LUNDI 29 DÉCEMBRE. Lc 2, 22-35
22 Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,
23 selon ce qui est écrit dans la Loi : ‘Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.’
24 Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : ‘un couple de tourterelles ou deux petites colombes.’
Un peu l'impression que les parents essayent de faire du deux en un. A la fois le rachat du premier -né et la purification de la maman, pour qu'elle retrouve sa place dans la société. Elle n'est plus impure. C'est quand même étonnant comment le sang peut avoir la signification de l'impureté mais aussi de la vie.
Luc comme un bon historien nous brosse donc le tableau. Sauf que les choses ne vont pas se passer tout à fait comme prévu, puisque Siméon et Anne ensuite entrent en scène, et viennent l'un comme l'autre, dire qui est ce petit enfant, semblable à tous les autres et pour Siméon, dire à cette toute jeune femme, des paroles troublantes.
25 Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui.
26 Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
Que sait-on de Syméon? C'est qu'il attend la consolation (libération?) d'Israël, qu'il attend un libérateur, mais au début on ne sait pas qu'il est âgé, simplement que l'esprit lui a promis que ses yeux verraient l'Oint de Dieu.
27 Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,
28 Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :
29 « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole.
30 Car mes yeux ont vu le salut 31que tu préparais à la face des peuples :
32 lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » 33Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui.
Manifestement Syméon, n'intervient pas au rituel de purification, mais au rituel de la consécration (et du rachat). On peut parler de coïncidence, mais ce n'en n'est pas une. Le temps de Dieu.
34 Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction
35 – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »
Pauvre Marie, elle ne devait pas du tout s'attendre à une pareille prophétie, une qui concerne sot fils, signe de contradiction, et une qui la concerne elle.
La manière dont se réalisent les choses en leur temps, c'est ce Kaïros, et cela m'émeut toujours.
MARDI 30 DÉCEMBRE. Lc 2, 36-40
36 a En ce temps-là, quand les parents de Jésus vinrent le présenter au Temple, il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge;
37 b après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.
38 Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Toujours le timing de Dieu. Peut-être aussi un peu comme Elisabeth, elle se met à parler d'une vois forte et à proclamer une louange de cet enfant et une louange du très haut.
39 Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
40 L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.
Je suppose que le dernier verset est une phrase classique. Pour Jean, on a une phrase un peu semblable.
MERCREDI 31 DÉCEMBRE. Jn 1, 1-18
Commentaire Fr Luc. On entend qui est Jésus et ce qu'il fait.
1 Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.
2 Il était au commencement auprès de Dieu.
3 C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.
4 En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ;
5 la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.
6 Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean.
7 Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui.
8 Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.
9 Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde.
10 Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu.
11 Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.
12 Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom.
13 Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu.
14 Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
15 Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. »
16 Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ;
17 car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. 18Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.
Commentaire de St Athanase (je crois); Bien entendu, le Verbe ne s'est pas transformé en chair ; il a seulement pris notre nature ; le mot de saint Jean : le Verbe s'est fait chair ne signifie pas autre chose, ainsi qu'on peut le voir à des expressions analogues, par exemple chez saint Paul : le Christ s'est fait malédiction pour nous. ~
JEUDI 1 JANVIER. Lc 2, 16-21c.
Ce qui s'est passé là, pousse les bergers à glorifier et à louer Dieu. Il me semble que cela est un peu un leitmotive chez Luc. Jésus loue son Père et ce qu'il fait est là pour nous tourner vers celui qu'il peut lui appeler Père, mais qui est aussi Dieu dans toute se différence avec la créature que nous sommes.
16 En ce temps-là, les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire.
Ils découvrent, ils trouvent quelque chose qui était caché. Cela fait un peu penser au trésor dans un champ. Il faut de la persévérance pour trouver et découviri, mettre au jour, mettre à la lumière.
17 Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.
18 Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers.
