vendredi 11 juin 2021

SEMAINE DU 6 AU 12 JUIN. ÉVANGILES


 

DIMANCHE 6  JUIN. FÊTE DIEU…

 

BLOG ROYANNAIS. Pour vous (Fête du corps et du sang du Seigneur)

Qu’il y ait une culture sacrificielle dans le Premier Testament, c’est certain, tout comme la critique implacable de cette culture, notamment chez les prophètes. Que les premiers chrétiens aient offert des sacrifices, nous n’avons pas de quoi le penser. Jamais Jésus ni ses disciples ne nous sont montrés offrant des sacrifices à Jérusalem. Dès l’an 70, il n’y a plus de temple après sa destruction par les Romains. Et cela ne laisse pas la trace du moindre traumatisme chez les disciples de Jésus ; pour eux, cela semble ne rien changer.

Dès lors, prendre au premier degré la littérature sacrificielle dans le Second Testament c’est, à coup sûr, d’un simple point de vue historique, une aberration. Théologiquement, si l’on veut maintenir le vocabulaire sacrificiel, il faudra se demander ce que l’on fait. Tant qu’il n’existe pas d’écrits chrétiens, les Ecritures, la Parole de Dieu, c’est le Premier Testament. Il est lu de façon allégorique, une chose en désignant une autre. On parle donc de sacrifice, mais on vise autre chose.

 

Qu’est-ce qu’un sacrifice ? C’est une offrande animale ou végétale, offerte à la divinité par l’intermédiaire des prêtres. Ce n’est pas une prière. Les prêtres ne sont pas chargés de la prière. Que les chrétiens offrent leur vie en sacrifice (Rm 12, 1), c’est une manière de parler, allégorique, je l’ai dit. Vous remarquerez qu’ils n’offrent pas un sacrifice de temps en temps, mais que c’est toute la vie qui est sacrifice vivant (drôle d’expression, on ne tue plus ni ne coupe ou ne cueille). Le sacrifice n’est pas un acte ponctuel mais une manière de vivre.

 

Alors, si vous voulez offrir à Dieu des sacrifices, vous faites fausse route. C’est vous-même tout entier que vous êtes invités à offrir, le reste est baliverne. Qui peut imaginer que se priver d’un carreau de chocolat pendant le carême réjouit le bon Dieu ? Soyons sérieux.

 

Qui s’offre en sacrifice vivant ? Qui se donne complètement, pour toute la vie, pour demeurer vivant ? 

Que signifie s’offrir pour demeurer vivant ? L’amour. 

 

Et le vocabulaire du sacrifice déjà passablement malmené, subverti, est amené à disparaître. « Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 13), pour ceux qu’on est appelé à aimer, tout homme et la création.

 

Le soir de la cène, si l’on en croit les quatre récits qui nous sont conservés, Jésus s’est offert, lui tout entier, comme offrande, pour demeurer vivant. Et à qui ? Il a donné son corps et sa vie à ceux auxquels il s’offrait en nourriture. Le dernier repas ne peut être un sacrifice. Jésus n’a rien offert au Père, à Dieu.

 

En Jésus, c’est Dieu qui se donne, de nouveau, comme depuis toujours, comme vie du monde, des hommes et des femmes, de la création tout entière. Dieu qui se donne. On peut certes appeler cela un sacrifice. Tout est évidemment possible avec le langage. Mais il faudrait arrêter de dire n’importe quoi si on prétend dire quelque chose de sensé !

 

Le Dieu de Jésus, c’est lui qui donne à l’homme, c’est l’anti-sacrifice, le retournement des sacrifices. L’eucharistie est l’anti-sacrifice. Et son vocabulaire sacrificiel est subvertissement du sacrifice, comme dans l’épître aux Hébreux.

 

Il se fait nourriture, c’est dire qu’il se donne pour que nous vivions. Il se fait boisson, c’est dire qu’il se donne pour le plaisir de l’ivresse ou la folie du désir. Voilà où nous engage le don que Jésus fait : prenez, mangez, buvez. C’est moi, mon corps, mon sang, pour vous. Moi, pour vous. Qui d’autre que l’amant dit cela ? L’amoureux fou de l’humanité à soigner, d’une humanité dont il faut prendre soin.

 

L’eucharistie est une nourriture de vie, comme la Parole. Origène, le grand exégète du début du troisième siècle, sait trouver les mots pour le dire : « Vous savez, vous qui avez coutume d’assister aux divins mystères, de quelle manière, après avoir reçu le corps du Seigneur, vous le gardez en toute précaution et vénération, de peur qu’il n’en tombe une parcelle, de peur qu’une part de l’offrande consacrée ne se perde. Vous vous croiriez coupables, et avec raison, si par votre négligence quelque chose s’en perdait. Si, pour conserver son corps, vous prenez tant de précaution, et à juste titre, comment croire qu’il y a un moindre sacrilège à négliger la parole de Dieu qu’à négliger son corps ? »

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12 Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? »

13 Il envoie deux de ses disciples en leur disant : « Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre. Suivez-le,

14 et là où il entrera, dites au propriétaire : “Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?”

