mercredi 16 septembre 2020

Notre dame des sept douleurs - 15 Septembre.

Texte écrit en deux, voire en trois temps:

Premier temps, analyse (si on veut) de ce court texte. 

Deuxième temps, la nuit, mais aussi cet autre évangile du même jour, la résurrection du fils de la veuve de Naïm (la résurrection du fils de la veuve de Nazareth)..

Troisième temps: Marie raconte..

MARDI 15 SEPTEMBRE. JN 19, 25-27 

 

2 5 Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine.

 

 Très étonnant cette sœur de Marie, surtout que les apocryphes nous parlent d'une stérilité et de parents âgés. Alors peut-être une cousine. Intéressant aussi: on ne donne pas le nom d'un village (comme pour Marie "de Magdala"), mais le nom d'un homme.  On a donc là une représentation aussi de la famille de Jésus. Une mère, des tantes, des oncles, (des frères mais ça on le sait depuis longtemps), une disciple.  On a là un trio "classique" autour de celui qui va mourir, mais il ne meurt pas dans son lit.. Ce qui est étonnant aussi ce sont les trois Marie.. Une femme ou trois femmes. Trois visages d'une même femme. Cela pourrait même en faire quatre, en fonction de la ponctuation. Mais je préfère le trio..

 

On peut parler d'un quatuor, muet.  Jésus et les trois femmes. 

 

Et ça passe au trio, et ça parle... Jésus enlève la mère du trio précédent pour la mettre en relation avec un autre instrument. On pourrait vraiment faire chanter cela. 

 

26 Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait

dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » 

 

Et là apparition d'un couple, alors qu'il n'y avait qu'une trinité de femmes un peu indifférenciées. Une parole qui donne vie. Donc ce trio féminin, et ce passage au couple, mais un couple avec normalement différence des générations et des sexes. On passe de 3 à 2. Le disciple qu'il aimait, qui contrairement à ce qu'écrit St Bernard ne peut pas être le fils de Zébédée.  Et du coup, il y a rupture du trio pour passer à autre chose. 

 

A la limite, le trio des trois femmes, c'est presque l'ancien, la famille, le classique; et Jésus trouve moyen de casser cela. Ce n'est pas à une autre femme qu'il confie sa mère, mais à un homme.  Quelque chose se ferme, quelque chose s'ouvre, et il s'adresse en premier à sa mère: un peu comme à Cana. "Voici ton fils": comme Jean le Baptiste disait en montrant Jésus "Voici l'agneau de Dieu". Donc ce disciple, ce disciple aimé, prend une autre dimension. Il devient fils, il remplace le Fils, qui lui va rejoindre le Père. 

 

27 Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.

 

 Et pour refermer ce qu'il vient d'ouvrir, il y a le "voici ta mère". Mais surtout quelque chose qui se passe pour le disciple (dont par ailleurs on ne sait rien, quant à sa famille), parce que pour Jean, l'heure peut bien être commencement, naissance. 

 

Alors il y a trois femmes. Qui doivent faire corps et qui doivent logiquement prendre soin de la mère.

 

On a un Fils qui va rejoindre le Père. 

 

On a un couple qui est formé. Une  femme qui devient nouvelle mère, un homme qui gagne une mère, qui devient fils et qui commence une nouvelle vie. 

 

Dans ce qui se crée au moment de la mort, quelque chose de la vie advient. Et peut-être que pour de vrai, le disciple orphelin (comme l'humanité) reçoit en cadeau une mère, et que la mère qui perd son fils, reprend la fécondité qu'elle aurait pu sentir lui être enlevée. 

 

Je ne nie pas du tout la douleur des uns et des autres, mais je regarde cet échange. Ce passage qui est provoqué par la mort, mais aussi par la Glorification.

 

Marie dit tout haut ce qui se passe au dedans

 

Jour de désolation. Jour de hurlement, jour le plus abominable de ma vie.

 

Il est là, il est entre deux voleurs, deux criminels, lui qui n'a rien fait. Son corps, ce corps que j'ai soigné, lavé, aimé, il est en sang. Il y a des mouches partout, sur son visage, sur son torse, sur ses pieds, et je ne peux rien faire. 

 

Il est déjà presque mort, mon tout petit, mon fils, le fils du Très Haut. Et moi je suis là, avec ma parente, avec la femme de Cléophas, avec son amie à lui - cette Marie de Marie de Magdala. Nous ne pleurons pas, parce que nous ne voulons pas donner ce plaisir aux soldats romains qui nous narguent. Je sais qu'elles vont prendre soin de moi, qu'on retournera à Nazareth, mais là, je serai la mère du condamné, de celui qui a voulu changer le monde, qui n'est pas resté à sa place de fils de Joseph. Cela je le sais, et ça crie en moi, je voudrais tellement être, moi, à sa place. Et je n'oserai pas sortir: il y aura des regards en coin, des regards mauvais. Et il faudra vivre avec ça.

 

Et puis, il y a ce jeune homme que mon Fils semble tellement aimer qui est là aussi, et je me demande comment il a fait pour s'approcher aussi près. Les soldats n'aiment pas ça. Et lui aussi il regarde mon fils. Il faut du courage pour être là. Il me semble qu'il y a des larmes qui coulent sur son visage. 

 

Et d'un coup, la voix de mon fils - et je me demande comme il trouve la force de parler. J'entends sa pauvre voix éraillée qui me dit  "Femme voici ton fils" et qui dit à Jean, son disciple "Voici ta mère". 

 

Alors nous nous sommes regardés tous les deux. Moi la femme qui voulait rester droite, et lui je jeune qui me regardait. Et j'ai compris.

Non, je ne retournerai pas à Nazareth; ce jeune homme me prendra chez chez lui, je deviendrai une mère pour lui, il sera un fils pour moi. Jamais il ne remplacera mon fils, jamais moi je ne remplacerai ou prendrai la place de sa mère, mais à nous deux, nous ne laisserons pas mourir la flamme, nous serons des témoins. 

 

Et peut-être même... parce qu'au fond de moi résonnent ces mots que mon fils disait et redisait: qu'il serait condamné, qu'il serait rejeté, mais qu'il reviendrait à la vie. 

Et que ce jour là, il serait tout en tous. Je sais que nous serons les premiers à entrer dans cette vie autre qu'il promettait; non: qu'il promet. 

Car la mort n'aura pas la victoire. Il est le Vivant, alors que ses yeux se sont fermés, et qu'il a perdu son souffle. 

 

Il est mort, et je suis là, avec un fils. Et J'attendrai, nous attendrons, qu'il se lève dans la Lumière. 

 

dimanche 13 septembre 2020

SEMAINE DU 7 AU 13 SEPTEMBRE. ÉVANGILES.


 

LUNDI 7 SEPTEMBRE. Lc  6,6-11. Sabbat/ guérison/ homme à la main "pourrite". 

 

Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la synagogue et enseignait. Il y avait là un homme dont la main droite était desséchée. 

