vendredi 10 septembre 2021

SEMAINE DU 5 AU 11 SEPTEMBRE. ÉVANGILES.

 


 

DIMANCHE 5 SEPTEMBRE. Mc 7, 31-37


reçu ce verset, il y a des années lors qu'une retraite Jericho à Tigery. Chacun recevait un verset. Et je n'avais pas aimé, cela m'avait heurtée. Peut-être que s'ouvrir n'est pas si simple, même si c'est jésus qui le demande à son Père. Ouvre moi à ton Esprit, car je sais que se laisser toucher ce n'est pas toujours si simple. 

 

31 En ce temps-là, Jésus quitta le territoire de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction de la mer de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole. 

32 Des gens lui amènent un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler et supplient Jésus de poser la main sur lui. 

 

Logiquement jésus est chez des païens. On doit savoir qu'il est un guérisseur et on le amène un homme sourd qui ne peut pas parler, et on lui demande de le guérir en lui imposant les mains, mais là, c'est poser la main sur, c'est un geste de toucher. 

 

33 Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, avec sa salive, lui toucha la langue. 

 

Et des gestes de toucher, il y en a un commentateur dit que Jésus met de ce qui a lui et en lui, la salive pour réparer ce qui manque à cet homme (à l'humanité pourrait-on dire), et c'est ce qu'il fait avec le don de l'eucharistie. Je dois dire que j'aime beaucoup. Il y a aussi une scène qui se passe dans l'intime, avec des gestes que le sourd doit pouvoir comprendre, puisqu'il ne sait pas ce qui lui arrive. Jésus il ne le connait pas, il ne sait rien de lui. Il y a donc dans le "à l'écart" l'idée de commencer par rassurer, et le premier geste sur les oreilles, ou dans les oreilles, ce qui est différent, puis le geste sur la langue. Peut-être que Jésus a ouvert sa propre bouche pour que l'homme comprenne, car ce n'est qu'après que la parole va être prononcée et devenir agissante.

 

34 Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! »

35 Ses oreilles s’ouvrirent ; sa langue se délia, et il parlait correctement. 

 

Pourquoi cette phrase me fait penser à ce qui se passe le soir de la Cène? Les yeux levés au ciel, (il prit du pain, le rompit) et dit. Là il y a ce soupir, que je ne comprends pas. Comme si ce n'était pas le moment, comme si on lui en demandait trop. Que peut-on mettre derrière ce soupir? Et c'est le "ouvre-toi" qui peut aller bien au-delà de l'ouverture des sens visibles.  Il y Il y a bien guérison, mais peut-être que cela va au-delà.

 

36 Alors Jésus leur ordonna de n’en rien dire à personne ; mais plus il leur donnait cet ordre, plus ceux-ci le proclamaient. 

37 Extrêmement frappés, ils disaient : « Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets. »

 

On retrouve la demande de ne pas dire, qui peut se comprendre, parce qu'il est dans la Décapole, et qu'il veut peut-être rester incognito comme dans l'épisode précédent de la guérison de la fille de la femme de Canaan. Mais dans la réalité, une guérison, ça ne peut pas être tue, mais cela peut expliquer le soupir de Jésus, qui sait bien que ce n'est pas ce qu'il veut lui, que le moment n'est pas venu. Et la finale qui renvoie au prophète Isaïe (première lecture) montre bien que quelque chose de la divinité est révélée et entendue.

 

Pour moi aujourd'hui, il y a ma demande de cette autre ouverture, que mes oreilles s'ouvrent autrement et à la parole, aux mots, mais aussi aux autres. Que certains filtres qui masquent, qui font que l'écoute n'est pas assez profonde soient enlevés et cette demande pour ma bouche qui a tellement de mal avec la louange. Et dans la foulée, la phrase qui monte c'est: ouvre mes yeux à tes merveilles, aux splendeurs de ta Loi.

 

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Pas facile de faire parler un sourd, parce qu'un sourd qui est né sourd, il n'a pas de langage en lui, pas de mots, enfin c'est difficile d'imaginer ce qui se passe au-dedans de lui. Mais j'ai fait comme s'il y avait déjà un langage en lui, sauf que je n'en suis pas sûre. Bien sûr si c'est comme Zacharie, une infirmité qui est arrivée à un moment donné, c'est différent. Mais si Marc, dit qu'il avait de la difficulté pour parler, c'est que c'est une pathologie de naissance avec peut-être la capacité de lire certains mots sur les lèvres. Bref je ne sais pas, mais j'ai quand même essayé de rapporter cette scène. 

 

Le sourd-muet raconte.

 

Je suis né comme ça, je n'entends pas et comme je n'entends pas, je me fais quand même comprendre en émettant des sons, que moi je n'entends pas; je vis dans mon monde, je suis muré en moi, mais bon, j'ai la chance de voir. 

 

Mes parents m'ont appris à me "conduire" bien, mais quelle croix pour eux et pour moi. Mais moi je suis leur croix, je suis l'infirme. 

 

Ce jour là, un homme est venu dans mon village, il n'était pas seul.  Les autres lui ont dit quelque chose, bien sûr je ne sais pas quoi. Ils voulaient qu'il pose la main sur moi, mais bon, pourquoi faire. Enfin si ça leur fait plaisir. 

 

Il m'a regardé, et il m'a fait signe de le suivre. Ma famille voulait venir, mais il l'en a empêchée. On a marché un peu, et il a trouvé un bel endroit; il y avait un arbre, il y avait un puits. C'est un endroit que j'aime bien. Il m'a à nouveau regardé. Il a montré ses oreilles et il a mis ses doigts dans ses oreilles à lui, puis dans les miennes. Je crois qu'il voulait me prévenir de qu'il allait faire pour que je n'ai pas peur. Le contact était puissant, il y avait de la force qui sortait de ses doigts. 

 

Puis, il a ouvert sa bouche, il m'a montré sa langue. Je ne comprenais pas ce qu'il voulait. Mais il m'a ouvert la bouche, il a pris de la salive et il en a mis sur ma langue. Là je ne comprenais pas du tout, mais là encore, quelque chose de différent s'est passé, comme si sa salive avait un pouvoir, car je sentais un peu comme un frémissement dans toute ma bouche. 

 

J'ai pensé que c'était fini. Mais non. Il était toujours là, debout, avec moi.