15 Il vous indiquera, à l’étage, une grande pièce aménagée et prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. »

16 Les disciples partirent, allèrent à la ville ; ils trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.

 

On est le premier jour de la fête des pains sans levain, et cela commémore la nuit où en grande hâte les hébreux ont quitté l'Egypte, avec du pain pas levé. Fin de l'esclavage. Avant il y a eu l'immolation de l'agneau, le sang répandu sur les linteaux, le sang qui a protégé de la mort du premier né, le sang qui a permis de rester dans la vie.

 

Ce qui se passe, reste étonnant, sur le choix de la salle. Un homme qui porte une cruche d'eau, en soi ce n'est pas banal. Peut-être une eau spéciale, une eau d'une source autre. Mais cet homme là, c'est juste un intermédiaire. Il doit être un serviteur. Pourquoi vient-il à la rencontre ce porteur d'eau? En tous les cas, il y a une salle qui attend, qui est déjà prête pour le repas.

 

Ce  matin je suis sensible à l'attention de Jésus, qui sait que ses heures sont comptées. Et si cette salle, c'est celle où par la suite, les disciples attendront le don de l'Esprit, c'est une salle cadeau. C'est un lieu de mémoire.

 

22 Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : « Prenez, ceci est mon corps. »

 

Comment ont-ils réagi en entendant cette phrase? Ça doit quand même jeter un froid..

 

23 Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous.

 

24Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude.

 25 Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu. »

 

Là, il attend qu'ils aient bu pour leur dire que ce vin partagé, c'est son sang. C'est peut-être plus facile quand cela vient dans un deuxième temps.

 

Et c'est le pain rompu qui devient corps. Et c'est le vin versé qui devient sang qui sauve l'humanité.

 

26 Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.

 

Chant des psaumes, louange..  Et la passion s'ouvre.  

 

 

LUNDI 7 JUIN. Mt 5, 1-12

 

 

Fin du chapitre 4, 23-25.

23 Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.

24 Sa renommée se répandit dans toute la Syrie. On lui amena tous ceux qui souffraient, atteints de maladies et de tourments de toutes sortes : possédés, épileptiques, paralysés. Et il les guérit.

25 De grandes foules le suivirent, venues de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée, et de l’autre côté du Jourdain.

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1En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.

2 Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait.

 

Il s'agit bien des disciples qui sont des hommes et peut-être des femmes qui le suivent, mais dans quel but? Jésus dans ce qui précède, marche beaucoup, enseigne, proclame que le Royaume, c'est pour maintenant,  et il guérit et chasse les esprits mauvais.

 

Il disait : à ses disciples..

 

3 « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.

4Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.

5 Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.

6 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.

7 Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.

8 Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.

9 Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.

10 Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.

 

1 1Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.

12 Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés. »

 

 

MARDI 8 JUIN. Mt 5, 13-16

 

Peut-être que ce Jésus dit là, juste après son programme des béatitudes, c'est vous êtes devenus riches en devenant mes disciples, même si vous avez renoncé à certaines choses. Alors ce que vous avez reçu, ne le gardez pas pour vous. Vous n'êtes pas la source, mais vous rendez témoignage à la source par votre manière de vivre. Moi je suis le sel, moi, je suis la lumière, moi, je suis la ville sur la montagne (Jérusalem), je ne me cache pas (je ne suis pas un Dieu qui se cache). Par moi, vous découvrez mon Père, par vous mon Père sera découvert et reconnu comme la source. Peut-être faut-il prendre conscience du don reçu et de ce que cela implique. Je suis la lumière du monde dit Jésus..

 

13 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens.

 

Il advient au sel impropre, ce qu'il advient aux grains jetés en dehors du champ, sur le chemin. On marche sur lui, il est piétiné, il a perdu toute sa valeur. Pour le grain Jésus dit que les oiseaux les mangent.. Au moins ça sert à quelque chose. 

 

14 Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. 15Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.

 

16 De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

 

 

MERCREDI 9 JUIN. Mt 5, 17-19.

 

Ces quelques versets précèdent ce que jésus va dire ensuite, sur la colère, sur l'adultère, etc. On vous a dit, Moi je vous dis. Peut-être que c'est une manière pour Matthieu d'introduire la suite, car la loi proposée par Jésus est autrement plus radicale..