Ils deviennent témoins, et croire un berger, cela ne devait pas être facile, mais on a un peu l'impression que c'est quand même resté très limité. Les gens s'étonnent, et ce verbe là, on le retrouve plusieurs fois dans cet évangile. C'est la première occurrence. Ensuite ce sera au Temple après les paroles de Syméon, puis quand Jésus entrera dans la synagogue de Nazareth. C'est un peu "on a du mal à y croire".
19 Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.
20 Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.
21 Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception
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VENDREDI 2 JANVIER. Jn 1, 19-28
On reprend la lecture de Jean. Jean dans la première partie nous dit qui est J2sus et ce qu'il fait, et là, on passe à Jean, qui lui aussi met en lumière d'autres facettes de Jésus, de celui qui était derrière lui et qui est passé devant (de disciple il est devenu maître), et il baptisera dans l'eau et dans l'esprit.
J'ai écrit un assez long billet sur cette péricope qu'on entend l'année B (évangile de Marc) : https://giboulee.blogspot.com/2023/12/marc-1-1-6-1-dimanche-de-lavent-jean-1.html.
19 Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? »
20 Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement : « Je ne suis pas le Christ. »
21 Ils lui demandèrent : « Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète annoncé ? » Il répondit : « Non. »
22 Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? »
23 Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. »
24 Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens.
25 Ils lui posèrent encore cette question : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? »
26 Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ;
27 c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. »
28Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean baptisait.
-Reprise du texte : Jn 1, 19-28
19 Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? »
20 Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement : « Je ne suis pas le Christ. »
21 Ils lui demandèrent : « Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète annoncé ? » Il répondit : « Non. »
Là, nous apprenons ce que Jean n’est pas. Il n’est pas le Messie, il n’est pas Elie, dont le peuple attendait le retour, ni même ce prophète annoncé par Moïse.
22 Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés.
Que dis-tu sur toi-même ? »
23Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. »
Arrive là, la définition de ce qu’il est, de sa charge. Être la voix, de celui qui crie dans le désert : redressez le chemin du Seigneur.
Cette phrase d’Isaïe nous la connaissons par cœur, mais a-telle encore un sens pour nous ? Car elle peut s’entendre au sens propre, pour que le Seigneur puisse venir, passer, il faut préparer un chemin comme cela se fait pour les plus hauts dignitaires, un chemin droit, sans pierres. Ce tapis rouge que nous mettons sous les pieds des personnes dans haut rang, pour que leurs pieds ne foulent pas la poussière. Il faut préparer une route, et cela veut dire de grands travaux. Mais cela c’est le sens littéral. Au sens symbolique, si nous voulons que le Seigneur entre chez nous, fasse son chemin en nous, alors il y ce chemin d’humilité et de conversion. Reconnaître qu’en nous, c’est plein de pierres, de ronces, et que nous sommes loin d’être parfaits, et ensuite de commencer à faire le ménage. C’est ce que ce temps de conversion et de reconnaissance de son péché. Et c’est loin d’être facile. Une vie entière peut-elle y suffire ? Souvent j’en doute.
Quand on posera des questions analogues à Jésus, qui es-tu, pourquoi fais-tu cela, Jésus ne dira pas qu’il est la voix, mais qu’Il EST. Et ce sera bien l’affirmation d’une identité autre.
24 Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens.
25 Ils lui posèrent encore cette question : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? »
On a eu les scribes et les prêtres, maintenant on a les pharisiens, qui eux posent d’avantage la question de pour qui te prends-tu pour faire ce que tu fais, si tu n’es pas celui que nous attendons.
26 Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ;
Cette phrase se trouve dans tous les récits. Et il y a le verbe connaître. Or Jean connaît vraiment Jésus ? Lui il a vu l’esprit descendre sur lui, les autres, sont aveugles. Ils voient en lui et verront en lui, pour la plupart, peut-être un guérisseur, peut-être un exorciste, peut-être un prophète, mais ils ne verront pas l’union qui existe entre lui et son Père, ils ne le reconnaîtront pas comme l’envoyé. Et c’est bien parce que Jésus est celui sur qui repose l’Esprit que Jean peut dire cette phrase qui clôt le chapitre mais qui se trouve aussi ailleurs : qu’il n’est pas digne de délier la courroie de sa sandale.