à j'ai eu l'impression qu'il priait car il a regardé vers le ciel. Puis un énorme soupir est sorti de lui, un peu comme du vent qui m'enveloppait. C'est étonnant, mais c'est ce que j'ai senti, du vent. Et il a dit quelque chose. Ce quelque chose, au moment où il l'a dit, je l'ai entendu, je veux dire j'ai entendu F Éh ThA. Ce n'est pas un mot que j'ai entendu, mais des syllabes, et ces syllabes c'était le mot Effeta, ouvre-toi, et mes oreilles se sont ouvertes et j'ai entendu le bruit du vent dans les feuilles de l'arbre et ma langue qui s'agitait toute seule, s'est calmée, et des vrais mots sont sortis de moi. Ma langue s'était déliée. Ce n'étaient plus ces sons informes qui sortaient de moi, mais des mots. Je parlais, je parlais, j'entendais. Et j'exultais de joie, je dansais sur place. 

 

Je suis revenu avec lui dans mon village, et j'étais tellement heureux. Je voulais aller dans toutes les villes de la Décapole pour raconter ce que cet homme dont le nom était Jésus avait fait pour moi, mais il me l'a interdit. Moi j'ai obéi, mais pas ceux de mon village. Ils sont allés partout raconter. Ils disaient que celui qui avait fait cela pour moi, c'était l'envoyé de Dieu. Mais lui, il est parti. J'ai appris qu'il est de Galilée, je le retrouverai et je le suivrai. Je chanterai ses exploits… 

 

Un de ceux qui avait demandé à Jésus d'imposer les mains raconte.

 

On nous avait parlé de ce guérisseur de Galilée et on nous avait qu'il faisait des choses étonnantes, mais il guérissait ceux de Galilée. Nous qui sommes dans la décapole et peut-être de païens, accepterait-il de guérir? On a su qu'il avait été dans le territoire de Tyr et qu'il avait guéri sans se déplacer la petite fille d'une femme de là-bas. Quand on a su qu'il ne passait pas trop loin de chez nous, alors nous sommes dit que peut-être il accepterait de guérir mon frère. 

 

En fait il est passé par chez nous, avec ses amis. Et nous lui avons demandé s'imposer les mains à notre frère. 

 

Mon frère, il est sourd de naissance, alors bien sûr il ne parle pas, ou même s'il essaye on ne comprend pas. C'est comme si sa langue était liée. On a tout fait pour qu'il soit le plus normal possible, mais il est dans son monde et je me demande comment on peut vivre sans entendre le bruit du vent, le chant des oiseaux, les voix, les chants. Je le plains tellement. Lui souvent il fait des gestes pour se faire comprendre, mais souvent nous ne comprenons rien. 

 

Et voilà que Jésus est là, et qu'il ne dit pas non quand nous lui amenons mon frère, qui ne comprend rien de ce qui lui arrive. 

Jésus le regarde, le prend par la main, et ils partent tous les deux. Pas de disciples, personnes. Moi je n'ai pas pu m'empêcher de suivre quand même, en me faisant tout petit, mais c'est mon frère, et je ne l'ai jamais laissé seul.

 

Ils sont arrivés près d'un petit bois, près d'un arbre. Là Jésus l'a regardé, il a mis ses doigts à lui dans ses oreilles, puis dans celles de mon frère, qui le regardait un peu ahuri. Puis il a fait quelque chose d'étrange, il a ouvert sa bouche, il a mis de la salive sur son index et il a fait signe à mon frère d'ouvrir sa bouche a lui, et il a touché la langue de mon frère avec sa salive. Je sais que la salive a des vertus de guérison, mais quand même. 

 

Puis, jésus a regardé vers le ciel, je pense qu'il a prié, il a poussé un grand grand soupir, comme s'il faisait un effort surhumain, comme s'il accomplissait quelque chose de très difficile, et il a dit Effata. Cela veut dire ouvre-toi. Et moi j'ai entendu ce mot, ce mot a résonné très fort en moi, comme si quelque chose s'ouvrait en moi, mais c'est en mon frère que le mot a fait comme autrefois d'après ce qu'on nous a raconté, le cri des israélites à Jéricho qui a fait tomber les murs. Ce mot a libéré mon frère. Le mur de silence dans lequel il était condamné à vivre, est tombé, ses oreilles se sont ouvertes et j'ai vu à son air extasié qu'il entendait pour la première fois de sa vie tous les sons. D'ailleurs il s'est couvert les oreilles, comme si c'était trop fort. Et pour la première fois j'ai entendu le son de sa voix. C'était un peu rauque, comme une porte rouillée qui s'ouvrait enfin, et il parlait, il a répété ce mot effata avec une telle joie. 

 

Et Jésus est revenu avec lui. Moi je suis revenu un peu après. Ce qui a été compliqué c'est qu'il nous a interdit de parler de ce miracle, mais ce n'est pas possible. Peut-être qu'il ne veut pas que l'on sache qu'il a fait un miracle dans un pays qu'il considère comme païen? Je ne sais pas, mais ce que je sais c'est que mon frère est guéri et que le Dieu de cet homme sera mon Dieu désormais. Quant à cet homme, je crois qu'il est le fils du Dieu.


 

LUNDI 6 SEPTEMBRE. Lc 6, 6-11 On reste dans la problématique du Sabbat. Faire ou ne pas faire.

 

https://giboulee.blogspot.com/2020/09/luc-6-1-6-guerison-de-lhomme-la-main.html

 

Pour moi, c'est et cela restera la guérison de la main toute pourrite, de la main que l'on cache, de la main qui fait de vous un infirme, un handicapé. Et la main droite, la main maîtresse. Et ce dessèchement il peut aussi venir dans ma vie, vieillir c'est un peu cela aussi. Alors face à ce qui se dessèche, se qui s'enraidit, Seigneur vient me permettre de ne pas me replier sur moi-même et permet à l'argile que je suis de retrouver de la souplesse. 

 

6 Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la synagogue et enseignait. Il y avait là un homme dont la main droite était desséchée. 

7 Les scribes et les pharisiens observaient Jésus pour voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat ; ils auraient ainsi un motif pour l’accuser. 

 

C'est certain que ce matin, c'est l'adjectif desséché qui fait image, un peu comme si cet homme représentait aussi le peuple, comme dans la vision des ossements desséchés. Et au-delà de cet homme, c'est à toute la nation que Jésus veut rendre la vie, faire sortir de son dessèchement. Mais cela reste complétement caché au cœur des scribes et des pharisiens. Ils ne sont même plus là pour l'office, mais pour faire du mal, pour espionner. 