 

Ce qui m'a paru intéressant,  c'est le dernier verset: celui qui observe ces commandements et les enseigne, celui-là est le plus grand. Il ne s'agit pas d'enseigner, (en théorie ce que font les scribes), mais de pratiquer et avant tout enseignement, il s'agit déjà d'en vivre soi-même. Et c'est ce que Jésus dit de lui, quand il parle d'accomplir.

 

17 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.

 

18 Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise.

 

Si on admet qu'avec la mort et la résurrection tout a été accompli, alors peut-être que des modifications ont eu lieu, mais qu'on ne s'en est pas rendu compte. Je sais que dans cette langue, changer un iota ou un trait, modifie complétement le sens..

 

19 Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »

 

 

JEUDI 10 JUIN. Mt 5, 20-26

 

Finalement qu'est ce qu'on entend par justice? Si être juste c'est s'adapter et trouver ce que Dieu attend de moi, m'ajuster à lui, (ça j'aime bien), ce que dit Jésus, c'est que cela se joue dans la relation à l'autre, dans mon regard, mon écoute, mon respect pour lui, et ce n'est pas si simple, hélas.

 

20 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.

 

Il s'agit de surpasser, mais pas dans le tatillonage.. Et là, d'emblée, Jésus casse ceux que l'on considère comme les plus aptes. Ceux qui connaissent la loi et ceux qui pensent l'exécuter, la pratiquer; et ça, c'est un danger. C'est faire pour faire.

 

21Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne commettras pas de meurtre’, et si quelqu'un commet un meurtre, il devra passer en jugement.

 

Il me semble que dans le pentateuque, quand quelqu'un commet un meurtre, il y a des tas de circonstances atténuantes (ou pas) et qu'il doit bien y avoir un jugement. Pour le dire autrement, il doit assumer ses actes, et accepter le jugement des anciens.

 

22Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement.

Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal.

Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu.

 

 

Là Jésus change la donne. Il y a des meurtres qui existent.. Des meurtres verbaux, qui font des dégâts. Et c'est ceux là, qui ne sont pas visibles, le sont pour le regard de Dieu. Et ils seront sanctionnés, mais semble t il dans un ailleurs, après la mort.

 

23  Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,

24 laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.

 

Et là, on repasse au présent. C'est maintenant qu'il faut se réconcilier avec celui qui a quelque chose contre moi, et ça ce n'est pas si évident que cela à trouver et à entendre. Car je peux blesser quelqu'un sans m'en rendre compte. Parfois si, et c'est là, où il faut agir.

 

25 Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison.

26Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »

 

Je ne sais pas qui est  l'adversaire, mais c'est maintenant qu'il faut trouver un terrain d'entente. Après ce sera trop tard..

 

 

VENDREDI 11 JUIN. SACRÉ CŒUR. Jn 19, 31-37

 

Si j'ai bien compris, c'est Jésus qui a demandé que cette fête de son cœur sacré (et rempli d'amour), amour qui continue à se déverser, soit célébrée le vendredi après .. Mais comme la fête Dieu est passée au dimanche, du coup, je ne sais plus après quel dimanche il voulait que ce soit célébré. Je sais aussi que c'est une fête ancienne. Et si Jésus a demandé cela, ça ne doit pas être pour rien. Qu'est ce qu'on risquait d'oublier? Il faut dire que la communion ne devait pas être très fréquente au 17 siècle. Les textes changent d'une année sur l'autre. Là, je suis sensible à l'épitre aux éphésiens. Quand Paul parle de la largeur, de la profondeur..  j'ai l'impression qu'il parle de ce déferlement d'amour qui est ressenti par certains (et je pense que j'ai du le ressentir, mais que cela est un peu dissous). Alors mon désir, c'est que cet amour, cet amour fou, je puisse le ressentir à nouveau, ou le ressentir tout court. La Paix et la joie, oui, mes souvenirs sont précis. L'amour, non. Et pourtant c'est pour moi le centre de cette fête.

 

Je ne pense pas (mais je peux me tromper) que ce soit une fête que célèbre le fait que grâce au sacrifice (amour porté à son plus haut degré), la colère de Dieu se détourne, et permet l'alliance nouvelle. Comme si cela devait obtenir la miséricorde.

 

Quand je serai élevé de terre j'attirerai tout à moi..

 

31 Jésus venait de mourir. Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes.

 

32 Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus.

 

33 Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes,

34 mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.

 

C'est quelque chose qui me pose question, parce qu'il me semblait que quand quelqu'un est mort, le sang se fige et qu'il ne coule plus. Là c'est ce qui en sort, qui est pointé. Le sang, on peut quand même s'y attendre, mais l'eau? On sait que cela prouve que Jésus est bien mort par étouffement (l'eau dans le muscle cardiaque), mais cela va au-dela. Eau qui sort du cœur du Fils, eau qui donne la vie, comme d'ailleurs le sang, alors que la mort a fait son œuvre.