27 c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. »
28Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean baptisait.
Ce verset montre que Jean a vu Jésus, mais que pour le moment, il n’y a pas eu d’échange entre les deux hommes. Une précision géographique pour les lecteurs.
Et c’est après ce témoignage que Jésus arrive et que Jean le reconnaissant va pouvoir dire à ses disciples que cet homme est l’agneau de Dieu (image du serviteur d’Isaïe 53) et de lui faire en quelque sorte don de deux de ses disciples.
Les récits.
Jean le baptiste raconte. Qui suis-je ?
Je suis le fils d’Elisabeth et de Zacharie, le fils de leur vieillesse, celui qu’ils n’attendaient plus. Ils avaient prié pour avoir une descendance, mais ils ne l’avaient pas obtenue et ma pauvre mère avait été montrée du doigt, elle la femme d’un prêtre de la tribu d’Aaron. On l’avait nommée la stérile. Elle s’était renfermée sur elle-même et n’osait plus sortir de chez elle. Elle aurait dû être honorée pour son âge, mais au lieu de cela on se moquait d’elle. Il a fallu que Marie, la petite cousine de Galilée vienne jusqu’à elle, pour qu’elle ose croire vraiment croire que j’étais en elle, qu’elle allait enfanter comme toutes les femmes, et que j’aurais un rôle important car le très haut ne laisse pas le hasard. Elle m’a racontée que lorsque Marie était entrée chez nous et l’avait saluée, le son de la voix avait produit comme une décharge en elle, qu’elle m’avait senti bouger et qu’elle avait su que la petite cousine attendait celui qui était promis par le prophète Isaïe. Je sais aussi que mon prénom a été voulu par le très Haut.
Jésus est mon cousin, mais je ne le connais pas. Je veux dire qu’après sa naissance à Bethléem il a dû fuir en Égypte pour échapper à la colère du roi Hérode qui voulait le tuer, lui et ses parents; et quand ils sont revenus, moi j’avais déjà été conduit par l’Esprit dans un lieu qu’il avait choisi pour moi et où j’ai appris à écouter, et à me remplir de la parole du Très Haut.
Un jour, la phrase du prophète Isaïe a pris racine en moi, j’ai compris que j’étais la voix qui annonce la venue du Très Haut, que les temps étaient accomplis et que les cœurs devaient changer pour se préparer à cette venue, à cet avènement. La phrase était: Dans le désert préparez un chemin pour notre Dieu. Dieu qui vient dans le désert, n’est-ce pas son lieu de prédilection, lui qui a dit Israël C'est pourquoi voici, je veux l'attirer et la conduire au désert, et je parlerai à son cœur. (Os 2, 16).
Je me suis établi sur les bords du Jourdain et j’ai proposé, à tous ceux qui m'entendaient, ce message de conversion. Mais je n’y allais pas par quatre chemins, je leur disais que la cognée du Seigneur allait s’abattre, que ce qui est mauvais serait passé par le feu. Beaucoup entendaient et changeaient de vie, des gens de partout, des publicains, des soldats, des pharisiens et des sadducéens. Mais les grands -prêtres de Jérusalem ne sont jamais venus.
Comme le prophète Élie je porte un vêtement en poils de chameaux, et une ceinture en cuir. C’est inusable et cela tient chaud quand les nuits sont froides. Je me nourris avec ce que je trouve, du miel du rocher et des sauterelles. Certains pensent que je suis un ascète, mais ce n’est pas cela. Je n’ai pas de temps à perdre pour m’occuper de moi, j’ai mieux à faire. Préparer, préparer…
Il m’a été donné de comprendre qu’un jour un homme demanderait comme tous les autres cette immersion, mais que lui n’aurait pas besoin de conversion, parce qu’il était celui qui doit venir; mais il ferait cela comme tous les autres.