 

8 Mais lui connaissait leurs raisonnements, et il dit à l’homme qui avait la main desséchée : « Lève-toi, et tiens-toi debout, là au milieu. » L’homme se dressa et se tint debout.

 

Ce qui est montré là, c'est déjà une résurrection. Il peut se tenir debout, devant tout le monde, sortir de son exclusion. Et l'homme se dresse et se tient debout, comme s'il sortait de sa posture de courbé. Il est donc là, debout, en plein milieu.

 

 9 Jésus leur dit : « Je vous le demande : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de la perdre ? » 

10 Alors, promenant son regard sur eux tous, il dit à l’homme : « Étends la main. » Il le fit, et sa main redevint normale. 

 

Ensuite c'est d'une simplicité totale: étends ta main et la main devint normale. Il me semble que Moïse au début de son ministère vit quelque chose de semblable ave sa main, (et il y a aussi Myriam). Ce n'est pas desséchée mais c'est lépreuse qu'elle était devenue.

 

Dans le livre de l'exode, il y a de fait des signes que moïse donne au peuple pour que ce dernier croit qu'il est envoyé de Dieu: le bâton serpent, la main qui devient lépreuse et l'eau qui devient sang. Alors peut-être que ce signe là, montre aussi que Jésus est le nouveau Moïse qui fera sortir le peuple d'un certain esclavage, d'une loi qui n'est plus une loi de liberté, mais une loi d'emprise.

 

11 Quant à eux, ils furent remplis de fureur et ils discutaient entre eux sur ce qu’ils feraient à Jésus.

 

Et ils n'ont rien compris. 

 

 

MARDI 7 SEPTEMBRE. Lc  6, 12-19

 

12 En ces jours-là, Jésus s’en alla dans la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. 

13 Le jour venu, il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres

 

Étonnant, le fait qu'il donne ce titre aux douze. Il y a une différentiation, ils sont disciples, ils suivent, mais ils ont désormais un rôle, sauf que dans la suite du texte, ils restent passifs, c'est jésus que la foule cherche à toucher, pas les hommes qu'il vient d'appeler. 


Aujourd'hui,  ce mot d'apôtre est un peu galvaudé. Mais j'y mettrai deux images: celle d'envoyé devant et celle d'ambassadeur, or l'ambassadeur, représente celui qui l'envoie, donc les apôtres sont plus qu'eux-mêmes. Et cela c'est aussi une sacrée responsabilité.

 

14 Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, 

 

Un premier paquet de 6, avec un changement de nom pour Simon.

 

15 Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le Zélote, 

 

Un second paquet de quatre, avec un autre Simon qui normalement est un politique. 

 

16 Jude fils de Jacques, et Judas Iscariote, qui devint un traître. 

 

Et ces deux derniers : Jude et Judas. Des noms très proches avec des destins très différents. 

 

Comment Jésus a-t-il fait son choix? 

 

17 Jésus descendit de la montagne avec eux et s’arrêta sur un terrain plat. Il y avait là un grand nombre de ses disciples et une grande multitude de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon. 

 

Et c'est la descente, le retour vers la vie qui grouille, le terrain plat, avec des hommes qui se disent disciples, et ceux qui sont là d'un peu partout, y compris de la Judée. On a là une notoriété qui dépasse de loin la Galilée. 


C'est l'inverse du discours sur la montagne, du moins géographiquement parlant, mais c'est à entendre et à réentendre. 

 

18 Ils étaient venus l’entendre et se faire guérir de leurs maladies ; ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs retrouvaient la santé. 

19 Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous.

 

La foule là a quelque chose de très positif. Ils viennent de partout pour l'entendre, pour se faire guérir, pour le toucher à cause de cette force qui les guérissait. Mais c'est faire de Jésus un magnétiseur, alors qu'il est bien plus que cela.

 

Et après ce sera les Béatitudes qui contrairement à Matthieu sont proclamées sur un terrain plat. 

 

 

MERCREDI ! SEPTEMBRE. Mt 1, 1-16, 18-23

 

La seule chose qui me frappe dans ces versets c'est que Joseph a une sacrée généalogie qu'il transmet sans la transmettre à cet enfant, et il est descendant de David. Mais de Marie, on ne sait absolument rien. Comme s'il y avait quelque chose de neuf en elle, même si par les apocryphes on lui donne quand même une histoire, une famille, un tout petit peu de généalogie. Mais du coup, je crois que ce matin, c'est cette nouveauté, cette légèreté, comme si du côté de Marie, il y a déjà de l'Esprit Saint qui renouvelle. 

 

La référence du prophète Isaïe, peut aussi montrer ou faire comprendre qu'il y a de la reine en Marie. 

 

1 Généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d'Abraham :

 2 Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères, 

3 Juda, de son union avec Thamar, engendra Pharès et Zara, Pharès engendra Esrom, Esrom engendra Aram, 

4 Aram engendra Aminadab, Aminadab engendra Naassone, Naassone engendra Salmone

5 Salmone, de son union avec Rahab, engendra Booz, Booz, de son union avec Ruth, engendra Jobed, Jobed engendra Jessé, 6Jessé engendra le roi David. David, de son union avec la femme d’Ourias, engendra Salomon, 

 

7 Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa, 

8 Asa engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias, 

9 Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Acaz, Acaz engendra Ézékias, 

10 Ézékias engendra Manassé, Manassé engendra Amone, Amone engendra Josias, 

11 Josias engendra Jékonias et ses frères à l’époque de l’exil à Babylone. 

 

12 Après l’exil à Babylone, Jékonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel,

13 Zorobabel engendra Abioud, Abioud engendra Éliakim, Éliakim engendra Azor, 

14 Azor engendra Sadok, Sadok engendra Akim, Akim engendra Élioud, 

15 Élioud engendra Éléazar, Éléazar engendra Mattane, Mattane engendra Jacob, 

16 Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ.

 

 18 Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. 

19 Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. 

 

20 Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; 

 

21 elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » 

 

22 Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : 

23 ‘Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel’, qui se traduit : « Dieu-avec-nous »

 

 

JEUDI 9 SEPTEMBRE. Lc 6,27-38

 

 

27 En ce temps-là, Jésus déclarait à ses disciples : « Je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. 

28 Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. 

29À celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre joue. À celui qui te prend ton manteau, ne refuse pas ta tunique. 