Les scribes et les pharisiens observaient Jésus pour voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat ; ils auraient ainsi un motif pour l’accuser.

 

Le début du chapitre 6, rapportait l'épisode des épis "froissés" le jour du sabbat et la conclusion de Jésus: le fils de l'homme est le maître du sabbat. Là, on reste avec ce désir de mort chez les pharisiens: celui-là il ne respecte pas la loi. Je me suis toujours demandée, si cet homme n'avait pas été "requis" pour voir ce que Jésus ferait. Non seulement il a une main qui ne lui permet pas de bénir, de travailler, mais il est là, pour faire "tomber" jésus. Enfin c'est une interprétation, un peu comme la femme adultère dans jn 8.

 

 Mais lui connaissait leurs raisonnements, et il dit à l’homme qui avait la main desséchée : « Lève-toi, et tiens-toi debout, là au milieu. » L’homme se dressa et se tint debout. 

 

El là, les choses se nouent. L'homme qui se terre plus ou moins, Jésus l'appelle. Se lever, se mettre debout, sortir de son statut d'infirme. En plein milieu. Et il paraît certain que les verbes montrent qu'il se passe quelque chose pour l'homme (courbé). Se dresser, se tenir debout. Il est dans l'attente, lui qui n'attendait rien, lui qui vivait dans la honte.

 

Jésus leur dit : « Je vous le demande : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de la perdre ? »

10 Alors, promenant son regard sur eux tous, il dit à l’homme : « Étends la main. » Il le fit, et sa main redevint normale.

 

Une question, qui reste sans réponse… Comment répondre non? Comment dire, pour respecter la loi du Sabbat, il ne faut pas faire le bien, il ne faut pas sauver une vie..  Un peu comme pour la femme adultère, que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre.

 

Et là, la guérison (qui avait déjà commencé) parce que la vie (se lever, se tenir debout) était déjà là, peut se concrétiser avec le geste. Or étendre la main, est impossible pour une main repliée sur elle –même. La main revient à la vie, elle redevient normale. 

 

On ne sait pas ce que fait l'homme. Mais Jésus n'a pas touché. Il a juste parlé. Force de la parole. 

 

11 Quant à eux, ils furent remplis de fureur et ils discutaient entre eux sur ce qu’ils feraient à Jésus.

 

Il y a la question du regard de Jésus. J'ai en tête la phrase: Jésus promenant sur eux, un regard navré de colère dit…   Après vérification ça se trouve chez Marc, Mc 3. Les deux textes se ressemblent vraiment beaucoup. Et à ce navré de colère, répond le "ils furent remplis de fureur". Et le désir d'éliminer continue. Le miracle a endurci leur cœur. Ils ont eu le cœur desséché, et leur seul but c'est de trouver comment prendre Jésus vraiment en défaut, parce que là, ils n'y ont pas réussi. 

 

 

La suite du chapitre, qui ne sera pas lu demain, puisque c'est nativité de la Vierge, est comme la réponse de Jésus aux pharisiens. Ils essayent de trouver que faire à jésus pour l'empêcher de parler et Jésus lui après avoir passé la nuit en prière, va faire aussi quelque chose: il va faire "communauté": choisir les apôtres qui feront que même si les pharisiens font du mal , la parole sera elle vivante grâce à ces hommes. Et peut-être que Jésus, à ce moment là, ne sait pas ce qui adviendra à Judas. 

 

Et ce sera ensuite les béatitudes lucaniennes. 

 

 

Au fil de la plume (ou du clavier). l

 

En général, moi je ne vais pas à la synagogue pour le shabbat. Depuis que j'ai eu cette crise où j'ai eu bien peur de mourir, et qui a pris ma main, je n'aime pas me montrer. Ma main, je la cache et moi aussi je me cache, parce que je sais bien ce qu'ils pensent de moi, les bien-pensants; que j'ai fait quelque chose de mal et que le très haut m'a puni. Sans ma main droite je ne peux pas faire grand chose… Je suis dépendant des uns et des autres et des pharisiens qui me font l'aumône, alors je n'ai pas pu refuser quand ils m'ont dit de venir pour prier et écouter les textes. 

 

Ce qu'ils ne m'avaient pas dit, c'est que Jésus, le nouveau prophète serait là. Alors j'ai compris qu'ils se servaient de moi pour lui tendre un piège. On n'a pas le droit de travailler ce jour là, et pour eux la guérison est un travail. Je pense que c'est faux, cette manière de voir, mais eux, ils sont comme ça. Mais du coup, je me suis installé tout au fond, comme pour disparaître, ne pas être vu. 

 

Et Jésus était là. Il enseignait. Il parlait justement du livre du deutéronome. Et quand il a fini de parler, son regard a balayé l'assemblée, s'est arrêté sur moi. Il m'a demandé de me lever, et me mettre au milieu. Alors malgré ma main bien cachée dans la manche de mon manteau, il a vu. Et quelque chose en moi s'est mis à espérer. Et moi qui était tassé sur moi-même, je me suis redressé, je me suis dressé fièrement (et il y avait longtemps que ça ne m'était pas arrivé), et je suis allé auprès de lui au centre. 

 

Je me demandais ce qu'il allait dire, me dire. Mais il ne s'est pas adressé à moi, il a demandé aux autres, si c'était permis de faire le bien le jour du sabbat, de sauver une vie. Alors personne n'a répondu, moi j'avais envie de hurler: tu as le droit de me guérir, tu as le droit de me sauver, parce que moi je ne vis plus. 

 

Le silence était pesant. Je sentais bien qu'il était malheureux, qu'il aurait voulu que ceux qui se disent des pratiquants sortent de leur paralysie mentale. Il s'est tourné alors vers moi, il m'a dit de tendre ma main. Mon Dieu, qu'est ce que j'aimerai la tendre cette main. J'ai déplié mon bras, et ma main a repris sa souplesse, elle est redevenue vivante, elle qui était morte. 

 

Il n'a rien ajouté. Il est parti sans se retourner, sans me regarder. Moi je suis resté sur place. Et tout d'un coup, je me suis senti des ailes. Je suis sorti aussi, j'ai couru après lui, je l'ai invité chez moi, et lui et certains de ceux qui vivent avec lui, sont venus et ma maison s'est remplie de rire, et ma maison est redevenue vivante et ma femme a retrouvé elle aussi le sourire.

La vie qui est en lui, il nous l'a donnée. Que Dieu soit béni.


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MARDI 8 SEPTEMBRE: NATIVITÉ DE LA VIERGE. 

 

On verra quelle lecture on aura. La longue, et là je plains toujours le prêtre qui lit tous ces noms, avec le malheureux qui porte le nom d'Azor (pour moi une chanson avec un chien, un peu comme Mirza dans une chanson de R. Lamoureux). Ou la courte avec le récit du côté de Joseph. J'ai écrit pas mal de textes là-dessus, parce que c'est un texte qui revient somme toute assez souvent. Je suis toujours perplexe avec la référence à Isaïe. Is 7, 14 mais aussi Is 8, 8.