  

35 Celui qui a vu, rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez.

 

Et là, c'est le commentaire de celui qui raconte. On ne lui a pas dit, il a vu de ses yeux, et c'est "la vraie vérité". Et s'il raconte cela, c'est pour que les lecteurs, comprennent que le Seigneur Jésus est bien un humain. Que le verbe a pris chair.

 

36 Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : ‘Aucun de ses os ne sera brisé.’

 

Peut-être que cela renvoie au rituel de l'agneau pascal, un agneau sans défaut, que l'on mange debout. Et dont les os ne sont pas brisés. C'est le psaume 34, 20. Ce psaume parle du juste, et le Seigneur veille à ce qu'aucun de ses os ne soit brisés.

 

 

37Un autre passage de l’Écriture dit encore : ‘Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.’

 

Un passage de Zacharie. 12,10 Je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication. Ils regarderont vers moi. Celui qu’ils ont transpercé, ils feront une lamentation sur lui, comme on se lamente sur un fils unique ; ils pleureront sur lui amèrement, comme on pleure sur un premier-né.

 

 Ce qui serait l'affirmation de la divinité. Il semble que celui qui est transpercé, ce soit Dieu.. ou bien, celui qui le représente. Mais Zacharie, d'après Jésus a été tué.. Qui est "moi"?

 

 

 

SAMEDI 12 JUIN. Lc 2, 41-51

https://giboulee.blogspot.com/2018/12/temps-de-noel-dimanche-de-la-sainte.html

 

Qu'est ce que Marie gardait dans son cœur? Il y a eu l'inquiétude d'avoir quand même failli à la tâche d'élever cet enfant qui leur appartient sans leur appartenir,  il y a la peur de l'enlèvement, il y a le questionnement sur Jésus nouveau Salomon, alors qu'il n'a que douze ans, il y a cette réponse de Jésus, qui a pu faire mal. Pourquoi me cherchez vous??? Comme si vous ne pouviez pas me faire confiance et comprendre que cette fête de la Pâque, c'est enfin le moment de "découvrir" avec mes yeux de chair la maison de la Présence et ces sages qui consacrent leur vie à comprendre, et que je serai revenu à la maison Sauf qu'il n'a que douze ans et que Jérusalem Nazareth, ce n'est pas proche. Bien sûr il leur est soumis, mais là, il a fait comprendre que cette maison de Nazareth, n'est pas la maison de son Père, et qu'il sera attiré ailleurs, et que cela Marie, ne l'oubliera pas. Il y a déjà de la séparation qui se profile.

 

 

41 Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. 42Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume.

43 À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents.

44 Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances.

45 Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher.

 

Importance du temps. Une journée de chemin sans se poser de questions, mais certainement au moment du soir, l'inquiétude qui monte. Où est-il?

 

46 C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions,

47 et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses.

 

Retour et recherche. Peut-être ont-ils de la famille.. Et retourner au temple, est ce que l'idée est venue tout de suite? Et là… Le regard du narrateur se pose sur les docteurs de la loi, et on a l'impression qu'ici Jésus est décrit comme un nouveau Salomon. Il y a certainement une Sagesse plus importante que l'intelligence. On retrouvera cela à la fin quand à Jérusalem on envoie à Jésus des docteurs pour le prendre en défaut. Mais "tout le peuple était suspendu à ses lèvres"?

 

48 En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! »

 

Que faut-il mettre derrière ce mot? Sont-ils émerveillés, ou se demandent-ils, mais qu'est ce qu'il fait là, et il y a le pour quoi. Marie est surement dans le soulagement, mais elle dit bien son vécu, et je pense que c'est important. Pour quoi, nous as tu fait cela. Tu ne te rends pas compte combien nous avons eu peur de ne pas te retrouver, que tu aies été enlevé , et nous sommes là, pour te protéger et nous avons failli à notre devoir..

 

49 Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? »

50 Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.

 

Là réponse de Jésus est plus que bizarre. Quel parent ne chercherait pas son enfant? C'est un reproche. Vous auriez du comprendre que je sera rentré , mais que comme c'est mon premier contact avec ce lieu de la Présence, j'ai besoin de le connaître ce lieu, pour avoir une rencontre avec mon Père. Et cela a dû faire peut-être mal à Joseph. Car ce qu'il dit, c'est quand même, votre maison, n'est pas ma maison. Peut-être qu'ils n'ont pas compris, peut-être que la réponse a été souffrance pour eux, malgré le soulagement.

 

51Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis.

Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.

Là, on pourrait dure, fin de l'histoire. La vie reprend son cours mais Marie, n'oublie pas.