 

Faire du bien, c'est presque autre chose que de bénir ou de faire marcher sa pensée. C'est agir, c'est poser des actes et c'est autre chose. Et pourtant dans la vie de tous les jours, déjà éviter de ne pas en vouloir, de ne pas haïr, c'est déjà bien difficile. En fait ce serait ne jamais répondre à un acte mauvais par un acte en miroir. 

 

30 Donne à quiconque te demande, et à qui prend ton bien, ne le réclame pas. 

 

Je reconnais que même si l'autre ne demande pas, parfois on peut entendre une demande et là se pose la question d'y répondre ou pas, et pour moi, ce n'est pas simple.  Quant à la fin de ce verset, là aussi c'est très difficile. Faut-il se laisser dépouiller, quel sens cela peut-il avoir? Est-ce que c'est bien de laisser faire? Ne faut-il pas mettre des limites? Je ne sais pas, mais je sais qu'au fond de moi, cette attitude là, me dérange;

 

31 Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux. 

 

Cette sentence là, je l'aime, car elle est positive. Il s'agit de faire et non pas de ne pas faire, sauf que là aussi, parfois, il y a des choses que je peux souhaiter pour moi, et que l'autre ne souhaite pas du tout, alors le maître-mot, doit bien être discernement. Faire du bien en sachant que c'est ce que le Seigneur veut. Pas mon désir mais le sien;

 

32 Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. 

33 Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs en font autant. 

34 Si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir en retour, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu’on leur rende l’équivalent. 

 

35 Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants.

 

Cela pourrait être, faites ce qui est bon pour l'autre, à l'image du Très Haut. Faire du bien, vraiment réfléchir là-dessus.

 

36 Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. 

37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. 

38 Donnez, et l’on vous donnera : c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous. »

 

Alors, il y a le bien et le être comme le Père, essayer comme lui, non pas de combler, mais de faire du bien, de faire le bien.

 

 

VENDREDI 10 SEPTEMBRE. Lc 6, 39-42

 

Intéressant le commentaire de RCF: la première phrase une affirmation, qui est explicitée par ce qui suit. 

 

Pour y voir clair, se former, et ne pas juger à son aulne. 

 

39 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples en parabole : « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ? 

 

Je ne sais pas pourquoi, mais il me semble que Thérèse a dû faire cette expérience avec une de ses sœurs, et elles ont renversé un étal de fruit. Non un aveugle ne peut guider un autre aveugle. L'ennui c'est que bien souvent, on (je) ne se rend pas compte qu'on est aveugle, aveuglé par le péché qui enrobe tellement de choses, qui fait parfois croire que ce que l'on croit c'est la vérité, et ça ne l'est pas. Alors je pense qu'il faut beaucoup se taire quand on essaye de guider. Au moins celui qui demande de l'aide, reconnait lui, qu'il est aveugle.

 

40 Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; mais une fois bien formé, chacun sera comme son maître.

 

Importance de se laisser enseigner par l'Esprit Saint, par le Christ, par l'Eglise.

 

 41 Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? 

42 Comment peux-tu dire à ton frère : “Frère, laisse-moi enlever la paille qui est dans ton œil”, alors que toi-même ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. »

 

Bon, c'est la finale qu'on connait tellement bien. Peut-on voir la paille de l'autre alors qu'on est dans l'aveuglement. Il semble que oui. Mais qui suis-je pour pointer le péché de l'autre, seulement il me semble qu'Ezéchiel dit bien qu'il faut dire au méchant qu'il est méchant pour qu'il se convertisse et que si on ne le lui dit pas, il arrivera des bricoles dans l'au-delà. Et jésus dit la même chose: tu auras gagné un frère. Alors cela revient vraiment à accepter parfois de voir, de dire, en toute humilité. 

 

 

SAMEDI 11 SEPTEMBRE. Lc 6, 43-49

 

43 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : «Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri ; jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit. 

44 Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces. 

 

Je ne sais pas si le mot pourri est pour moi le bon mot. Cela serait plutôt des fruits impropres à la consommation, des fruits rabougris, aigris, pas bons. Mais comment reconnaître les bons fruits? Comme arbre planté dans le jardin de mon Dieu… 

 

45 L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur. 

 

Cela sera repris amplement chez Matthieu par la suite, le scribe est celui qui fait du neuf avec de l'ancien. Mais là encore nécessité de faire attention.

 

46 Et pourquoi m’appelez-vous en disant : “Seigneur ! Seigneur !” et ne faites-vous pas ce que je dis ?

 

La phrase m'interroge: il ne s'agit pas d'appeler jésus, Seigneur, mais de l'appeler et de le nommer par deux fois. C'est sur le verbe "appeler " que je bute. Comment appelle-ton Jésus? Je crois que c'est plus fort que de dire, vous me nommez Seigneur, non c'est quand vous avez besoin de moi, quand vous êtes perdus, vous criez au secours et vous reconnaissez alors que je suis quelqu'un qui a le pouvoir de vous sauver, mais le saut que je donne, il n'est pas magique. Vous savez ce que j'enseigne, ce que je dis (voir tout ce qui précède) alors faites le, et vous n'avez pas à crier, parce que je ne vous entends pas.

47 Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble. 

48 Il ressemble à celui qui construit une maison. Il a creusé très profond et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l’inondation, le torrent s’est précipité sur cette maison, mais il n’a pas pu l’ébranler parce qu’elle était bien construite. 

49 Mais celui qui a écouté et n’a pas mis en pratique ressemble à celui qui a construit sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s’est précipité sur elle, et aussitôt elle s’est effondrée ; la destruction de cette maison a été complète. »

 

Et là, c'est vraiment une parabole pour moi, une parabole que l'on trouve chez Matthieu, et qui chez ce dernier est plus sonore, d'autant que les mots se répètent. La maison bâtie sur le roc ou la maison bâtie sur le sable.

 

Mais c'est la même chose: écouter/obeir. 

 

Et c'est la fin du chapitre 6. 

samedi 4 septembre 2021

SEMAINE DU 29 AOÛT AU 4 SEPTEMBRE. ÉVANGILES.