 

Isaie 7: 14 C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous).

15 De crème et de miel il se nourrira, jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien.

16 Avant que cet enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, la terre dont les deux rois te font trembler sera laissée à l’abandon.

 

 

Si on prend le chapitre 8, c'est le pays entier qui est appelé Emmanuel, un autre nom pour Israël. Dans cette optique l'enfant engendré est le nouvel israël, l'Israël attendu, 

 

Au verset 4, on a "car avant que l'enfant sache dire papa et maman, on aura porté les le roi d'Assour, les richesses de Damas et le butin de Samarie.

 

Au verset 8, ses ailes déployées couvriront ton pays, ô Emmanuel, c-a-d  Dieu-avec-nous. 

 

Et le verset 9 dit que les projets ne fonctionneront pas, parce que Dieu est avec son peuple. 

 

Le dernier verset, prophétique, annonce la Galilée… 23 Pas la moindre lueur pour celui qui sera dans l’angoisse. Dans un premier temps, le Seigneur a couvert de honte le pays de Zabulon et le pays de Nephtali ; mais ensuite, il a couvert de gloire la route de la mer, le pays au-delà du Jourdain, et la Galilée des nations.

 

 

 Si on fait un parallèle entre les deux textes, il y a bien un enfant qui porte un nom, qui naitra et qui sera comme un signe: les invasions n'auront pas lieu, ou il ne fait pas s'en soucier, Dieu sera là. Mais l'un est fils d'une vierge, l'autre d'une prophétesse. L'un s'appelle Emmanuel, l'autre "Cours-au-butin-Vite-au-pillage" et le roi d'Assyrie aura pillé le pays.) Mais ensuite, il est dit que ce même roi, viendra piller le pays, et là le nom du pays est bien Emmanuel. Ce qui veut dire que la première prophétie est pour le futur. 

Je pense alors que la vierge, c'est Israël qui va par une conversion changer de nom et qui deviendra Emmanuel, Dieu avec nous. Et quand cela se produira, alors il y aura comme des épousailles, celles de Dieu avec sa terre. Le fruit pouvant être alors Jésus.

 

Mt 1, 1-26

 

Généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d'Abraham 

 

Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères,  3

Juda, de son union avec Thamar, engendra Pharès et Zara, Pharès engendra Esrom, Esrom engendra Aram,                                                                                                                           3

 Aram engendra Aminadab, Aminadab engendra Naassone, Naassone engendra Salmone,  3

Salmone, de son union avec Rahab, engendra Booz, Booz, de son union avec Ruth, engendra Jobed, Jobed engendraJessé, 3 

 

Pour moi, ça fait 12. Mais qui a engendré Abraham…

 

 Jessé engendra le roi David. David, de son union avec la femme d’Ourias, engendra Salomon, 

Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa,                   5

Asa engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias,

Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Acaz, Acaz engendra Ézékias, 

10 Ézékias engendra Manassé, Manassé engendra Amone, Amone engendra Josias, 

 

Là ça fait bien 14.

 

11 Josias engendra Jékonias et ses frères à l’époque de l’exil à Babylone.

12 Après l’exil à Babylone, Jékonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel, 

13 Zorobabel engendra Abioud, Abioud engendra Éliakim, Éliakim engendra Azor, 

14 Azor engendra Sadok, Sadok engendra Akim, Akim engendra Élioud,

15 Élioud engendra Éléazar, Éléazar engendra Mattane, Mattane engendra Jacob, 

16 Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ. 

            Pour moi, ça ferait 13.

 

18 Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. 

 

Comme toujours, il y a cette brièveté matthéenne. On a les parents: Marie accordée à Joseph. On ne sait rien d'eux. Mais seulement qu'avant que le mariage ne soit célébré,, Marie attend un enfant dont l'origine est l'Esprit Saint. 

 

19 Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret.

 

Toujours aussi brièvement, on a la réaction de Joseph. On apprend qu'il est un homme juste (ce qui est surement un compliment), un homme qui connaît la Loi, qui l'aime et qui est façonné par elle, et que ne veut pas que la jeune femme soit lapidée. On peut supposer qu'il n'y a pas encore eu de certificat de mariage.

 

20 Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ;

21 elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » 

 

Là c'est un peu plus développé. L'ange du Seigneur, donc le Seigneur, qui donne un ordre. Prends cette femme, l'enfant est engendré par la force du Très Haut. Et c'est toi qui le nommeras. Jésus: Dieu sauve, car il sauvera le peuple de ses péchés (et non de ses ennuis. 

 

22 Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur, prononcée par le prophète :

23 ‘Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel’, qui se traduit : « Dieu-avec-nous »

 

Si je me réfère au livre d'Isaïe, cela peut s'entendre comme: il sera le nouveau Jacob, le père du nouveau peuple qui reconnaît qu'il est le peuple choisi par Dieu, qu'il est présence de Dieu. Jésus la présence de Dieu en permanence, pas seulement dans le temple. Et je pense aussi qu'il ne s'agit pas du collectif, Dieu est avec son peuple, mais aussi avec chacun des membres de ce peuple et plus largement avec l'humain.

 

 

MERCREDI 9 SEPTEMBRE: Lc 6, 20-26. Les Béatitudes

 

Jésus a donc passé la nuit sur la montagne, appelé les douze. Il descend dans la plaine et c'est là qu'il enseigne. C'est très différent de Matthieu où l'enseignement se passe sur la montagne. 

 

20 En ce temps-là, Jésus, levant les yeuxsur ses disciples, déclara : « Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous.

 21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. 

22 Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous excluent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l’homme. 

23 Ce jour-là, réjouissez-vous, tressaillez de joie, car alors votre récompense est grande dans le ciel ; c’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes.

 

Je crois que au-delà des mots, ce que j'aime c'est juste:" levant les yeux sur ses disciples". Il est avec eux. Il ne lève pas les yeux vers le ciel. Il est avec eux, il leur parle, et il nous parle. Il parle à ceux qui ont quitté beaucoup pour lui. Et c'est la description d'un chemin qui somme toute est celui de la croix, même si j'aimerai trouver une autre expression. Il y a un présent, un actuel, et la vision d'un futur. Mais la dernière phrase, renvoie sur prophète. Ils sont donc comme les prophètes ceux que Jésus a choisi comme apôtres. 

 

 24 Mais quel malheur pour vous, les riches, car vous avez votre consolation ! 

25 Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim ! Quel malheur pour vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et vous pleurerez ! 

26 Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous ! C’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. »

 

Il n'est pas exclu que dans ceux qui sont avec Jésus, et qui se disent disciples il y a des pharisiens, parce qu'on dirait que ce discours s'adresse directement à eux. Vous cous dites mes disciples, mais vous n'avez pas compris, que mon chemin à moi il va vers l'abaissement, parce que c'est comme cela que mon père peut s'incarner et vivre en vous et que vous pouvez montrer qu'il est vivant. Pas la loi, non pas le faire mais l'être.