 


samedi 5 juin 2021

SEMAINE DU 30 MAI AU 6 JUIN. ÉVANGILES


 

DIMANCHE 30 MAI. TRINITÉ. Mt, 28, 16-20.

 

16 En ce temps-là, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.

17 Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.

 

Ce qui est intéressant c'est qu'on ne sait pas si Jésus est là et les attend, ce qui est plus ou moins dit dans les versets précédents (les femmes), ou si Jésus apparaît d'un coup. Ce qui semble dit ici, c'est qu'il y a comme une distance physique entre Jésus et les disciples. Certes ils se prosternent mais certains dans leur cœur restent à distance.

 

18 Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles :

 

Et là, il se passe autre chose. Il s'approche ce qui permet de le reconnaître et il leur parle, le son de sa voix. 

 

 « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.

 

La première phrase est une affirmation. Vous m'avez humilié, mort, ayant perdu tout pouvoir et maintenant le Père (m'a donné le pouvoir qu'il a lui même sur la terre et au ciel. C'est une affirmation. Et ce pouvoir, de fait sera transmis par l'Esprit Saint.

 

19 Allez !

De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,

20 apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. 

 

 Je ne sais pas si dans le texte grec il y a une ponctuation. Le choix ici c'est de séparer le verbe, de le mettre à l'impératif et non pas de le lier à la suite, allez et de toutes les nations faites des disciples. Je dois dire que cet envoi, me plait bien.

 

Il y a donc un envoi.. "Allez" et un ordre. Faire des disciples des autres nations, donc sortir de la terre connue, aller ailleurs, ne pas garder pour soi. Ces disciples, il faut les baptiser et là, c'est la Trinité, et leur apprendre à observer.

 

Finalement c'est ce qu'on verra avec diacre Philippe dans les actes. Parler pour faire des disciples de celui qui est amoureux de l'homme, et qui a donné sa vie, leur donner l'Esprit par le baptême, et continuer l'enseignement du changement de vie. Il y a un rôle dans la permanence de l'annonce.

 

Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

 

Et la promesse, ne laissez pas les disciples nouveaux seuls.. Moi je reste avec vous dans votre présent, jusqu'à cette fin du monde, où je reviendrai dans la gloire.

 

Mais j'ai toujours du mal avec cette phrase, comme si elle avait été changée. Pour mo, ce serait jusqu'à la fin des temps.

 

 

LUNDI 31 MAI… visitation. Lc 1, 39-56

 

J'ai lu hier ce texte de Charles de Foucault. Il fait de Marie comme un ostensoir, et c'est plus que l'arche d'alliance, c'est la présence qui est en elle et qui déjà fait miracle…

 

Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916)

Considérations sur les fêtes de l'année, 02/07 (Nouvelle Cité 1987,  p. 471)

 

Marie ma mère, c'est à la fois une de vos fêtes et une des fêtes de Jésus aujourd'hui : comme la Purification qui est surtout la Présentation de Jésus, la Visitation est une de vos très douces fêtes, mais c'est plus encore la fête de notre Seigneur, car c'est lui qui agit en vous et par vous. La Visitation c'est « la charité du Christ vous pressant » (2Co 5,14), c'est Jésus qui, à peine est-il entré en vous, a soif de faire d'autres saints et d'autres heureux. Par l'Annonciation, il s'est manifesté et donné à vous, il vous a sanctifiée merveilleusement. Cela ne lui suffit pas : dans son amour pour les hommes, il veut tout de suite se manifester et se donner par vous à d'autres, il veut en sanctifier d'autres, et il se fait porter par vous chez saint Jean Baptiste. (...)elle part pour sanctifier saint Jean, pour lui annoncer la bonne nouvelle (...), non par ses paroles, mais en portant en silence Jésus auprès de lui. (...) Ainsi font les religieux et religieuses voués à la contemplation dans les pays de mission. (...) Ô ma mère, faites que nous soyons fidèles à notre mission, à notre si belle mission, que nous portions fidèlement au milieu de ces pauvres âmes plongées « dans l'ombre de la mort » (Lc 1,79) le divin Jésus.

 

 

39 En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.

40 Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.

 

Autrefois, on disait en grande hâte. Si on se réfère au versets qui précèdent, Gabriel lui a donné ce signe, et c'est à cela qu'elle répond. Elle n'attend pas, elle se met en route immédiatement, pour ce trajet entre Nazareth et Aïn-Karem. Est-elle partie seule? Peu vraisemblable. Mais elle a trouvé de l'aide; et on ne parle pas de fatigue, simplement de cette visite. Et on peut dire qu'en Marie, c'est Dieu qui s'est incarné qui visite son peuple.