 

DIMANCHE 29 AOÛT. Mc 7,1-23

 

On reprend enfin l’évangile de Marc (enfin). Le chapitre 6, qui avait vu la multiplication des pains et la tempête apaisée, se termine par Mc 6, 56 Et dans tous les endroits où il se rendait, dans les villages, les villes ou les campagnes, on déposait les infirmes sur les places. Ils le suppliaient de leur laisser toucher ne serait-ce que la frange de son manteau. Et tous ceux qui la touchèrent étaient sauvés. C'est quand même insister sur la notoriété de Jésus. Et on peut comprendre que cela remonte jusqu'à Jérusalem et que ce Rabbi commence à inquiéter, alors on envoie des "sages" pour voir de quoi il en retourne. 

 

Là, on ne sait pas trop où ça se passe, mais outre la foule, outre les disciples, il y a donc ce petit groupe d'hommes qui sont comme des scrutateurs, des espions, qui cherchent à le prendre en défaut. Et à défaut de pouvoir le faire directement pour lui, ils s'en prennent à quelques disciples pour faire comprendre aux foules, que cet homme-là, qui ne respecte pas la tradition des anciens et ne la fait pas respecter n’est pas digne de confiance.  Il y a aussi comme souvent ce "quelques disciples" qui devient" tes disciples. Un peu comme dans le jardin des origines,  le un arbre, devient tous les arbres dans la bouche du serpent;

 

1 En ce temps-là, les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem, se réunissent auprès de Jésus, 

2 et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées. 

 

Ce qui est intéressant c’est qu’il ne s’agit que de quelques-uns. Sont-ils d’origine juives ceux-là ?  Et on a ce commentaire du Marc, pour les lecteurs non juifs, pour lesquels ce n’est pas un problème ni un manquement quelconque.

 

3– Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, par attachement à la tradition des anciens ; 

4et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d’autres pratiques : lavage de coupes, de carafes et de plats. 

 

5 Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas avec des mains impures. » 

 

Et la question se joue autour des mains impures, non sanctifiées. Et du coup, sur les mains de Jésus, garde t-il ses mains pures, lui qui supporte cela, lui qui se laisse toucher par les pécheurs?  

 

6 Jésus leur répondit : « Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites, ainsi qu’il est écrit : ‘Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. 

7 C’est en vain qu’ils me rendent un culte ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains.’ 

8 Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes. » 

 

Et c’est la réponse de Jésus, vous vous attachez à la tradition (c’est ce qu’on a entendu la semaine écoutée dans le chapitre 22 de Matthieu, avec les malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens qui…). Mais Jésus ne se justifie pas. Il n’en n’a pas le besoin. C'est presque comme s'il les traitait d'idolâtres, car ils font des choses qui prennent plus de place dans le cœur que la Loi et les commandements. Mais la référence Isaïe, va plus loin parce qu'elle dit que la crainte "enseignée" n'est pas la bonne crainte, mais que c'est un précepte humain et non plus donné par Dieu.

 

 13 Le Seigneur dit : Parce que ce peuple s’approche de moi en me glorifiant de la bouche et des lèvres, alors que son cœur est loin de moi, parce que la crainte qu’ils ont de moi n’est que précepte enseigné par les hommes,

14 eh bien ! j’émerveillerai encore ce peuple par des merveilles de merveilles, et la sagesse de leurs sages se perdra et l’intelligence des intelligents disparaîtra.

 

 

14 Appelant de nouveau la foule, il lui disait : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien. 

 

"Écoutez et comprenez". Là Jésus se positionne un peu comme un nouveau Moïse, alors qu’on lui a reproché de ne pas respecter la tradition, et il met bien les pieds dans le plat. Ce qui rentre par la bouche, ce n’est pas cela qui rend impur, mais bien ce sui sort du cœur.

 

15 Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur. » 

21 Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, vols, meurtres, 

22 adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. 

 

23Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. »

 

Il est certain que cela, ne peut que nous pousser à réfléchir sur les pensées qui sortent de mon cœur, ces pensées qui même si je ne les "suis " pas, je veux dire que je ne les agis pas, me rappellent à quel point en moi c'est obscurité, péché et que finalement on peut parfaitement diffamer juste en disant un peu de mal. 

 

 

LUNDI 30 AOÛT : Lc 4, 16-30

 

Dans le chapitre 3, on a ce qui se passe avec Jean le Baptiste, le baptême de Jésus et la généalogie. Au début du chapitre 4 on a la tentation, et le début (mais aucun détails) de la vie publique en Galilée, et donc l'épisode à Nazareth, qui est donc ici mis en évidence, peut-être pour montrer quelque chose aux lecteurs. Je dis cela, parce que c'est quand même le début et qu'aucun miracle n'a été rapporté au lecteur, sauf ce qui s'est passé dans le désert avec le diable. Et là, il semble bien que le diable fonctionne très bien. C'est un peu comme si le verset 27, n'est-il pas le fils de Joseph (et on retrouvera cela dans les synoptiques mais aussi dans Jean), était le verset problème. Peut-être que Luc dit: on vous a raconté des choses sur Jésus, faites vous votre propre opinion, ne jugez pas trop vite, regardez le, écoutez le, laissez vous prendre par lui, par cet esprit qui repose sur lui et qu'il vous donne.

 

16 En ce temps-là, Jésus vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. 

17 On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : 

18 ‘L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, 

19 annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.’ 

20 Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. 

21 Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. » 

 

C'est finalement très court. Une affirmation, je suis celui qui est consacré par l'onction, je suis celui qui apporte la bonne nouvelle aux pauvres, je suis celui qui libère, je suis celui qui rend la vue, je suis celui qui remet en liberté les opprimés, je suis celui qui annonce que c'est maintenant le temps favorable. 

 

22Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? » 

 

Et cela, certains l'entendent, mais peu d'entre eux, car la réaction c'est "pour qui se prend-il celui-là, on sait très bien d'où il vient, c'est n'importe quoi. C'est plus que du doute, c'est du refus. Il faut dire que le programme électoral de Jésus est très ambitieux.

 

 

23 Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : “Médecin, guéris-toi toi-même”, et me dire : “Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm ; fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” » 

 

Peut-être que ce qui est dit là: c'est ce que tu dis être, prouve le, fais ce que tu as fait à Capharnaüm, sauf que le lecteur ne sait rien de ce qui a pu se passer ailleurs, ce sera développé ensuite, avec l'esprit mauvais.

 

24 Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. 

 

25 En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; 

26 pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. 

 

27 Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. » 

28 À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. 