 

 

JEUDI 10 SEPTEMBRE: Lc 6, 27-38

 

27 En ce temps-là, Jésus déclarait à ses disciples : « Je vous le dis, à vous qui m’écoutez : 

 

 

Aimez vos ennemis,                                                             faites du bien à ceux qui vous haïssent. 

28 Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent,             priez pour ceux qui vous calomnient.

29 À celui qui te frappe sur une joue,                                               présente l’autre joue.

 À celui qui te prend ton manteau,                                                    ne refuse pas ta tunique.

30 Donne à quiconque te demande, et à qui prend ton bien,        ne le réclame pas. 

31 Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous,               faites-le aussi pour eux. 

 

 

C'est différent de Matthieu 5-7? C'est concis et c'est au positif. La phrase introductive: elle ne commence pas pae "ne vérité", mais je vous le dis, à vous qui m'écoutez.. Ecouter Jésus, et là, il en dit des choses. 

 

Faire du bien à ceux qui vous haïssent (qui souhaitent plus ou moins votre mort).Répondre à la mort par la vie. 

 

Souhaiter du bien à ceux qui vous maudissent, et maudire est très fort. 

 

Prier pour ceux qui vous calomnient (cela reprend les Béatitudes; ceux qui disent faussement du mal de vous).

 

Tendre la joue… Bon, on a tellement écrit la-dessus. Mais je pense que ça va avec le manteau. Je ne pense pas que ce soit laisse toi faire, mais prend une autre initiative. Sois quelque part le maitre; 

 

Laisser prendre son bien c'est plus complexe, parce qu'on n'est pas seul. Mais il y a débord, donne à celui qui te demande. Le temps suivant 'prendre le bien' serait un peu conséquence de ne pas avoir répondu à la demande. 

 

Faire pour les autres, ce que je voudrais qu'ils fassent pour moi. Et là, pour moi, ce n'est pas simple.. 

 

32 Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheursaiment ceux qui les aiment.

 33 Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs en font autant. 

34 Si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir en retour, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu’on leur rende l’équivalent. 

 

Là, on a une sorte de rappel à l'ordre.. Il y a des choses que tout le monde fait, vous faites autrement. Et là, il y a peut-être le donner sa vir.

 

35 Au contraire, 

aimez vos ennemis, 

faites du bien et 

prêtez sans rien espérer en retour. 

 

Reprise de début, de manière plus concise.

 

Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Hautcar lui,il est bon pour les ingrats et les méchants. 

 

Être les fils du très haut.. Qui est bon pour tout le monde, ceux qui ne disent pas merci et ceux qui font du mal.

 

36 Soyez miséricordieux comme votre Pèreest miséricordieux. 

 

37 Ne jugez pas,                            et vous ne serez pas jugés ; 

ne condamnez pas,                        et vous ne serez pas condamnés. 

Pardonnez,                                      et vous serez pardonnés.

 38 Donnez,                                     et l’on vous donnera : 

 

C’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement ; 

 

Car la mesure dont vous vous servez pour les autres          , servira de mesure aussi pour vous. »

 

 

Là je n'ai pas trop le temps, mais c'est un texte magnifique, qui m'atteint en profondeur par sa simplicité.

 

Je pense que c'est là que l'on peut (ou que je voudrai) faire ce qu'on appelle un examen de conscience.

 

 

VENDREDI 11 SEPTEMBRE: Lc 6, 39-42

 

39 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples en parabole : « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ? 

 

Est ce que c'est une parabole? Est ce qu'il ne s'agit pas d'une critique des pharisiens? 

 

40 Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; mais une fois bien formé, chacun sera comme son maître. 

 

Intéressant. Est ce que cela vise aussi l'enseignement des pharisiens, où l'élève ne peut jamais être comme. Mais il ne s'agit pas de prendre la place. Etre comme.

 

41 Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? 

42 Comment peux-tu dire à ton frère : “Frère, laisse-moi enlever la paille qui est dans ton œil”, alors que toi-même ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite! Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. »

 

On verra bien ce qu'on entendra la dessus aujourd'hui; Mais le hypocrite que Jésus emploie si souvent pour les pharisiens, me fait quand même penser qu'il s'adresse aussi à eux, qui lui reprochent tellement de choses et qui deviennent incapables de voir.. Grâce pour moi: non pas du savoir, mais du connaître.

 

 

SAMEDI 12 SEPTEMBRE. Lc 6, 43-49

 

43 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : «Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri ; jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit. 

44 Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces. 

 

J'ai toujours du mal avec ce qui doit être une parabole. Certains bons arbres finissent par produire de mauvais fruits. Des arbres malades traités, peuvent donner de bons fruits. Mais là, il s'agit, d'autre chose, de ne pas se laisser berner par l'apparence; voir au-dela. Les épines ne donnent pas le fruit de la sagesse les ronces ne produisent pas de grappes de raisin. Et parmi ceux qui écoutent Jésus, il y a ceux qui piquent, ceux qui griffent, et qui se font passer pour des sages ou pour la vigne (Israêl). . Et là, Jésus parle de la cohérence qui doit exister entre ce que l'on est, entre ce que l'on montre et entre ce que l'on fait.

 

45 L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur.

C'est une autre manière de parler de cette cohérence entre le dedans et le dehors. 

 

46 Et pourquoi m’appelez-vous en disant : “Seigneur ! Seigneur !” et ne faites-vous pas ce que je dis ? 

 

Là, je me dis, est ce que c'est le doublement qui est important. Dans la Bible quand le nom est répété deux fois, c'est qu'il va se passer quelque chose. Ou est-ce pour dire, est ce que vous pensez que je suis sourd, que je ne vous entends pas? Ou ce que l'on dit classiquement, vous m'implorez pour que je vous exauce, mais de fait vous ne m'écoutez pas vous, alors pourquoi est ce que je vous écouterai moi?  Ou alors, c'est toujours ce qui se passe entre Jésus et les pharisiens. Vous me donnez du Seigneur, mais vous ne faites pas ce que je dis (ou enseigne). 

 

47 Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble. 

 

"Comme un arbre planté dans le jardin de mon Die, le juste fleurira.."

 

48 Il ressemble à celui qui construit une maison. Il a creusé très profond et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l’inondation, le torrent s’est précipité sur cette maison, mais il n’a pas pu l’ébranler parce qu’elle était bien construite. 

49 Mais celui qui a écouté et n’a pas mis en pratique ressemble à celui qui a construit sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s’est précipité sur elle, et aussitôt elle s’est effondrée ; la destruction de cette maison a été complète. »

 

Là c'est l'image de la maison, mais maison au sens large, je veux dire, la descendance. Et quand je lis cette parabole, je pense au Temple de Jérusalem et à ses fondations et les pierres et je me dis que certes le temple a été détruit et pas reconstruit, certes sa chute a semblé totale, mais les fondations sont demeurées.. Et le roc, c'est aussi la parole. Mais parfois il fait creuser mais aussi se laisser creuser pour la trouver cette parole fondatrice. 