 

41 Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,

 

Importance de la voix.. La parole fait effet, et elle est comme parole prononcée par Dieu qui ne retourne pas sans avoir accompli ce qu'elle doit accomplir. Et pour moi, c'est enfin la certitude que cet enfant, ce n'est pas une grossesse nerveuse, c'est un enfant vivant.  Et Elisabeth qui n'a rien dit à personne, qui est restée cachée, se met à dire des mots inconnus, des mots qui sortent tous seuls de sa bouche. 

 

42 et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.

43D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?

 44 Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.

45 Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

 

Elle sait que Marie attend celui qui sera le sauveur, c'est une révélation faite par l'esprit. Elle voit autrement sa petite cousine, elle lui explique ce qui s'est passé en elle, et elle la bénit, car c'est la première béatitude de cet évangile.

 

 

46 Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur,

 47 exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

48 Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. 49 Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !

50 Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.

51 Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

52 Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

53 Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

54 Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,

55 de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

 

56Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

 

 

MARDI 1° JUIN. Mc 12, 13-17

 

Normalement cette péricope, vient juste après la parabole des vignerons homicides, où Jésus affirme qu'il est le fils (réponse à la question de l'autorité), mais aussi qu'il y aura une justice.. Et il faut vraiment se débarrasser de lui, d'où cette série de pièges, qui permettraient de le disqualifier et de le lapide.

 

13 On envoya à Jésus des pharisiens et des partisans d’Hérode pour lui tendre un piège en le faisant parler,

 

Luc note le mélange; des pharisiens, (le spirituel, la place de la loi dans la vie et son respect) et des hérodiens, donc qui voudraient que Hérode, ne soit plus à la botte des romains, que son pouvoir soit plus grand, qu'il règne vraiment. Donc le pouvoir politique. Assez étonnant ce mélange, mais il faut bien trouver la "bonne question" qui permettra de le confondre.

 

14et ceux-ci vinrent lui dire :

« Maître, nous le savons :

 tu es toujours vrai ;

tu ne te laisses influencer par personne, car car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens,

mais tu enseignes le chemin de Dieu selon la vérité.

 

Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? Devons-nous payer, oui ou non ? »

 

Cela fait beaucoup de préambules pour poser la question piège. Qu'est ce que ça dit de Jésus, ça dit, qu'il enseigne le chemin de Dieu selon la vérité. Et cela c'est vrai.  Et la question, elle, est un ultimatum.. D'ailleurs c'est étonnant. Est ce qu'il est permis aux pharisiens, qui sont des spirituels et à ceux qui sont pour le rétablissement de la royauté vraie en Israël, de payer. C'est le permis qui m'interroge? Et il va bien avec le début; toi qui est enseigne la vérité.  

 

15Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit : « Pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? Faites-moi voir une pièce d’argent. »

16Ils en apportèrent une, et Jésus leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? – De César », répondent-ils.

 

Hypocrisie, puisque logiquement, il est obligatoire de payer l'impôt à César (sauf dans certaines villes comme Philippe, je crois).

 

17Jésus leur dit : « Ce qui est à César, rendez-le à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

 

Si on lit les commentaires, il y a la question de l'effigie? Il y a le temporel et  le spirituel. Il y a nous, qui sommes à l'effigie de Jésus, par le baptême, mais qui sommes bien dans un monde avec ses règles et ses lois. Ce que dit Jésus c'est vous êtes dans ce monde là, vivez-le. Mais n'oubliez pas que ce n'est pas votre monde. Vous n'êtes pas dispensés de payer parce que vous vous estimez au dessus des lois, mais vous avez à être dans ce monde là, figure de celui en qui vous mettez votre foi et votre espérance. Le vrai roi, ce n'est pas Hérode, ce n'est pas César, c'est mon Père..

 

Et ils étaient remplis d’étonnement à son sujet.

 

Cette phrase, on la trouve dans l'évangile de Luc, quand Jésus est avec les docteurs, enfin il me semble. En le voyant ses parents furent frappés d'étonnement. On a bien une scène un peu analogue, mais "douce". Où jésus écoute et pose des questions et tous sont frappés par l'intelligence de ses réponses. Là c'est un peu pareil. Ils ne comprennent pas comment il a pu se sortir de ce piège, en leur donnant finalement un enseignement en une seule phrase.

 

 

MERCREDI 2 JUIN. Mc 12, 18-27

 

Le psaume de tierce Ps 16, 8 "garde moi comme la prunelle de ton œil, à l'ombre de tes ailles cache moi". Un verset qui pour moi évoque ma mère. Je crois que j'ai été la prunelle de ses yeux, du moins elle de disait. Certes elle était très myope et je crois que je comprenais cela comme voir à sa place, mais il y  a aussi ce côté précieux, irremplaçable et c'est cela que me dit ce verset. Je suis comme la prunelle de l'œil pour le Seigneur, c'est une magnifique fonction. Moi qui aie tellement peur d'être rendue aveugle par le péché qui déforme la réalité en en mettant une autre à sa place, c'est autre chose. Bien sur il y a le protège moi, parce que la prunelle c'est fragile, il y a le cache moi à l'ombre de tes ailes, mets moi à l'abri, mais la demande est la même, occupe toi de moi, prends soin de moi.  