 

Jésus, certes se sert de ce qui s'est passé pour Elie (mais c'est le Seigneur qui lui a dit de partir pour Sarepta) et pour Élisée, peut-être qu'ainsi il affirme que les païens recevront le salut avant les juifs, pour affirmer qu'il est un prophète, envoyé à tous, et cette affirmation-là, on peut comprendre que cela les met en colère, vraiment très en colère.

 

29 Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. 

30 Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.

 

Ce qui se passe là, c'est un peu ce qui se passe entre Caïn et Abel, il y a désir de meurtre. Peut-être pas par jalousie, mais pour la question du choix et de cette annonce universelle. Mais comme le temps n'est pas venu, il se faufile et s'en va…

 

 

MARDI 31 AOÛT: Lc 4, 31-37

 

Commentaire intéressant: nous perdre, c’est-à-dire nous déranger, nous obliger à changer nos habitudes. Le fait de parler fort n'est pas parler avec autorité. Et on peut chasser un démon. 

 

31 En ce temps-là, Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat. 

32 On était frappé par son enseignement car sa parole était pleine d’autorité. 

 

A nouveau une synagogue et toujours cet enseignement différent, différent certainement de celui des scribes. Pleine d'autorité, ce qui est peut-être un attribut des prophètes et de la parole de Dieu.

 

33 Or, il y avait dans la synagogue un homme possédé par l’esprit d’un démon impur, qui se mit à crier d’une voix forte : 

34 « Ah ! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » 

 

On se demande toujours ce qu'il vient faire là, celui-là sauf si le démon tombe sur lui, comme ça, puisque ces esprits impurs cherchent des moyens de locomotion. Et l'affirmation, "je te connais".

 

35 Jésus le menaça : « Silence ! Sors de cet homme. » Alors le démon projeta l’homme en plein milieu et sortit de lui sans lui faire aucun mal. 

 

Toujours le même questionnement, peut-on projeter un homme en plein milieu (en plein milieu de quoi, d'où) et ne pas lui faire de mal. Ou alors il l'a simplement déplacé. Mais projeter est fort dans notre vocabulaire. Je me suis toujours demandé ce qu'a vécu cet homme.

 

36 Tous furent saisis d’effroi et ils se disaient entre eux : « Quelle est cette parole ? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs, et ils sortent ! » 

37Et la réputation de Jésus se propageait dans toute la région.

 

Saisis de crainte, saisis d'effroi. Un questionnement: non pas qui est-il, mais quelle est cette parole qui sort de lui; d'où lui viennent cette force et cette puissance. 

 

Ce questionnement peut être le nôtre aujourd'hui. Là c'est un questionnement sur la force de la parole, mais il y a aussi un questionnement sur qui est-il celui-là pour que la mer et le vent lui obéissent, qui commande aux forces de la nature, mais aussi aux forces du mal. Seigneur viens à mon aide. Il vient.

 

 

L'homme possédé par un esprit impur raconte.

Cela fait des semaines que dès que je regarde une femme, je suis rempli de désir pour elle. Toutes les nuits, je fais des rêves que je ne devrais pas faire. Cela c'est nouveau, cela me rend très malheureux, amer, comme si j'étais possédé par un esprit impur qui se jouait de moi. Et pourtant je continue à respecter le shabbat, à aller à la synagogue, en espérant que quelqu'un me délivrera de ces obsessions qui ne font qu'augmenter avec le temps. 

 

J'en ai parlé, j'ai vu des disciples des pharisiens qui ont fait des exorcismes, mais cela n'a rien changé. Je souffre toujours autant et ma famille aussi. 

 

Ce jour-là, dans la synagogue, il y avait ce nouveau prophète, celui qui est né à Nazareth et qui loge chez Simon celui qui a une barque. Au début, Jésus a commenté la parole de la Tora, mais pas comme les scribes. Il parlait de l'amour de Dieu pour son peuple, de ce qu'Il avait fait depuis les commencements pour avoir un peuple à lui, un peuple qui l'honorerait non pas du bout des lèvres mais avec tout son être, et c'était étonnant de l'entendre avec cette conviction. Et je me demandais qui il était cet homme-là.

 

Et puis tout d'un coup, je me suis entendu invectiver Jésus, alors que je ne le voulais pas. Et ce n'étaient pas mes mots. Je hurlais:  "que nous veux-tu Jésus de Nazareth, es-tu venu pour nous perdre? Je sais qui tu es, tu es le Saint de Dieu". Le Saint de Dieu, oui, cela me paraissait plus que possible, mais ce n'était pas moi qui parlais. Je ne crie jamais comme cette espèce de démon qui me possédait depuis des semaines. Et pourquoi me faisait-il dire "nous", pourquoi avait-il peur que Jésus les perde? Moi je ne souhaite qu'une chose (enfin c'est ce que je peux dire maintenant) c'est bien que ces mauvais esprits, ils soient précipités au fond des abîmes, qu'ils ne puissent plus nous faire de mal, car si quelqu'un me fait du mal en ce moment c'est bien cette force que je ne contrôle pas, mais qui me contrôle. 

 

Et tout s'est mis à aller très vite. Jésus ne m'a pas répondu, ne lui a pas répondu sur son terrain, mais il lui a dit d'une voix puissante de se taire et de sortir. En général, un démon, ça refuse de partir, ça refuse de quitter sa proie, ça ça s'obstine, ça s'accroche.

 

Sauf que, sans rien comprendre, je me suis retrouvé en plein milieu du groupe, sans savoir comment j'étais arrivé là, littéralement propulsé par une force incontrôlable et d'un coup, ça a été le calme en moi, la sérénité, je me suis enfin retrouvé. Je ne suis pas tombé, j'étais là, debout, comme transporté. 

 

Tout le monde était dans la stupéfaction la plus totale. L'esprit qui me maltraitait depuis si longtemps était parti. J'étais redevenu moi-même. 

 

Et tous se demandaient comment la parole de cet homme, de ce Jésus de Nazareth, pouvait être aussi efficace.

 

Une phrase du prophète Isaïe m'est revenue: " ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission".

 

Et c'est bien ce qui est arrivé. Alors je le crois, celui-là est bien l'envoyé, mais je me demande quand cela sera connu et reconnu. Je sais qu'ensuite il est parti dans la maison de Simon, et que le lendemain il est parti. 

 

 

 

MERCREDI 1°SEPTEMBRE. Lc 4, 38-44

 

 

38 En ce temps-là, Jésus quitta la synagogue et entra dans la maison de Simon. Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on demanda à Jésus de faire quelque chose pour elle. 