 

On retrouve aussi le combat. Pour résister aux forces qui détruisent, il faut prendre le temps de creuser, de forer, de trouver le bon sol, de ne pas se précipiter.. De demander à l'Esprit d'être comme la baguette du sourcier qui permet de trouver la source, de trouver l'eau. 

 

 

DIMANCHE 13 SEPTEMBRE. Mt 18, 21-35

 

Impression de déjà vu, il n'y a pas si longtemps. Ce devait être la lecture continue de Matthieu en évangile de semaine, je pense en Août. 

 

21 En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettrades fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? »

 

Finalement j'aime bien le futur.. Ce n'est pas:  si mon frère commet ou a commis, mais c'est le au cas où… Et avec la question,  est ce que je dois pardonner systématiquement, et aller jusqu'à 7 fois? Donc Pierre anticipe le futur, et comme avec Jésus on ne sait jamais, il voit large. Pardonner 7 fois, c'est beaucoup, surtout si c'est dans la même journée. 

 

 22 Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.

 

Pauvre Pierre, pas 7 fois mais     490 fois. On va dire pour reprendre la formulation de J2us, 70 fois plus que ce que tu avais prévu et si le 7 renvoie à la plénitude, cela veut dire, toujours et tout le temps. Maintenant il y a péché et péché, faute et faute, offense et offense. 

 

Et la parabole déplace le problème. L'idée c'est toi tu passes ton temps sans trop t'en rendre compte à péché contre le ciel, et ton père te pardonne. Il efface ta faute si tu le lui demandes. Mais la contrepartie, c'est que tu fasses pareil. Il est question là d'argent, de dette, ce qui renvoie au notre-père, tel qu'il est chez Matthieu: remets-nous nos dettes, comme nous remettons à ceux qui nous doivent..

 

 

Première partie.. 

 

 23 Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. 

24 Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). 

 

On est en théorie au début des règlements de compte.. est- ce que l'homme se cachait, (un peu comme Adam dans son jardin), parce que la phrase ( du moins pour moi), quand on lui amène quelqu'un qui, évoque une arrivée un peu manu militari… Il se planque le mec. On l'emmène de force, et il joue le tout pour le tout, puisqu'il ne peut pas rembourser. Et si je fais la comparaison avec Adam, c'est que cet homme, vu la dette, peut représenter l'humanité. 

 

25 Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. 

26 Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” 

 

Là, on est dans le classique. On met tout le monde en prison.. Ce qui en soi est injuste, mais c'est ce qui se faisait. La réaction est aussi classique: implorer, mais avec une fausse promesse. Comment rembourser une telle somme?

 

27 Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette. 

 

Et c'est peut-être le centre de la parabole si on l'écrivait en versets qui se répondent.

 

Deuxième partie. Le symétrique qui ne l'est pas.

 

28 Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !”

 

Ce qui est peut-être important, c'est la violence qui évoque Caîn. On passe d'Adam à Caîn.. Il se jette sur lui pour l'étrangler, ce qui n'est pas très efficace, mais qui a pour but d'impressionner. Le maître ne s'est pas comporté comme cela.. 

29 Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.” 

 

Même phrase que celle prononcée, plus haut. 

 

30 Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. 

 

Troisième partie.

 

31 Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. 

 

32 Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié.

 33 Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” 

 

S'il avait fait ça sans témoins, il n'aurait pas eu de problèmes, mais voilà, les autres ont vu et ils sont attristés, et ils réclament justice. Et c'est ce que fait le maitre. Je t'ai fait confiance, je ne t'ai pas mis en prison, tu aurais dû m'imiter. Ne pas oublier ce que tu as vécu et reçu. Avoir pitié…

 

34 Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.

 

Conclusion.

 

35 C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »

 

Comme on le fait remarquer souvent, c'est loin d'être facile. Mais il y a le "traitera". Et le " Pardonnez du fond du cœur".  En fait si c'est: il vous demandera des comptes, il vous demandera de rembourser, et si vous n'avez vous, pas été compréhensif , envers le frère ou les frères, il y aura une justice. Cela s'entend. Je crois que cela peut s'entendre par rapport à la vengeance. Ne pas se venger.. C'est déjà le plus important. Et comme cela a été dit ailleurs, ne jamais oublier que derrière le don, il y a le donateur. 


UN AJOUT..


Je n'avais pas regardé les textes. La première lecture du livre de la sagesse,  insiste sur deux choses; ne pas être rancunier (donc ne pas se venger un jour, ne pas garder en mémoire), et sur la colère. Mais là c'est si tu n'es ni rancunier, ni coléreux alors le très Haut te pardonnera tes fautes. Renoncer à la haine.  C'est un très beau texte, sauf que là il n'y a pas l'expérience de la miséricorde divine qui sert de moteur comme dans la parabole de Jésus. 

« Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait ; alors, à ta prière, tes péchés seront remis » (Si 27, 30 – 28, 7)

Lecture du livre de Ben Sira le Sage

Rancune et colère, voilà des choses abominables
où le pécheur est passé maître.
    Celui qui se venge
éprouvera la vengeance du Seigneur ;
celui-ci tiendra un compte rigoureux de ses péchés.
    Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait ;
alors, à ta prière, tes péchés seront remis.
    Si un homme nourrit de la colère contre un autre homme,
comment peut-il demander à Dieu la guérison ?
    S’il n’a pas de pitié pour un homme, son semblable,
comment peut-il supplier pour ses péchés à lui ?
    Lui qui est un pauvre mortel, il garde rancune ;
qui donc lui pardonnera ses péchés ?
    Pense à ton sort final et renonce à toute haine,
pense à ton déclin et à ta mort,
et demeure fidèle aux commandements.
    Pense aux commandements
et ne garde pas de rancune envers le prochain,
pense à l’Alliance du Très-Haut
et sois indulgent pour qui ne sait pas.

samedi 5 septembre 2020

SEMAINE DU 31 AOÛT AU 6 SEPTEMBRE. ÉVANGILES.

 

LUNDI 31 AOÛT. Lc 4, 16-30

 

Ce chapitre 4, commence avec les tentations au désert après le baptême et se termine par la guérison d'un possédé à Capharnaüm. Entre temps, on a un passage en Galilée, où tout le monde semble séduit, puis Nazareth où cela se passe un peu comme avec la mer qui veut s'attaquer à la barque, je veux dire avec le changement de comportement: des hommes qui semblent calmes et attentifs et qui sont "piqués" par la phrase de Jésus, et qui n'ont qu'une idée, s'attaquer à lui, le faire basculer et le tuer. Maintenant je n'ai jamais compris pourquoi Jésus les provoque, d'autant qu'on ne sait rien de ce qu'il a fait ailleurs. Et sortir les faits de leur contexte, j'ai toujours du mal. Si Elie s'occupe d'une veuve, c'est parce qu'il doit fuir son payas, si Elisée guérit un lépreux, ce n'est pas n'importe lequel et cela prouve la grandeur du Dieu. Maintenant pourquoi le prennent-ils si mal, cela me fait bien penser à ce que j'écrivais au début, la présence du mauvais qui d'emblée essaye de faire disparaître celui qui va le vaincre; 

 

16 En ce temps-là, Jésus vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. 

 

Mise en scène: il va à Nazareth, je peux supposer que sa famille est présente. Il entre dans la synagogue (comme Paul le fera dans les actes) et il accepte de faire la lecture. 