 

 

18 En ce temps-là, des sadducéens – ceux qui affirment qu’il n’y a pas de résurrection – vinrent trouver Jésus. Ils l’interrogeaient :

 

Ce qui m'avait frappée hier c'est la manière dont la première troupe de choc pour attaquer J2sus s'adresse. Il est dit: est-il permis, que devons nous faire. Ou pour le dire autrement, qu'est ce que dit la Loi, sois un maître, dis nous ce qui est permis, autorisé, soit un scribe finalement. Or cela c'est peut-être un peu rabaissant. Là, l'approche est différente, on est directement dans une discussion plus rabbinique et il n'y a peut-être pas d'enjeu vital pour Jésus, comme dans le premier piège. Surtout que pour le premier, il n'y a rien qui en parle, sauf la nécessité de la dîme et de penser à Dieu comme roi , Seigneur, et Maître de tout.

 

19 « Maître, Moïse nous a prescrit : ‘Si un homme a un frère qui meurt en laissant une femme, mais aucun enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.’

 

Cela c'est la phrase du lévitique ou de l'exode ou du deutéronome et c'est sur cette phrase qu'on va faire marcher la réflexion, ici un peu stupide, parce qu'une femme stérile, a priori, on ne la garde pas.. On peut très bien la répudier. Et peut-être que cette femme n'est pas l'unique femme des frères. On a aussi l'impression qu'ils sont un peu stupides ces frères de se montrer aussi disciplinés si on peut dire. La monogamie est-lle aussi importante à cette époque là? Bref je les trouve stupides.. Mais c'est aussi ce que Jésus va essayer de faire comprendre, que le rôle de la Loi, ce n'est pas ça..

 

20 Il y avait sept frères ; le premier se maria, et mourut sans laisser de descendance.

21 Le deuxième épousa la veuve, et mourut sans laisser de descendance. Le troisième pareillement.

22 Et aucun des sept ne laissa de descendance. Et en dernier, après eux tous, la femme mourut aussi.

23 À la résurrection, quand ils ressusciteront, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »

 

L'histoire.. Bon la pauvre, elle s'est farci 7 mecs qui ne savaient pas y faire. La seule qui doit entrer au Paradis, c'est elle.. lLs autres.. Bon là c'est résurrection.  

 

24 Jésus leur dit: N'êtes vous pas en train de vous égarer en méconnaissant les écritures et la puissance de Dieu?

 

Et là, ils en prennent pour leur grade. Vous méconnaissez les écritures en vous cantonnant au pentateuque. Il y a de si beaux textes prophétiques, de si beaux textes de psaumes. Et vous faites de Dieu quelqu'un à votre image.

 

25 Lorsqu’on ressuscite d’entre les morts, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme les anges dans les cieux.

26 Et sur le fait que les morts ressuscitent, n’avez-vous pas lu dans le livre de Moïse, au récit du buisson ardent, comment Dieu lui a dit : ‘Moi, je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob ?’

27 Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Vous vous égarez complètement. »

 

Jésus donne à ses disciples une information, un enseignement: on devient comme les anges dans le cieux qui sont les serviteurs, les messagers, les adorateurs du Très Haut. Et il continue à montrer à ces sadducéens, que même leurs propres écritures, donnent la réponse et qu'ils la lisent mal.

 

Et cela, c'est quand même quelque chose qui peut tous nous guetter. Faire dire à  l'écriture ce qui nous arrange.

 

 

JEUDI 3 JUIN. Mc 12, 18b-35

 

28b En ce temps-là, un scribe s’avança pour demander à Jésus : « Quel est le premier de tous les commandements  ? »

 

On voit bien la scène. Il y a du monde et un scribe joue des coudes pour arriver devant les autres et poser sa question. Est-ce une vraie question ou une question épreuve? On ne sait pas, de même qu'on ne sait pas s'il fait allusion aux 613 ou au Pentateuque, exode et Deutéronome.

 

29 Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : ‘Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.

30 Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.’

31Et voici le second : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »

 

On peut presque parler de trois réponses. Ecoute/ Aimer  Dieu qui est l'Unique, de toute ses force/ Aimer le prochain comme soi-même.

 

32 Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui.

33 L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »

 

Là, l'élève Jésus a une très bonne note; jésus a droit au titre de Maître… Il reformule un peu différemment, mais il ajoute un commentaire important. Cela est plus important que tous les sacrifices. On a lu un texte un peu semblable dans le Sirracide. Faire cela, permet de devenir soi une offrande vivante et pas morte.

