24 En partant de là, Jésus se rendit dans le territoire de Tyr. Il était entré dans une maison, et il ne voulait pas qu’on le sache. Mais il ne put rester inaperçu :
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22 Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »
23 Mais il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! »
24 Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » 25 Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! »
| 25 une femme entendit aussitôt parler de lui ; elle avait une petite fille possédée par un esprit impur ; elle vint se jeter à ses pieds. 26 Cette femme était païenne, syro-phénicienne de naissance, et elle lui demandait d’expulser le démon hors de sa fille. |
26 Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » | 27 Il lui disait : « Laisse d’abord les enfants se rassasier, car il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » |
27 Elle reprit : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »
| 28 Mais elle lui répliqua : « Seigneur, les petits chiens, sous la table, mangent bien les miettes des petits enfants ! » Alors il lui dit :
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28 Jésus répondit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie. | 29 « À cause de cette parole, va : le démon est sorti de ta fille. » |
30 Elle rentra à la maison, et elle trouva l’enfant étendue sur le lit : le démon était sorti d’elle.
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VENDREDI 13 FÉVRIER. Mc 7, 31-37
https://giboulee.blogspot.com/2022/02/marc-7-31-37-ils-lui-demandaient-de.html
31 En ce temps-là, Jésus quitta le territoire de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction de la mer de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole.
32 Des gens lui amènent un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler et supplient Jésus de poser la main sur lui.
Lui ne sait pas ce qui se passe. Lui, il est passif. On le conduit à un homme qu'il ne connait pas, on parle devant lui. Peut-être que s'il parle il sait un peu lire sur les lèvres. Qui est cet homme?
33 Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, avec sa salive, lui toucha la langue.
34 Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! » 35Ses oreilles s’ouvrirent ; sa langue se délia, et il parlait correctement
Et voilà que cet homme le prend par la main (ou pas) mais lui fait signe de le suivre. Et manifestement il fait comprendre aux autres de ne pas venir. Qu'est ce qui va se passer?
Là Jésus se comporte avec lui comme tout guérisseur. Il touche les oreilles, il met sa salive sans sa langue (je dirai presque dans sa salive, comme pour la changer, la transformer). Peut-être que ces gestes sont là pour expliquer ce que Jésus veut pour lui, à la demande de ces "gens" qui l'ont conduit à cet homme.
Jusque-là Jésus le regarde, maintenant il ne le regarde plus. Il a les yeux tournés vers le ciel et manifestement il prie. Il soupire et le souffle divin est là, sur cette souffrance. Une parole, ouvre toi, et le ressenti de l'homme qui entend le bruit du vent autour de lui, qui comprend qu'il est guéri et qui se met à parler. Libération. Il est libre, libre comme l'air qui l'a enveloppé à un moment. Il n'est plus infirme, il est guéri.
Le correctement, me fait penser à la guérison du possédé dans Luc. L'homme est vêtu correctement. Le lien social est rétabli.
.
On retrouve le "il soupira" juste après quand les pharisiens demandent à Jésus un signe.
36 Alors Jésus leur ordonna de n’en rien dire à personne ; mais plus il leur donnait cet ordre, plus ceux-ci le proclamaient.
37 Extrêmement frappés, ils disaient : « Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets. »
Il y aurait deux références, une à Isaïe 29, 18, une à un psaume : Comme leurs idoles ils « ont une bouche et ne parlent pas… des oreilles et n’entendent pas. » (Psaume 113) Or voilà que l’Évangile de ce jour nous donne une pitoyable illustration de ce monde païen : un sourd muet est amené à Jésus.
SAMEDI 14 FÉVRIER. LC 10, 1-9 STS CYRILLE ET METHODE.
(messe ppur la dédicace d'une église, à St Pierre du Perray). Pierre vivantes (un peu la thématique de l'homélie de l'évêque).
Priez et allez. Dites, restez. Guérissez et dites..
Dite paix à cette maison.
Dites le règne de Dieu s'est approché.
1 En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre.
2 Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
3 Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. 4Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. 5Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’ 6S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. 7Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. 8Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. 9Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” »
DIMANCHE 15 FÉVRIER. Mt 5, 17-37
Un nom savant pour ce type de discours : on vous a dit et moi je vous dis. Les antinomies;
Lire en allant au delà de la tradition;
Les modalités de cet interdit dépendent des cultures. Dans l’évangile, Jésus lui donne l’extension la plus large en le poussant jusqu’à la colère. Il ne suffit pas de ne pas tuer son prochain, il faut aussi ne pas l’humilier, ne pas l’abaisser, ne pas le mépriser. Bonhoeffer a dit que depuis l’évangile, entre moi et mon prochain il y a le Christ, il devient une image de Dieu. Abaisser mon prochain, c’est abaisser Dieu lui-même.
Dans ce paragraphe, Jésus dénonce l’hypocrisie de ceux qui sont de bons pratiquants religieux et qui aiment vivre dans le conflit au dehors. C’est l’attitude du pharisien de la parabole qui jeûne deux fois par semaine et qui donne la dîme de ses revenus, mais qui méprise le collecteur d’impôt qui n’est pas aussi vertueux que lui.
Tu ne sortiras pas de là avant d’avoir payé jusqu’au dernier quadrant, autrement dit : tu seras plus sévèrement jugé sur la façon dont tu traites ton prochain que sur ton offrande. Cette parole s’adresse aux fidèles, ceux qui ne mettent pas les pieds à l’Église, au moins, ne sont pas hypocrites.
Comme pour le meurtre, Jésus étend le champ de l’adultère à la convoitise. Au fond de lui chacun sait quelle est la différence entre l’admiration devant une belle personne et la convoitise, entre la rencontre et la séduction.
Comment ne pas convoiter ? La tradition a posé deux principes : L’interdit. Je ne convoite pas ce qui m’est inaccessible. Un citoyen ne convoitera pas la fille du roi mais la fille de son voisin. Toutes les femmes sont aussi sacrées que la fille du roi !
Et la reconnaissance pour ce qu’on a, comme antidote à la convoitise de ce que l’on n’a pas.
17En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
18 Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise.
19 Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »
20 Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
21Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne commettras pas de meurtre’, et si quelqu'un commet un meurtre, il devra passer en jugement.
22 Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu.
23 Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
24 laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.
25Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. 26Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »
27 Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu ne commettras pas d’adultère.’
28 Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur.
29 Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne.
30 Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne.
31 Il a été dit également : ‘Si quelqu’un renvoie sa femme, qu’il lui donne un acte de répudiation’.
32 Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, la pousse à l’adultère ; et si quelqu’un épouse une femme renvoyée, il est adultère. »
33 Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne manqueras pas à tes serments, mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur.’
34 Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout, ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu, 35ni par la terre, car elle est son marchepied, ni par Jérusalem, car elle est la Ville du grand Roi. 36Et ne jure pas non plus sur ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir.
37 Que votre parole soit “oui”, si c’est “oui”, “non”, si c’est “non”. Ce qui est en plus vient du Mauvais. »
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