 

17 On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : 

18 ‘L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, 

19 annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.’ 

 

 Là, on apprend quel texte a été lu. Il s'agit d'Is 61, 1. Est ce qu'il l'a choisi (il trouva le passage) ou est ce que c'est la lecture du jour? Pas clair. Mais il lit une phrase qui concerne le i concerne le messie (l'onction),  qui concerne le rôle: les pauvres, les captifs, les aveugles, les opprimés et annonce d'une année favorable – c'est maintenant le temps favorable. 

 

20 Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.

 21 Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. » 

22 Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? » 

 

Entre le verset 21 où jésus affirme qu'il est le messie, et le verset 22, au début duquel tout le monde lui rend témoignage et semble rempli d'admiration pour l'enfant du pays devenu celui que l'on attend et la fin où le doute arrive (pas possible, on le connaît celui lui, ce n'est pas possible qu'un fils d'artisan soit le messie). 

 

23 Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : “Médecin, guéris-toi toi-même”, et me dire : “Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm ; fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” » 

24 Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. 

 

Là, qu'est ce qui se passe; Il essaye de leur faire comprendre (mais a minima) que pour faire des miracles, il faut qu'il y ait foi, et la foi en lui, est entrain de disparaître, de fondre; il utilise un dicton, qui montre peut-être qu'il est lui-même un peu déçu. Puis il veut leur faire comprendre quelque chose. 

 

25 En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; 

26 pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. 

27 Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. » 

 

Est ce que les veuves ou les lépreux du pays, se sont adressés aux prophètes? Peut-être que ce que Jésus veut faire comprendre (et encore pour Naaman, c'est loin d'être évident, et même aussi pour la veuve de Sarepta) qu'il faut un minimum de foi pour que quelque chose advienne. En d'autres termes, il les accuse de ne pas écouter la parole qu'ils viennent d'entendre et qui devrait les rendre joyeux. Et le mal, alors s'en donne à cœur joie..

 

28 À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. 

29 Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. 

 

On aura la même chose avec le troupeau de porcs, qui se précipite dans la mer.. On est bien dans un combat. 

 

30 Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.

 

C'est une phrase qui m'a toujours interloquée. Comment a t il fait, d'autant que là il n'y a personne pour lui servir de garde du corps. On a l'impression que quelque chose se fait,  que Dieu est alors sa force et son bouclier, qu'il est environné d'un écran gloire qui le met à l'abri et que personne ne peut porter la main sur lui. Le miracle, il est là. Dieu est avec Lui et est sa force. Jésus est bien celui qui a reçu l'onction de l'Esprit. Pour les lecteurs, c'est une sorte de démonstration de la messianité. 

 

 

MARDI 1° SEPTEMBRE. Lc 4, 31-37. Avec autorité.

 

31 En ce temps-là, Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat. 

32 On était frappé par son enseignement car sa parole était pleine d’autorité. 

Ce qui est intéressant, c'est que c'est un jour de Sabbat et que personne ne dira rien quant à l'expulsion du démon, comme si cela, était admis, ce qui ne sera pas le cas des guérisons. On sait juste que Jésus enseigne, et qu'il enseigne avec autorité. Et c'est peut-être le maitre mot de ce texte.

 

33 Or, il y avait dans la synagogue un homme possédé par l’esprit d’un démon impur, qui se mit à crier d’une voix forte : 

34 « Ah ! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » 

 

Belle affirmation. En même temps nommer Jésus c'est montrer qu'on a du pouvoir sue lui. Là, on apprend qu'il est question d'un combat, d'un combat contre le mal et la tentative d'avoir le dessus; je sais qui tu es. Le Saint de Dieu, mais qui dans la bible se dit être le saint de dieu? 

 

35 Jésus le menaça: « Silence ! Sors de cet homme. » Alors le démon projeta l’homme en plein milieu et sortit de lui sans lui faire aucun mal. 

 

Il y a ce verbe: menacer, comme Jésus menacera les eaux du lac. Il lui ordonne de se taire et de sortir, mais ça s'arrête là. Quant à projeter l'homme en plein milieu, finalement le laisser choir comme une vieille chaussette, et sortir sans lui faire de mal, je reste très dubitative. Pauvre monsieur… 


36 Tous furent saisis d’effroi et ils se disaient entre eux : « Quelle est cette parole ? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs, et ils sortent ! »

 

37 Et la réputation de Jésus se propageait dans toute la région.

 

Oui, pour l'autorité, mais c'est autorité et puissance, puisque cela fonctionne. Les esprits ne lui résistent pas. Il dit, et cela s'accomplit. C'est un des attributs de Dieu. 

 

MERCREDI 2 SEPTEMBRE. Lc 4, 38-44

 

On a un récit qui chez Marc est la journée de Jésus. Là ça démarre chez la belle-mère de Simon (mais quelle belle-mère= mère de sa femme, ou mère de son père). Il y a cette guérison qui montre la lutte contre le Mal. 

 

Cela continue dans cette maison, avec guérisons des maladies et expulsion de démons, qui affirment tout qui est Jésus. 

 

Puis jésus sort.. Comme cela on ne met pas la main sur lui. Or la population de Capharnaüm aimerait bien le garder, d'autant que sa ville d'origine n'y est pas arrivé. Sauf que Jésus ne se laisse pas faire: sa mission est beaucoup plus large. 

 

 

38 En ce temps-là, Jésus quitta la synagogue et entra dans la maison de Simon. Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on demanda à Jésus de faire quelque chose pour elle. 

39 Il se pencha sur elle, menaça la fièvre, et la fièvre la quitta.

 À l’instant même, la femme se leva et elle les servait. 

 

Temps 1. le midi.

Dans cet évangile, on n'a jamais entendu parler de Simon, qui a donc une maison et une famille, puisque sa belle-mère a de la fièvre. Arrive une demande: guéris-la, sauf que c'est quand même un jour de sabbat. Là il y a seulement des paroles: il menace la fièvre, comme il a menacé l'esprit mauvais. On peut penser que c'est la même phrase: "sors de cette femme". Mais cela assimile la fièvre à une attaque du mal, et peut-être que là, il faut penser ou on peut penser qu'il y a des atteintes somatiques qui sont liées au psychique. Si on se fait trop de mauvais sang, on devient vulnérable et on attrape tout ce qui traîne. Là, l'effet est immédiat: elle se lève (reprend vie, se met debout) et prend (ou reprend) une place dont elle ne voulait peut-être pas; peut-être qu'elle n'avait pas du tout envie que jésus, (ici qui est seul), s'installe chez elle.

 

            Temps 2. Le soir.Coucher du soleil, le sabbat est terminé, et on peut donc se déplacer librement. 