39 Il se pencha sur elle, menaça la fièvre, et la fièvre la quitta. À l’instant même, la femme se leva et elle les servait. 

 

Il a menacé un esprit impur, il menace la fièvre et elle s'en va. Il me semble que dans l'évangile de Marc, Jésus la prend par la main. Là il ne touche pas. Il se contente de parler et la vie reprend. Je sais qu'on parle parfois de symbole, la femme malade étant le peuple juif, qui guéri par Jésus, peut accomplir ce qui a été demandé dans la Genèse: servir. 

 

40 Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de diverses infirmités les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d’eux, les guérissait. 

41 Et même des démons sortaient de beaucoup d’entre eux en criant : « C’est toi le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les menaçait et leur interdisait de parler, parce qu’ils savaient, eux, que le Christ, c’était lui.

 

Je crois que ce que j'aime c'est "imposant les mains à chacun d'eux", parce que c'est d'abord du relationnel. Ce n'est pas anonyme, c'est Lui qui pose la main, ses mains, son regard. 

 

Quant aux démons, on a l'impression qu'ils ne savent pas se taire, qu'ils espèrent peut-être qu'en parlant, ils vont empêcher l'œuvre de Dieu, mais il y a le même "tais-toi" qui a déjà fonctionné avec l'homme de la synagogue. Mais venant de l'évangéliste, il y a bien une affirmation: le Christ, c'est lui.

 

42 Quand il fit jour, Jésus sortit et s’en alla dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu’à lui, et elles le retenaient pour l’empêcher de les quitter.

 43 Mais il leur dit : « Aux autres villes aussi, il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé. » 

44 Et il proclamait l’Évangile dans les synagogues du pays des Juifs.

 

Il y a l'endroit désert (et Capharnaüm n'est pas sa ville natale, donc il a du chercher cet endroit), et comme après la multiplication des pains, on veut mettre la main sur lui, le garder. Et peut-être que cela c'est aussi une attitude que l'on (que je peux) avoir. Donc attention, Jésus n'est pas ma propriété, aujourd'hui comme hier, il faut que l'évangile soit annoncé.



JEUDI 2 SEPTEMBRE. Lc 5, 1-11. La pêche miraculeuse. Un grand effroi l'avait saisi. 

 

Si on voit ce qui s'est passé lors de l'exorcisme pour chasser le démon dans la synagogue, c'est une grande crainte qui envahit l'assistance. Et là, ce qui me frappe c'est que l'on retrouve cette crainte. Il n'y a pas eu de paroles prononcées sur le lac, mais c'est un prodige et cela ne peut être que l'œuvre de Dieu, et les yeux de Simon s'ouvrent et la crainte est là.  Je note aussi, qu'il n'y a pas d'appel: ce qu'ils ont vécu tous les quatre, les pousse à tout quitter pour suivre cet homme qui est bien plus qu'un simple prophète, un simple guérisseur.

 

On insiste toujours sur la confiance de Simon, sur le "avance au large". Mais ce qui me frappe c'est ce qui passe après. Simon sait que Jésus est capable de délivrer des possessions et des maladies. Il a vu jésus à l'œuvre chez lui. Donc à la limite, lui fait confiance, même si cela parait fou, parce que ne rien prendre (on peut se sentir maudit) n'a rien à voir avec une guérison, c'est d'un autre ordre, mais il peut quand même faire confiance, même s'il ne faut pas avoir peur du ridicule. On ne pêche pas dans la journée. 

 

Et ensuite, il y a tellement de poissons que les mailles du filet risquent de se rompre (je ne comprends pas trop pourquoi, il doit y avoir une technique pour remonter le filet sans rien perdre. Si les mailles se rompent, les poissons retournent dans l'eau, et il y a besoin d'aide. 

 

Et c'est quand le poisson est engrangé dans les deux barques, que celles-ci s'enfoncent (comme un jour Pierre s'enfoncera dans ce même lac), que quelque chose se passe pour Simon, qu'en cet homme qu'il croit connaître, il y a bien plus. Et pourtant il n'y a eu aucune parole sur le lac. Quelque chose qui s'abat sur Simon, un peu comme cela s'était abattu du le prophète Isaïe quand il a sa vision du Temple. Et c'est une crainte sacrée qui tombe sur Simon. Car la phrase, avec la prosternation, montrent qu'il a pris la mesure de celui qui est dans sa barque et qu'il comprend qu'entre lui et cet homme, il n'y a rien de commun. C'est le Seigneur-l'Unique qui peut faire cela. Et on ne peut voir le Seigneur de face sans mourir. Alors on peut comprendre la crainte, cette crainte qui envahit Simon et qui le pousse à se prosterner, ce qui est aussi un moyen de ne pas regarder. 

 

Et là, on a dans cet évangile pour la première fois la phrase clé de Jésus: n'aie pas peur, suivie d'une promesse incompréhensible pour Pierre, être pécheur d'hommes (ce qui arrivera après la Pentecôte).

 

Et c'est le retour sur la terre, et une décision prise par les quatre qui ont fait l'expérience du Divin, et je note qu'il n'y a pas d'appel comme dans l'évangile de Marc ou dans celui de Matthieu. 

 

Alors plus que la confiance, je suis prise par ces moments où en Jésus la divinité relationnelle avec son Père se révèle, et avec Pierre, je me prosterne devant celui qui est le Maître de la vie.

 

 

 

1En ce temps-là, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth. 

2 Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. 

3 Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules.

 

Si je veux chipoter, je me centrerai sur les filets. Logiquement les filets ne devraient plus être dans la barque. Il faut les vérifier les filets. Donc il semble que lorsque Jésus réquisitionne la barque (et Simon lui doit bien cela, puisque Jésus a guéri sa belle-mère), il remet les filets dans la barque.

 

On a donc une barque, des filets, des rames, et trois personnes: Jésus, Pierre et André. 

Jésus enseigne la foule. 

 

 4 Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. » 5Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. » 

6 Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer. 

7 Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient. 

 

Là, c'est la scène que l'on connait très bien. Avec la peur que les filets ne se déchirent et le besoin d'aide pour éviter cela. Et les barques tellement pleines qu'elles enfoncent. 

 

8 À cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » 

9 En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ; 

10 et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras.» 

 

11 Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

 

Ils ont fait quoi du poisson? Abondance du don? Laisser et donner.