Je savais aussi que ce jour-là, je verrais l’Esprit Saint descendre sur lui sous la forme d’une colombe et y demeurer, et que cet homme serait celui qui donnerait cet Esprit à notre peuple. Que la connaissance de Dieu emplirait enfin le pays. Je savais aussi que cet homme était un homme de notre peuple, mais je ne le connaissais pas. Je savais qu’il viendrait, et que je n’étais pas digne de délier la courroie de ses sandales; il était ce buisson ardent, empli du feu de la Présence.
Un jour, j’ai vu la colombe se poser, j’ai vu les cieux s’ouvrir, mais l’homme, croyez- le ou non, je n’ai fait que l’entrevoir. Il a disparu. Et j’attends son retour pour attester qu’il est la Lumière venue dans le monde.
Je l’attendais comme le fiancé attend sa fiancée. Ce sont des envoyés des autorités du Temple qui sont venus, me demander qui j’étais. Ils s’imaginaient que je pouvais être soit Elie, ce prophète qui annonce la fin des temps et qui doit revenir, soit ce prophète dont parle notre père Moïse, soit un des prophètes; je leur ai dit que je n’étais pas un de ceux- là.
Ils m’ont alors demandé de quel droit je baptisais, de quel droit j’appelais à conversion. Je leur ai répondu que moi je baptisais dans l’eau pour le pardon des péchés, mais que mon rôle était de préparer la venue de celui qui allait baptiser dans l’Esprit. Car cet homme était là, au milieu de nous, mais qu’il ne s’était pas encore manifesté. Ils sont partis.
C’est peut-être parce que je porte le même vêtement que celui d’Elie et que je me nourris de miel sauvage et de sauterelles qu’ils ont imaginé cela. Allez savoir avec eux, ils ont une manière assez particulière d’interpréter les écritures. Tout ce que j’ai pu leur dire c’est que j’étais la voix de celui qui crie: "dans le désert redressez les voies"; et que quelqu’un allait venir, et que je n’étais pas digne, tout prophète que je sois, de délier la courroie de sa sandale. Et ils m’ont laissé tranquille, mais je sais qu’ils se moquent de moi, parce que je ne suis pas comme eux, dans le Temple, et que ma manière de vivre les choque.
Comme cela ils savent un peu qui je suis, la voix, mais surtout qui je ne suis pas.
Quelque temps après celui que j’avais baptisé est venu près de moi, je l’ai bien reconnu, et j’ai dit à mes disciples que c’était lui l’agneau de Dieu, lui l’agneau pascal, l’agneau dont le sang sauve le peuple et lui donne le salut. Deux d’entre eux l’ont suivi, grande a été ma joie de lui faire ce cadeau.
Peu de temps après j’ai été mis en prison par Hérode, parce que je proclamais haut et fort que vivre avec Hérodiade la femme de son frère Philippe c’était mal. Je ne sais pas combien de temps il me laissera la vie sauve. Mes disciples, m’ont dit que Jésus de Nazareth proclame, lui aussi, qu’il faut se convertir, que le règne de Dieu est tout proche, et qu’il faut croire à la bonne nouvelle.
Comment va -t-il se faire entendre ? Comment sera-t-il entendu ? Comment sera-t-il suivi ?
J’ai été la voix, j’ai été celui qui a vu l’Esprit, j’ai été celui qui a été choisi dès le ventre de sa mère, j’ai été. Et maintenant, lui, il est. Il est celui qui était auprès de Dieu, il était la Lumière et il donnera à tout homme de devenir enfant de Dieu, pleinement, totalement.
André raconte.
Comme je l’ai dit, ce texte a été écrit en premier. Il m’a donné du mal, alors que le deuxième texte, lui est sorti tout seul. Mais je l’ai quand même laissé. C’est un autre regard.
Moi qui ai une barque à Capharnaüm, une famille, un frère Simon, je me trouve aujourd’hui à Béthanie sur les bords du Jourdain, avec mon maître Jean. J’étais monté à Jérusalem pour une des fêtes et j’avais entendu parler de lui.