 

40 Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de diverses infirmités les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d’eux, les guérissait. 

41 Et même des démons sortaient de beaucoup d’entre eux en criant: « C’est toi le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les menaçait et leur interdisait de parler, parce qu’ils savaient, eux, que le Christ, c’était lui. 

 

Effectivement, il en faudra du temps pour que Pierre, "confesse" cela. On a l'impression que le crier, c'est comme de jouer un sale tour à Jésus. On sait qui tu es, on va le dire à tout le monde, (nana-nanère), et toi tu ne pourras pas faire ce que ton père a prévu, et du coup tu ne pourras pas avoir victoire sur nous. A quoi Jésus doit répondre par quelque chose comme "ta gueule".. Mais pas sûr que cela ait vraiment marché, je veux dire que cela ait empêché les esprits "mauvais" de continuer à crier l'identité de Jésus..

 

Temps 3Au petit jour.

 Bien plus tard, il y a aura aussi un autre petit jour où jésus aura disparu, où des femmes partiront à sa recherche le trouveront et voudront le retenir

 r

42 Quand il fit jour, Jésus sortit et s’en alla dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu’à lui, et elles le retenaient pour l’empêcher de les quitter. 

43 Mais il leur dit : « Aux autres villes aussi, il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c’est pour cela que je suis sorti.

 

Il me semble que dans d'autres textes, on dit que Jésus sort pour prier. Ce qui se dégage de ce texte, c'est le trop de monde d'avant, et le besoin d'air, et les foules qui lui mettent le grappin dessus. Et la réponse de Jésus, pour tout le monde. Et peut-être bien que la mort est nécessaire pour l'universalité du salut.  Pas seulement une ville ou un peuple, mais toutes les villes et tous les peuples, et toutes les nations (cf. le cantique de Syméon).

 

JEUDI 3 SEPTEMBRE. Lc 5, 1-11. Qui pêche qui...

 

En ce temps-là, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth. 

Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. 

Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules.

 

Un commentateur fait remarquer que ceux des barques n'écoutent pas forcément. Ils rentrent sans rien, ils sont là, ils font ce qu'ils font tous les jours. Seulement Jésus connaît Simon, il a dormi chez lui, il a mangé chez lui, il a guéri sa belle-mère. Ensuite il est parti et il est revenu. Et il enseigne. Mais pour ne pas être étouffé, pour que sa parole porte, il a besoin d'un peu de distance. Et demander à Simon, c'est certain de ne pas s'exposer à un refus. Je me disais d'ailleurs que si Jésus utilise les barques, lui-même n'a jamais ramé, n'a jamais péché. La barque est un moyen de transport. 

 

 Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. »

 Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole,je vais jeter les filets. »

 Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer.

Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient. 

 

La demande Jésus est étonnante. En plein jour. D'ailleurs Simon parle bien de la nuit, qui a été un échec. Il dit "maître", ce qui est important. Et ils font. Et le miracle advient. La foi c'est de croire que le filet vide peut servir à quelque chose. Le filet est plus important que le poisson. J'ai lu quelque chose comme cela sur la foi et ça me plait beaucoup. Maintenant pourquoi est-ce que Luc insiste sur "les filets qui allaient se déchirer"? Ce qui est certain c'est que seuls ils ne peuvent remonter les filets sans que ceux-ci ne se rompent et ils ont besoin des autres. Les filets ne se rompent pas, mais le poids fait enfoncer les barques. 

On a là, un signe très fort.. Pécher en plein jour, remplir les filets au-delà de tout ce qu'on connaît en temps normal. Comment est-ce possible. Qui est-il celui là, celui qu'on prenait juste pour un guérisseur? 

 

À cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » 

En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ; 

10 et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras.» 

 

Là, si Luc accole Pierre au prénom de Simon c'est peut-être pour montrer que quelque chose s'est passé en lui. Une sorte de baptême. Il a vu en Jésus bien plus que l'homme et il a une réaction qui fait penser à celle d'Esaïe. Je suis un homme aux lèvres impures. Là il n'y a pas d'ange, mais une parole.. Sois sans crainte. Et ce sont des hommes que tu prendras, mais ça, comme je l'ai dit ailleurs, cela n'arrivera qu'après la Pentecôte.  Jésus lui, qui était seul, il a fait une bonne pêche..

 

11 Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

 

Il n'ya pas d'appel, comme dans les autres synoptiques ou même chez Jean.  Il y a comme une maturation qui s'est faite. Ils laissent tout et ils le suivent. Comme quoi la belle-mère de Pierre avait bien des raisons de se faire du mauvais sang, parce que si on se base sur les autres évangiles, Pierre était déjà séduit par Jésus, donc tomber malade et d'avoir de la fièvre.

 

 

VENDREDI 4 SEPTEMBRE. Lc, 5, 33-37

 

 

Manque dans ce chapitre la guérison du lépreux, la  guérison du paralytique, l'appel de Lévi. Ces versets sont la fin de ce chapitre..

 

 

33 En ce temps-là, les pharisiens et les scribes dirent à Jésus : « Les disciples de Jean le Baptiste jeûnent souvent et font des prières ; de même ceux des pharisiens. Au contraire, les tiens mangent et boivent ! » 

 

Et voilà la comparaison qui pointe son nez. En d'autres termes, quel rabbi es-tu? Tu les laisses faire n'importe quoi, et toi aussi bien sûr. Pourquoi ne jeunes-tu pas, pourquoi ne passes-tu pas de temps à prier? Mais si on pense que ces jeunes et ces prières étaient créées pour que Dieu envoie le messie, il est certain que ce n'était pas d'actualité.

 

34 Jésus leur dit : « Pouvez-vous faire jeûner les invités de la noce, pendant que l’Époux est avec eux ? 

35 Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, en ces jours-là, ils jeûneront. » 

 

le "pouvez-vous", c'est un peu comme si Jésus disait, est-ce que vous, vous avez le pouvoir d'empêcher les invités à la noce de faire bombance pensant l 'Epoux est là? Un peu comme s'il leur disait: ouvrez les yeux, ne restez pas dans  votre vision à court terme. Ne ramenez pas tout au "on doit faire comme ceci ou comme cela". Et du coup les petites paraboles se comprennent mieux. Si vous regardiez comme il le faut, vous comprendriez que je je suis le tissus neuf qui va régénérer le tissu troué du passé. Vous comprendriez que je suis le vin nouveau, qu'une vigne nouvelle se lève, et qui vous en réjouiriez Et ce vin nouveau va aussi régénérer l'outre ancienne..

 

Il y a l'annonce de l'époux enlevé.. 

 

36 Il leur dit aussi en parabole

 

« Personne ne déchire un morceau à un vêtement neuf pour le coudre sur un vieux vêtement. Autrement, on aura déchiré le neuf, et le morceau qui vient du neuf ne s’accordera pas avec le vieux. 