 

34Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.

 

Et là, c'est Jésus qui lui renvoie l'ascenseur. Tu voulais peut-être me piéger, mais tu as changé, tu as écouté et entendu, alors tu vas pouvoir reconnaître qui je suis, contrairement à tes confrères…

 

VENDREDI 4 JUIN.  Mc 12, 35-37

 

Si on reprend tout le chapitre 12, au début Jésus fait clairement comprendre aux grands prêtres qu'il est le Fils, l'Envoyé, le Messie. Et que ceux –ci ne supporteront pas cela et le mettront à mort. Alors on essaye de le prendre en défaut. On a les hérodiens et la pièce, on a les sadducéens et la résurrection, on a le scribe, mais celui-ci reconnaît bien qu'en Jésus il y a plus qu'un adversaire et là, Jésus enseigne librement dans le Temple et s'adresse un peu à tout le monde et de fait c'est une autre révélation qu'il fait sur lui. Les pharisiens ne connaissent pas son origine davidique et c'est pour cela entre autre qu'ils ne le reconnaissent pas. En citant ce verset du psaume 110, Jésus montre qu'il est au delà de l'écrit, que s'il accomplit ce qui est écrit, cela ne l'enferme pas et que l'écriture le dit. Il y a bien les oracles messianiques, la souche de Jessée, l'enfant né qui portera le nom d'Emmanuel, mais il y a un au-delà. Et c'est important pour nous de demander à l'Esprit de savoir nous servir de l'écriture, mais d'en faire quelque chose de vivant, qui permet d'aller au delà, de ne pas nous enfermer en elle.

 

35 En ce temps-là, quand Jésus enseignait dans le Temple, il déclarait : « Comment les scribes peuvent-ils dire que le Messie est le fils de David ?

 

Là, c'est Jésus qui prend l'initiative de discréditer les scribes.. Ils disent que et que donc moi, je ne suis pas le Messie, mais…

 

36 David lui-même a dit, inspiré par l’Esprit Saint : “Le Seigneur a dit à mon Seigneur : 'Siège à ma droite jusqu'à ce que j’aie placé tes ennemis sous tes pieds !’”

37 David lui-même le nomme Seigneur. D’où vient alors qu’il est son fils ? »

 

SI le nouveau messie , sera assis à la droite de Dieu, en attendant que les ennemis ne soient placés sous ses pieds, comment David peut-il croire que c'est son fils?  Mais pourquoi le fils ne deviendrait-il pas Seigneur? Cela ne me paraît pas impossible, mais les liens de sang existent. Mais normalement il ne devrait pas le reconnaître comme son supérieur et son Dieu..

 

Et la foule nombreuse l’écoutait avec plaisir.

 

 

 

SAMEDI 5 JUIN. Mc 12, 39-45

 

38 En ce temps-là, dans son enseignement, Jésus disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat et qui aiment les salutations sur les places publiques,

39 les sièges d’honneur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les dîners.

40 Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »

 

Jésus enseigne. Et que  dit-il? Ne pas se fier aux apparences, mais ceux qui ont le savoir et qui s'en servent et s'en vantent, ceux là seront jugés. Ils ont fait semblant..

 

41 Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait comment la foule y mettait de l’argent. Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes.

 

Quand Jésus dans l'évangile de Marc est arrivé à Jérusalem, après l'entrée un peu tonitruante, il est entré dans le temple, il a regardé toutes choses, comme s'il se familiarisait avec la structure de l'édifice. Et comme c'est le soir, il s'en va. Il ne se passe rien. Il regarde. Le lendemain ce sera le figuier desséché et les vendeurs et l'affirmation que ce lieu, est le lieu de la présence de son Père.

 

 

42 Une pauvre veuve s’avança et mit deux petites pièces de monnaie.

 

En plus, elle a dû faire la queue la pauvre dame, et elle sait bien que ce qu'elle donne c'est pour les autres du moins que rien, la ferraille.

 

43 Jésus appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres.

44 Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »

 

Puis, il enseigne dans le Temple, et là, il est dans la salle du trésor. Un autre lieu. Et comme souvent il regarde, mais lui, il regarde autrement. Il voit. Et il en tire un enseignement pour ses disciples. La veuve, c'est quelqu'un qu'on ne regarde pas, qu'on ignore et c'est elle qui est comme magnifiée. Elle (comme sa mère qui est veuve aussi, et qui bientôt sera dans la perte de son fils), donne ce qui lui permet de manger, de vivre. Peut-être peut-on voir dans cette femme, qui est ici magnifiée par Jésus, une image de sa mère. Elle nous a donné le fruit de son ventre, elle s'est donnée avec lui, elle n'a rien gardé, elle non plus.