On parlait d’un homme qui faisait penser au prophète Elie, qui ne machait pas ses mots et qui disait que le royaume de Dieu était tout proche. Cela peut vouloir dire que quelque chose va se passer, qu’il y aura un jugement et pour entrer dans le royaume, il faut ne pas être comme enveloppé dans une gangue de péché.
Alors pour que cette gangue disparaisse, Jean nous plonge dans les eaux du Jourdain, comme cela arriva jadis à Naaman le Syrien qui fut délivré de sa lèpre. Nous reconnaissons publiquement que nous sommes des pécheurs, nous nous humilions devant lui, et notre péché est effacé, la faute ou les fautes sont pardonnées, nous sommes des hommes neufs, des hommes nouveaux, mais à nous de ne pas retomber, et cela c’est difficile.
Alors pour ne pas retomber, je suis resté avec lui et j’ai appris. Il y a eu des jours de jeûnes pour demander que le messie arrive, il y a eu de nouvelles prières à apprendre, et il y a même a eu des baptêmes à donner, avec Jean, car il y avait de grandes foules.
Un jour, alors que Jean baptisait, quelque chose s’est passé. Il nous a dit avoir plongé un homme dans les eaux du jourdain. Il pensait que c’était comme moi un galiléen. Et il a vu comme une colombe venir sur lui et y demeurer alors que l’homme sortait de l’eau. Et cela, c’était le signe que lui Jean attendait. Mais l’homme avait disparu. Et Jean était presque désespéré. Pourquoi disparaître quand on est l’envoyé du très Haut ?
Un peu après sont arrivés des envoyés de autorités du temple et aussi des pharisiens. Ils voulaient savoir qui était cet homme qui déplaçait les foules.
Enfin eux, ils gardaient leurs distances. Ils lui ont demandé s’il était le Christ. Bien entendu il a dit non. Ensuite ils lui ont demandé s’il était Elie, et cela aurait pu l’être, puisque Elie doit revenir, mais là encore il a dit non, et non encore quand on lui a demandé s’il était ce prophète annoncé par notre père Moïse . I
ls lui ont alors demandé pourquoi il s’autorisait à baptiser puisqu’il n’était aucun ce deux-là. C’est oublier que si le Très Haut veut appeler un prophète, il le fait.
Il leur a répondu par une citation du prophète Elie, les pharisiens ils ont besoin de ça ! Il a dit qu’il était la voix qui crie dans le désert, la voix qui ordonne de redresser le chemin du Seigneur.
Je suis sûr qu’ils n’ont rien compris, qu’ils n’ont pas voulu entendre. Et là Jean leur a dit que lui, il baptisait dans l’eau, mais qu’il y avait un homme qu’ils ne connaissaient pas, quelqu’un qui vient derrière lui, (ça je ne sais pas trop ce que ça veut dire) et que lui Jean n’était pas digne de délier la courroie de sa sandale. Je dois dire que cela m’a fait penser un peu à Moïse quand il a rencontré le très Haut qui était dans le buisson ardent . Lui, il a dû enlever ses sandales parce que le lieu était un lieu saint. Alors je me dis que cet homme que lui il a vu, est tellement saint, tellement rempli d’Esprit que lui Jean, que moi que je considère comme un juste, ne s’estime pas digne de toucher cette partie de lui qui touche à notre terre.
Ils sont partis, et nous avons continué à l’écouter notre maître. Et quelque temps après, un soir, est arrivé près de nous, de notre groupe de disciples, un homme que nous n’avions jamais vu. Jean l’a regardé, et il était comme illuminé, lui qui semble souvent si renfermé sur lui-même. Il était transformé. Il nous a montré cet homme et nous a dit qu’ll était l’agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. Qu’il était cet homme sur lequel il avait vu l’esprit descendre et demeurer sous la forme d’une colombe, cet homme dont il avait dit qu’il n’était pas digne de délier la courroie de ses sandales. Et il a ajouté que c’était lui le Fils de Dieu. Alors quelque chose en moi s’est mis à bouillonner, à espérer, à désirer.