 

Comme on le dit, Jésus a bien écouté les leçons de sa maman. Moi je déteste la couture. Et mettre une pièce pour masquer un trou, c'est tout un art. Sauf que comme il le dit, il faut accepter que le trou soit là, et que le tissu n'est plus bon. Comment peut-on réparer un tissu social? Pas toujours en bricolant.. Mais avec Jésus, je crois que le petit bout de neuf pour régénérer le tissu bon à jeter. En même temps, il dit aussi, qu'on ne jette rien.. Il y a aussi la notion du gâchi et là il n'est pas tendre Jésus. On ne va pas prendre un morceau de ce que je suis en train de faire (ou de ma tunique) pour colmater les brèches, les trous que vous avez laissé faire vous… 

 

37 Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, le vin nouveau fera éclater les outres, il se répandra et les outres seront perdues. 

38 Mais on doit mettre le vin nouveau dans des outres neuves. 

 

Le vin nouveau, le vin qui pétille, le vin qui fait peut-être exploser, mais le vin de la vie. A vin nouveau outres adaptées, mais peut-être aussi que ce vin transforme l'outre.. 

 

39 Jamais celui qui a bu du vin vieux ne désire du nouveau. Car il dit : “C’est le vieux qui est bon.” »

 

Triste constat… Peut-être que Jésus sait que ce n'est pas dans ceux ceux-là qu'il trouvera une oreille de disciple.. Et c'est ce que va montrer le chapitre 6.

 

 

SAMEDI 5 SEPTEMBRE: Lc  6, 1-5 . Les épis"froissés" un jour de Sabbat. 

 

Dt 23, 26: "quand tu entreras dans le champ de blé mur de ton voisin, tu pourras cueillir les épis avec ta main, mais tu n'y mettras pas la faucille".

 

Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs ; ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient, après les avoir froissés dans leurs mains. 

Quelques pharisiens dirent alors : « Pourquoi faites-vous ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ? » 

Jésus leur répondit : « N’avez-vous pas lu ce que fit David un jour qu’il eut faim, lui-même et ceux qui l’accompagnaient ?

 Il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de l’offrande, en mangea et en donna à ceux qui l’accompagnaient, alors que les prêtres seulement ont le droit d’en manger. » 

Il leur disait encore : « Le Fils de l’homme est maître du sabbat. »

 

Petit texte somme toute très court. 


Mais si on réfléchit, les pharisiens se centrent sur le "froisser les épis" ce qui n'est pas permis le jour du sabbat, alors que prendre du blé à la main est permis, jour de sabbat ou pas. Pourtant si Jésus a des disciples, qui tous ont faim et qui tous prennent des épis, on peut presque parler de vol, mais ils ont faim et Jésus prend nettement leur défense. Le but étant de faire comprendre aux pharisiens, que ces prescriptions tatillonnes, changent le sens de la loi.


Par ailleurs, si on reprend ce que raconte Jésus, comment réagirait-on à quelqu'un fut –il un roi, qui prend les hosties d'un tabernacle parce qu'il a trop faim et qu'il est en danger? Parce que c'est quand même ce qui se passe. 


Je me disais aussi que ce pauvre prêtre (Nob dans le second livre de Samuel), est mis à mort parce qu'il a donné du pain, une épée à David (qui lui a raconté n'importe quoi). 


Jésus aussi donnera sa vie, lui qui a laissé des disciples prendre du blé dans un champ qui ne leur appartenait pas.. 


La question du sabbat traverse pratiquement tous les évangiles. Faire ou ne pas faire, aimer ou ne pas aimer, comme quoi, une loi de vie peut devenir loi de mort, même si comme le fait remarquer Jésus, cette loi a des exceptions;

 

 

DIMANCHE 6 SEPTEMBRE. Mt 18, 15-20.

 

Peut-être que pour commenter ces versets, il est bon de relire les versets qui précèdent: 

 

12 Quel est votre avis ? Si un homme possède cent brebis et que l’une d’entre elles s’égare, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée ?

13 Et, s’il arrive à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées.

14 Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu.

 

Parce que cela, c'est la démarche. Et même si Jésus dit, "considère-le comme un publicain ou païen" cela ne veut pas dire, laisse le, détourne toi de lui. S'il a besoin de quelque chose, ne soit pas sectaire, donne… 

 

 

Dans ces versets il y a beaucoup d'écoute.. 

Il y a aussi ce lien entre la terre et le ciel, et la phrase de Jésus, si deux ou trois sont réunis en mon nom (sur la terre), cela sera entendu au ciel, car il est présent: je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin des temps (ou du monde, je ne sais jamais). 

 

Les trois temps. 

 

Temps 1/ Toi et le frère seul à seul. 

 15 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches, seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagnéton frère.

 

Le frère qui t'a fait quelque chose, et c'est un péché contre toi, pas n'importe quel péché, en particulier, ce n'est pas à toi de te mêler du péché qu'il pourrait avoir commis contre Dieu. Cela ce n'est pas ton problème, donc ne pas tout mélanger. Si tu es concerné et s'il vhange de conduite, il reste dans la vie. Tu lui as fait du bien.

 

            Temps 2: le frère, toi et deux autres

16 S’il ne t’écoute pas, prends, en plus avec toi, une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parolede deux ou trois témoins. 

 

Cela évoque la nécessité des deux témoins, mais aussi la nécessité d'un œil extérieur. Peut-être que c'est toi qui te trompes.. Mais si c'est bien un péché contre toi, peut-être que l'insistance des deux autres –va ouvrir les yeux du frère, qui n'avait pas vu, pas compris.  C'est un modèle un peu juridique, mais qui a sa valeur.

 

 

            Temps trois. Le frère, toi et l'assemblée.

17 S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain. 

 

On est dans quelque chose qui évoque le tribunal. On est passé du privé au public. Et c'est l'assemblée qui juge. Mais de quoi juge t elle? Et il s'agit en cas de non reconnaissance, de non demande de pardon, de non changement, de considérer le frère, comme un païen, c'est-à-dire comme quelqu'un qui n'a pas sa place dans cette assemblée là, parce que… Mais parce que quoi? Parce que non respect des lois? Ou comme un publicain. Mais comme le fait remarquer Mgr Gobillard, Jésus est venu pour tout le monde, les publicains et les pécheurs. C'est certain que cela pose la question du refus des sacrements pour les divorcés remariés et donc la question des pêcheurs "publics"; voir l'église et les souverains.  

 

Là, on passe à autre chose. Certes la question du pouvoir, mais pas seulement. Cela n'est possible que parce que Jésus est. 



 

18 Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terresera lié dans le ciel,et tout ce que vous aurez délié sur la terresera délié dans le ciel. 

19 Et pareillement,amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terrese mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. 

20 En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »

 

En lisant ces deux versets, il y a ciel et terre, terre et ciel. Le lien entre les deux. Ce que les disciples de Jésus, en son nom, auront lié ou délié ici, suit la personne après sa mort, mais déjà dans son présent. Et Jésus fait ce lien permanent entre le Père du Ciel et les hommes de la terre. Et il est là, présent/ absent et absent/ présent. La foi.