 

 

 

VENDREDI 3 SEPTEMBRE. Lc 5, 33-39

 

 

On a quand même mangé pas mal de choses de ce chapitre pour arriver au verset 33. On a la guérison du lépreux, la guérison du paralytique, l'appel de Lévi qui donne un festin auquel participent pécheurs et publicains ce qui ne plait pas du tout aux pharisiens. Vraiment cet homme ne fait rien comme tout le monde. Et certainement ils commencent à se poser de sérieuses questions que qui est cet homme qui a le pouvoir de pardonner les péchés. Et c'est l'épisode de ce jour. Et là, on découvre que Jésus est l'Époux, le vin nouveau, le vêtement neuf, mais que les Anciens vont rejeter.

 

33En ce temps-là, les pharisiens et les scribes dirent à Jésus : « Les disciples de Jean le Baptiste jeûnent souvent et font des prières ; de même ceux des pharisiens. Au contraire, les tiens mangent et boivent ! »

 

En d'autres termes, tu es vraiment nul. Tu les laisses faire n'importe quoi, tu ne les fais pas jeuner pour hâter la venue du messie.  Mais là, ils le prennent directement à partie. 

 

34 Jésus leur dit : « Pouvez-vous faire jeûner les invités de la noce, pendant que l’Époux est avec eux ? 

35 Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, en ces jours-là, ils jeûneront. » 

 

Pourquoi jeuneront ils? Faire pression sur le Père, pour que le Fils revienne dans sa gloire, pour juger.  

 

Donc là, on a la réponse à la question. Ils n'ont pas besoin de se priver, alors que je suis là. Mais un jour ils seront seuls et ce jour-là, eux aussi jeuneront. 

 

Puis, il essaye de leur faire comprendre quelque chose. Pourquoi me questionnez-vous? Pourquoi ne comprenez-vous pas comme Jean l'avait annoncé, Dieu visite et sauve son peuple, le petit peuple, ceux qui ne comprennent pas tout, qui sont des pécheurs. Ce n'est pas un salut à deux vitesses. Je fais du neuf..

 

36 Il leur dit aussi en parabole : « Personne ne déchire un morceau à un vêtement neuf pour le coudre sur un vieux vêtement. Autrement, on aura déchiré le neuf, et le morceau qui vient du neuf ne s’accordera pas avec le vieux. 

 

Je n'avais pas vraiment compris le début. Si on fait cela, on abime tout. Le neuf auquel il manque un morceau, ne peut pas s'accorder avec l'ancien qui va même tirer et faire que le raccommodage ne tiendra plus Et le neuf sera abimé pour rien et le vieux ne sera pas réparé pour autant. Il y a comme incompatibilité. Donc il faut réfléchir. Parfois au lieu rapiécer, il faut peut-être séparer, investir dans du neuf. La parole de Jésus demande un investissement, mais c'est l'habit de la noce.

 

37 Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, le vin nouveau fera éclater les outres, il se répandra et les outres seront perdues. 

38 Mais on doit mettre le vin nouveau dans des outres neuves. 

Manifestement cela est une évidence pour tout le monde, à cette époque là. Alors il faut peut-être trouver d'autres récipients pour mettre le vin nouveau. Pas des outres, des amphores. Choisir son contenant. Je crois que j'avais déjà réfléchi là-dessus. Mais les amphores ou le verre, ça coute plus cher que des outres même neuves. Alors pour recevoir cette parole neuve, il y a aussi un investissement à faire, ne pas choisir la facilité. Déjà investir dans des outres neuves, renoncer à ses habitudes, à son savoir, et présenter du neuf, accepter de se renouveller,.

 

39 Jamais celui qui a bu du vin vieux ne désire du nouveau. Car il dit : “C’est le vieux qui est bon.” »

 En théorie c'est vrai, mais qui ne risque rien n'a rien, et il faut avoir en soi, un certain gout de l'aventure, pour ne pas rester prisonnier de des habitudes.

 

 

SAMEDI 4 SEPTEMBRE. Lc 1-5

 

1 Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs ; ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient, après les avoir froissés dans leurs mains. 

2 Quelques pharisiens dirent alors : « Pourquoi faites-vous ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ? » 

 

Une fois de plus, ce n'est pas Jésus qui est cause, mais les disciples. Il y a ce regard qui traîne en permanence : tu n'es pas un bon Rabbi, un bon maître, à cause de toi, les disciples sont dans le péché, ils enfreignent la loi du Sabbat. Le truc c'est que c'est commandements, ils datent de la reconstruction du Temple et Jésus lui, se place bien avant puisqu'il fait référence à David.

 

3 Jésus leur répondit : « N’avez-vous pas lu ce que fit David un jour qu’il eut faim, lui-même et ceux qui l’accompagnaient ? 

4 Il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de l’offrande, en mangea et en donna à ceux qui l’accompagnaient, alors que les prêtres seulement ont le droit d’en manger. »

 

Le pb pour moi, c'est que dans la bible hébraïque, 1Sam, 21, 22, certes David prend les pains, mais il raconte une histoire qui est fausse, pour obtenir ces pains auxquels normalement il n'a pas droit. Il parle de ses compagnons, alors qu'il est seul et en fuite. Ce qui est certain c'est ces pains sont un pu pour lui comme la galette que le prophète Elie en fuite devant la reine Jézabel aura sur la route de l'Horeb.  Alors que dit Jésus? Une fois de plus, et cela c'est reconnu, que lorsque la vie d'un homme est en jeu, alors c'est sa vie qui prime sur la règle, d'autant que là, on n'est pas dans le cadre d'un commandement au sens strict mais d'un article qui permet aux prêtres d'avoir leur substance puisqu'ils ne travaillent pas.

 

 5 Il leur disait encore : « Le Fils de l’homme est maître du sabbat. »

 

Peut-être que l'on peut faire un jeu de mot sur le "maître". Vous dites que je suis un mauvais maître, parce que je ne réprimande pas mes disciples, mais je suis bien autre qu'un petit rabbin je suis le fils de l'homme et de par divinité, je suis le maître du Sabbat. 

Ce regard sur l'autre, qui finalement rabaisse, qui critique, parce qu'on connaît la loi, c'est si facile. Et c'est oublier que parfois, pour vivre, il faut prendre d'autres chemins. Seigneur ouvre mon intelligence, que je ne juge pas trop vite, que j'accepte le comportement de l'autre, et que peut-être même j'en tire quelque chose pour moi, et aussi que si ce comportement est lié à une sorte d'urgence, que je puisse venir en aide.