Et si c’était vraiment lui celui que j’attends ? Mais il avait disparu. Seulement le lendemain il était là, il nous regardait, il allait et venait. Et Jean l’a aussi regardé, nous a regardé nous les disciples et nous a dit voici l’agneau de Dieu. Alors l’envie a resurgi en moi, je voulais le connaître, je voulais le suivre. Il me fallait quitter Jean, quitter mes amis, mais l’appel était le plus fort et je l’ai suivi. Je lui ai demandé où il habitait, et il m’a dit, il nous a dit parce que nous étions deux, de venir et de voir. Et nous l’avons suivi et nous avons passé la nuit à regarder le ciel et les étoiles et à l’écouter, lui qui est la Lumière.
Je ne pourrais jamais assez remercier Jean qui a permis cette rencontre et qui nous a laissé partir. Je crois que nos anciens amis nous regardent d’un mauvais œil mais peu importe. Jésus m’a choisi et moi je me suis laissé choisir et j’ai hâte de chercher mon frère Simon pour que lui aussi rencontre le Messie.
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SAMEDI 3 JANVIER. Jn 1n 29-34
Est-ce qu'on peut faire un rapprochement avec la dernière phrase voir et croire et ce qui se passe pour le disciple bien-aimé quand il entre dans la tombe. Il voit et il croit.
29 En ce temps-là, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ;
30 c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était.
31 Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. »
Dans cette séquence, Jésus qu'il a baptisé (il pouvait croire que ce serait un disciple), n'est ps resté, il revient donc, et Jean ne sait pas ce que Jésus attend de lui. Connait-il même son nom? Dans cet évangile, ce n'est pas certain. Mais il y a comme si l'Esprit Saint s'était emparé de lui, car il prophétise en voyant Jésus, il dit de cet homme qu'il est l'agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. Agneau pascal, ou agneau (mais c'est un bouc) chassé dans le désert, porteur du péché du peuple.
Une finalité, si le Très Haut a voulu que je baptise dans l'eau, c'est pour que cet homme soit manifesté (comme Fils de Dieu) à Israël.
32 Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui.
33 Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.”
34 Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »
Peut-on dire que le témoignage ici, devant Jésus, mais devant certainement un certain nombre de disciples, est un dévoilement. Cet homme que vous voyez, moi Jean j'ai vu l'Esprit descendre et demeurer sur lui, et je vous annonce que celui-ci est le Fils de Dieu.
Est-ce l'esprit qui le pousse à témoigner à cet instant- là. Curieusement, cela me fait penser à la rencontre rapportée par Luc, avec l'enfant qui trésaille dans le ventre d'Elisabeth, enfant qui est rempli d'Esprit Saint, dès le ventre de sa mère. Là ce serait un peu pareil. L'esprit Saint qui est en Jésus, agit aussi sur Jean et le pousse à affirmer que l'homme qui est là, l'homme semblable à tous les hommes, il est bien plus que cela, il est le Fils de Dieu.
DIMANCHE 4 JANVIER. Mt 2, 1-12
Entrer, voir et croire.
1 Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem
2 et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
On peut imaginer que cela a dû faire un certain raffut. Vous vous rendez compte? Il est question d'un roi, et nous les habitants de Jérusalem, nous n'en savions rien.
Ou alors. Ils débarquent d'où ceux-là? Ils sont fous.
3En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui.
Sauf qu'Hérode, prend ça très mal. Quelque part, même si Rome a grignoté son pouvoir, c'est lui le roi des juifs, alors qui serait cet enfant qui oserait prendre sa place un jour? Pas question.
4 Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. 5Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :
‘Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël.’ »
Recours à la "tradition". Que disent les écrits? Et voilà donc Bethléem, la ville du roi David qui est citée, ce qui en soi ne parait pas étonnant. A croire qu'Hérode, ne connait pas du tout l'histoire de son peuple.
7 Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;
8 puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Ce qui se passe est intéressant. Il est certain qu'Hérode sait déjà ce qu'il veut faire : éliminer ce concurrent potentiel. Il convoque, donc les mages ne peuvent pas refuser, il leur délivre une information et il donne un ordre. Dites- moi où il se niche celui-là.
9 Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. 10 Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.
Il y a quelque chose d'un peu magique ici. Une étoile les a mis en chemin, en route. Pour eux, si l'hypothèse de savants juifs qui vivent à Alexandrie est très plausible, le roi des juifs ne peut naître qu'à Jérusalem, et en arrivant là-bas, ils se rendent compte que personne n'est au courant de rien. Et voilà, l'étoile qui les précède et qui s'arrête sur la maison où se trouve l'enfant. C'est très étonnant, Dieu maître des étoiles et de leur mouvement. Mais c'est cohérent. Texte de Petit Fils très intéressant sur l'étoile.
Le 17 décembre 1603, l’astronome Johann Kepler, installé au palais royal de Prague, observait le ciel. Il s’aperçut de la conjonction de deux planètes, Jupiter et Saturne, dans la constellation des Poissons. Faisant ses calculs, il se demanda si l’étoile qui avait guidé les mages venus d’Orient n’était pas cette conjonction rarissime. Il ne savait pas qu’un siècle auparavant, un rabbin portugais, Abravanel, avait dit que le Messie viendrait – parce que les Juifs, vous le savez, attendent toujours le Messie – lorsque Jupiter rencontrerait Saturne dans cette constellation. Notons que dans les éphémérides antiques de l’observatoire de la ville de Sippar en Mésopotamie, qui appartenait alors à l’empire parthe, on a trouvé en 1925, mention de cette conjonction à trois reprises dans le courant de l’année 305 de l’ère séleucide, soit l’an 7 avant notre ère : en mai-juin, entre le 26 septembre et le 3 octobre – et le 3 octobre était un jour capital pour les Juifs, puisque c’était celui du kippour, le Grand Pardon -, puis une dernière fois entre le 5 et le 15 décembre. Et si des mages juifs, appartenant à l’observatoire de Sippar – il y en avait certainement, car tous les exilés n’étaient pas revenus en Israël - ont observé cette étonnante conjonction, ils ont dû faire cette interprétation : Jupiter représente le symbole de la royauté, Saturne celui d’Israël et la constellation des Poissons, qu’on appelait en Mésopotamie les Queues, désigne les pays de la mer, Syrie et Palestine. Cela signifiait par conséquent que le Messie allait venir.
On peut imaginer que, lors de la première conjonction, ils ont été fort étonnés, puis en septembre-octobre au moment du kippour – jour où selon le calcul astronomique moderne l’étoile apparente est la plus intense – ils se mirent en route. Et le temps de se rendre à Jérusalem avec la caravane, ils y arrivèrent au début de décembre, au moment où l’étoile réapparut. Tout ceci correspond parfaitement au texte de saint Matthieu qui nous parle d’une étoile qui apparaît, disparaît puis réapparaît sur le chemin de Jérusalem à Bethléem, lieu de la naissance de Jésus.
On a même calculé que l’étoile était en face d’eux sur le chemin, en direction du sud. Ceci est donc très cohérent, même si cela demeure une hypothèse. Jésus serait donc né en l’an – 7.
11 Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
Pour eux, ça ne fait aucun doute. Cet enfant-là, avec cette mère-là c'est bien l'enfant-roi. Et la première chose, c'est la prosternation, puis les dons. Est-ce que Joseph est le grand absent?
12 Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
Quelqu'un fait remarquer Nouis je crois que chez Luc, ce sont les anges, et chez Matthieu ce sont les songes. Peut-être qu'Hérode ne leur a pas fait une très bonne impression.
Universalité du salut chez Matthieu, qui anticipe la finale de cet évangile. 19 Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,
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